
On peine à imaginer un cliché équivalent dans une campagne présidentielle française...
Le Développement durable, vu par Thierry Follain, Marchand d'idées. Conseil en communication, rédacteur, web rédacteur. 06 87 29 38 73.
Une croissance durable pour les Etats-Unis
Le "ticket" démocrate Obama-Biden prévoit la création de 5 millions d'emplois, dans la partie de son programme intitulée New Energy for America. Il projette en particulier 10% d'énergie d'origine renouvelable à l'horizon 2012.
Souhaitant préserver l'emploi, l'United Steel Workers of America (USWA), syndicat de la métallurgie, s'est allié au vénérable lobby environnementaliste du Sierra Club dans la Blue green Alliance, qui vise, quant à elle, la création de 2 millions d'emplois dans les "green jobs for America". Actuellement présente dans le Michigan, le Minnesota, l'Ohio, la Pennsylvannie, l'Etat de Washington et le Wisconsin, l'alliance porte un programme que ne renierait pas notre Grenelle de l'Environnement.
L'USWA fait également partie des 40 syndicats qui soutiennent l'Appolo Alliance. Objectif : viser l'indépendance énergétique des Etats-Unis et le développement d'énergies propres et renouvelables, suivant la proclamation "Clean energy, good jobs". Autres "supporters" : une centaine d'entreprises et 40 associations environnementales et ONG, dont Global Green USA, qui dépend de Green Cross International, fondée par le dernier Président de l'Union soviétique, Mikahil Gorbatchev, conscient des retombées catastrophiques de Tchernobyl en termes politiques, humains et environnementaux.
Face à un gouvernement Bush hostile au Protocole de Kyoto, les forces vives syndicales, politiques et économiques américaines se mobilisent donc pour un futur "vert" libéré de la dépendance au pétrole. Ainsi, le site California Green business Solutions met en relation les acteurs économiques en quête de solutions d eproduction verts et ceux qui en fournissent.
Autre volet des "green collars" jobs, l'immense espace de la recherche et de l'innovation ouvert dans la construction, le transport propre, les économies d'énergie, les énergies renouvelables. C'est aux Etats-Unis que sont nés Plextronics et Nanosolar qui substituent des cellules solaires à couche fines aux coûteuses cellules en silicium. Plextronics produit des encres conductrices d'électricité. Démarche plus globale pour Nanosolar, qui imprime sur rotatives des panneaux solaires à couche mince à haut rendement. D'où une démocratisation prévisible du solaire photovoltaïque.
Régénérer l'emploi et l'environnement dans les centre-villes
Aux Etats-Unis, nombre de centre-ville dégradés sont souvent laissé aux plus défavorisés, aux Afro-Américains, en particulier. D'où une autre approche des "green collars", emplois simples mais indispensables destinés à améliorer l'environnement de ces cités, permettant graduellement aux travailleurs de se qualifier et de s'incorporer dans la société. Au bénéfice de leur quartier et de leur famille.
Tels sont les objectifs d'associations comme Green for All, Sustainable South Bronx ou Urban Habitat. Le cas du Bronx est assez spectaculaire. Ce quartier à la réputation douteuse "accueille" en effet 40% du traitement des ordures new-yorkaises, deux unités de traitement des eaux et 4 centrales électriques. D'où le passage de 60 000 bennes à ordures par semaine. Majora Carter, fondatrice de SSBx a donc lancé son projet sur une idée simple: confier la régénération du quartier à ses habitants, ex-taulards inclus, en formant ceux-ci. Même démarche pour Van Jones, fondateur de Green for All. Dans son livre "The green collar economy", il établit d'ailleurs un lien entre régénération urbaine et développement de l'économie.
Une nouvelle vision du développement américain
On le voit, les "green collars", les "green jobs" sont divers dans leurs obectifs, leur nature et leurs degrés de compétence. Ils reposent tous sur un constat : l'économie et la société américaine ne progresseront désormais qu'en prenant en compte l'environnement, la raréfaction et le renchérissement des ressources énergétiques et la nécessité d'un développement accessible à tous. Des objectifs honorables, quelles qu'en soient les concrétisations.
Thierry Follain
D'un clic : "Job opportunities for the green economy", étude prospective du Political Economy Research Institute, University of Massachussets.
Sources : Busines Week, International Herald Tribune, TIME, Los Angeles Times, New York Times.
Etude citée : "Effets relaxants de l'ylang-ylang sur les humains par absorbtion transdermique" - Tapanee Hongratanaworakit (Faculté de pharmacie, Université de Srinakharinwirot, Bangkok) - Gerhard Buchbauer (Centre de pharmacie, Université de Vienne). In "Phytotherapy Research", 2006, Vol. 20, n° 9.
Illustration: Allégorie de l'Aube - Bouguereau (1881)
Le calculateur de besoins de chauffage mis en ligne par Biohousing permet d'estimer rapidement le coût des diverses solutions de chauffage, en associant données sur votre habitation, votre consommation d'énergie et sur les prix des diverses sources énergétiques. Cela demande une expertise minimale, puisqu'il faut renseigner les deux champs suivants : "consommation pour le chauffage", en kW/h/m3, et "consommation pour l'eau chaude", en MW/h/an. Les calculs portent sur une palette de 5 sources : granulés de bois, fioul, gaz naturel, pompe à chaleur énergétique, électricité. Si toutes les données ont bien été renseignées, le calculateur énergétique de Biohousing fournit les "coûts totaux annuels de la chaleur" induits par les diverses solutions.
Biohousing : l'Europe pour les énergies renouvelables
Biohousing est un programme européen dédié à la promotion du bois-énergie dans l'habitat individuel. Le projet Biohousing français est porté par l'Ademe et la région Basse-Normandie. Plus précisément par Biomasse Normandie, association liée au Conseil Général bas-normand, dédiée depuis 1983 à la valorisation énergétique et agronomique de la biomasse.
Le site Biohousing publie également un tableau comparatif des solutions énergétiques selon 5 critères : respect de l'environnement, coût des combustibles, coût des investissements, fiabilité de fonctionnement, contrôle et maintenance, couplage avec l'énergie solaire. Le chauffage au bois est le seul à bénéficier de "smileys" souriants pour le "respect de l'environnement". Normal, puisqu'il s'agit de promouvoir la filière bois-énergie. Comme l'indique le document "Le chauffage au bois : des solutions performantes, écologiques et modernes" élaboré par Biomasse Normandie, ce respect est probable pour les poêles ou chaudières à granulés à rendement de 85%. Moins pour les autres modes, en particulier les plus anciens.
Thierry Follain