lundi 15 décembre 2008

Axes de Comm' : L'environnement, il passe par nous

Environs, alentours ou osmose : notre perception de "l'environnement" conditionne notre rapport au monde et notre volonté d'évoluer. Bref tour d'horizon et esquisse de pistes communiquantes.

Anglo-saxons : un "environnement" d'avance

"Ensemble des éléments et des phénomènes physiques qui environnent un être vivant, se trouvent autour de lui" : cette définition réductrice
(Lexilogos) est celle qu'ont encore en tête nombre de décideurs ou de citoyens. L'environnement apparaît alors comme un "autour", des "alentours". Il doit de préférence être propre et joli (du moins dans les zones à population aisée) mais pas au détriment de la productivité, du développement économique. Dans l'approche médiatique, cet environnement-environs est défendu par la mystérieuse et minoritaire nébuleuse des "écologistes". Il est à priori suspect d'être associé à la récession, à la décroissance.

Cette définition de l'environnement et la perception induite n'ont que 40 ans de retard. Depuis les années soixante, les Anglo-Saxons sont en effet passés au concept suivant : "Complexe de facteurs physique, chimiques et biotiques (tels le climat, le sol et les êtres vivants) qui agissent sur un organisme ou une communauté écologique et déterminent en fin de compte sa forme et sa survie " (Merriam-Webster). Une approche reprise mais minimisée par notre Petit Robert en 1990 : "Ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d'agir sur les organismes vivants et les activités humaines". Et qui aboutit, en 2009, sur le Robert en ligne, à : "Ensemble... dans lequel les organismes vivants (en particulier l'homme) se développent". La pensée française peine quelque peu à intégrer la réalité de cet environnement agissant sur nous, au fond de nous.

La Nature, l'environnement, c'est nous

Dans les faits, notre corps n'est pas simplement un organisme, une pensée qui doit se protéger de l'extérieur. C'est, par sa peau (le plus étendu de ses organes), par son système respiratoire, par ses processus perceptifs, cognitifs, un milieu en échange permanent avec son milieu de vie (nature exacte de "l'environnement"). Homme ou femme, nous sommes éminemment perméables aux flux véhiculés par l'air, par l'eau, le sol. Ainsi, en 2004, 39 parlementaires européens se sont prêtés à une analyse sanguine, sur proposition du WWF. Ils ont constaté avec stupeur qu'on trouvait des traces de 76 substances chimiques toxiques persistantes ou biocumulatives dans leur sang. En matière chimique ou radioactive, la notion de dose-seuil, de dose biologiquement inoffensive applicable à tout être humain demeure une construction de l'esprit, associant données scientifiques parcellaires et souci de ne pas porter préjudice à l'activité économique*.

Une nouvelle perception de la réalité

Cette osmose entre "l'environnement" et nous et, malheureusement, entre effluents nocifs et nous est mal perçue parce que relativement peu étudiée (comme le sait toute personne ayant entrepris des recherches sur la pléthorique famille des polluants de tous poils).

L'environnement-osmose est pourtant notre réalité. Une partie d'elle. Une part fondamentale de nous.

Alléger le "durable"

A partir de là, on peut esquisser quelques pistes conceptuelles et communiquantes :

" En évoluant vers le "soutenable", je ne protège pas seulement "la planète" (gentille, mais bien vaste), ni "les générations futures" (gentilles, mais bien lointaines). Je protège une part de ma substance, de celle de mes proches. "

" Le "durable" n'est pas un fardeau imposé à l'humain actuel, ni à son organisation économique et sociale. Mais plutôt l'allègement d'une charge qui pèse sur lui, son avenir et son bonheur."

"Le soutenable, c'est profond et léger tout à la fois."

Des esquisses qui restent à développer…

Thierry Follain

* à noter que la spéculation financière virtuelle a détruit beaucoup plus de "valeur" que ne le fera jamais l'application de la directive REACH en Europe.


1 commentaire:

Gandall a dit…

Vaste et sympathique programme !

Gandalff