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mercredi 16 septembre 2009

Jean-Louis Borloo souhaite la rénovation thermique d'1,5 millions de logements HLM gourmands en énergie

Jean-Louis Borloo veut accélérer la rénovation thermique d'1,5 millions de logements HLM gourmands en énergie. Tout comme le développement du parc HLM, cette rénovation ne sera cependant pas financée par le Grand emprunt d'Etat


Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie, de l'Energie et du Développement durable, s'engage à soutenir la rénovation thermique d'1,5 millions de logements hlm. - Thierry Follain, conseil éditorial, contenus web et print - http://terrenatale.blogspot.com/Jean-Louis Borloo a affirmé, dans un message vidéo diffusé lors de la première journée du 70ème congrès de l'Union sociale pour l'Habitat (USH), que le gouvernement est prêt à accélérer la rénovation thermique du parc HLM. Le plan actuel prévoit la réhabilitation de 800.000 logements HLM, sur un total de 4,2 millions, d'ici 2020.

Le Ministre de l'Ecologie souhaite l'ajout dans ce plan d'1,5 million de logements supplémentaires, classés dans la catégorie énergétique D.
Monsieur Borloo a également évoqué l'équipement d'une "part significative" du parc HLM "en énergie renouvelable, notamment solaire".


Ce volontarisme énergétique ne pourra en tout cas pas s'appuyer sur le futur grand emprunt national. Lors de sa conférence de presse du 9 septembre dernier, Benoist Apparu, Secrétaire d'Etat au logement, a en effet indiqué que cet emprunt ne servira pas au financement du logement en France.

Le logement social reste aux abonnés absents

Aucune initiative, donc, pour financer les 900 000 logements sociaux qui manquent à l'appel pour satisfaire la demande en France. Sur ce front-là, il y a peu à attendre d'un gouvernement qui donne la priorité à l'accession individuelle à la propriété, crise économique ou pas.

Dans son rapport sur le Droit au logement(juin 2009), le Conseil d'Etat estime d'ailleurs que l'objectif du gouvernement Fillon de favoriser l'achat de 40.000 logements sociaux par an accroîtra la pénurie de logements, en l'absence d'un "réel effort de construction".

CQFD.

lundi 15 décembre 2008

Axes de Comm' : L'environnement, il passe par nous

Environs, alentours ou osmose : notre perception de "l'environnement" conditionne notre rapport au monde et notre volonté d'évoluer. Bref tour d'horizon et esquisse de pistes communiquantes.

Anglo-saxons : un "environnement" d'avance

"Ensemble des éléments et des phénomènes physiques qui environnent un être vivant, se trouvent autour de lui" : cette définition réductrice
(Lexilogos) est celle qu'ont encore en tête nombre de décideurs ou de citoyens. L'environnement apparaît alors comme un "autour", des "alentours". Il doit de préférence être propre et joli (du moins dans les zones à population aisée) mais pas au détriment de la productivité, du développement économique. Dans l'approche médiatique, cet environnement-environs est défendu par la mystérieuse et minoritaire nébuleuse des "écologistes". Il est à priori suspect d'être associé à la récession, à la décroissance.

Cette définition de l'environnement et la perception induite n'ont que 40 ans de retard. Depuis les années soixante, les Anglo-Saxons sont en effet passés au concept suivant : "Complexe de facteurs physique, chimiques et biotiques (tels le climat, le sol et les êtres vivants) qui agissent sur un organisme ou une communauté écologique et déterminent en fin de compte sa forme et sa survie " (Merriam-Webster). Une approche reprise mais minimisée par notre Petit Robert en 1990 : "Ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d'agir sur les organismes vivants et les activités humaines". Et qui aboutit, en 2009, sur le Robert en ligne, à : "Ensemble... dans lequel les organismes vivants (en particulier l'homme) se développent". La pensée française peine quelque peu à intégrer la réalité de cet environnement agissant sur nous, au fond de nous.

La Nature, l'environnement, c'est nous

Dans les faits, notre corps n'est pas simplement un organisme, une pensée qui doit se protéger de l'extérieur. C'est, par sa peau (le plus étendu de ses organes), par son système respiratoire, par ses processus perceptifs, cognitifs, un milieu en échange permanent avec son milieu de vie (nature exacte de "l'environnement"). Homme ou femme, nous sommes éminemment perméables aux flux véhiculés par l'air, par l'eau, le sol. Ainsi, en 2004, 39 parlementaires européens se sont prêtés à une analyse sanguine, sur proposition du WWF. Ils ont constaté avec stupeur qu'on trouvait des traces de 76 substances chimiques toxiques persistantes ou biocumulatives dans leur sang. En matière chimique ou radioactive, la notion de dose-seuil, de dose biologiquement inoffensive applicable à tout être humain demeure une construction de l'esprit, associant données scientifiques parcellaires et souci de ne pas porter préjudice à l'activité économique*.

Une nouvelle perception de la réalité

Cette osmose entre "l'environnement" et nous et, malheureusement, entre effluents nocifs et nous est mal perçue parce que relativement peu étudiée (comme le sait toute personne ayant entrepris des recherches sur la pléthorique famille des polluants de tous poils).

L'environnement-osmose est pourtant notre réalité. Une partie d'elle. Une part fondamentale de nous.

Alléger le "durable"

A partir de là, on peut esquisser quelques pistes conceptuelles et communiquantes :

" En évoluant vers le "soutenable", je ne protège pas seulement "la planète" (gentille, mais bien vaste), ni "les générations futures" (gentilles, mais bien lointaines). Je protège une part de ma substance, de celle de mes proches. "

" Le "durable" n'est pas un fardeau imposé à l'humain actuel, ni à son organisation économique et sociale. Mais plutôt l'allègement d'une charge qui pèse sur lui, son avenir et son bonheur."

"Le soutenable, c'est profond et léger tout à la fois."

Des esquisses qui restent à développer…

Thierry Follain

* à noter que la spéculation financière virtuelle a détruit beaucoup plus de "valeur" que ne le fera jamais l'application de la directive REACH en Europe.


jeudi 30 octobre 2008

Green collars : vers une croissance durable aux Etats-Unis

Les "emplois verts", ceux des "green collars", deviennent un enjeu fondamental dans une Amérique dépendante du pétrole, guettée par la récession. Les "green jobs" concernent aussi bien la haute technologie environnementale que la régénération de centre-villes appauvris, dévastés. Objectif : une croissance verte pour les Etats-Unis.

Frappée par la crise des subprimes, la délocalisation de l'emploi industriel et l'éclatement de la nième bulle spéculative, l'économie américaine déprime. Politiciens, syndicats et militants de la revitalisation des centre-villes trouvent une nouvelle source de développement et d'espoir dans les "green collars jobs", métiers liés à l'environnement, aux économies d'énergie et aux énergies renouvelables. Se crée ainsi une 3ème vague de "collars", après les "blue collars" (industrie) et les "white collars" (services).

Une croissance durable pour les Etats-Unis

Le "ticket" démocrate Obama-Biden prévoit la création de 5 millions d'emplois, dans la partie de son programme intitulée New Energy for America. Il projette en particulier 10% d'énergie d'origine renouvelable à l'horizon 2012.

Souhaitant préserver l'emploi, l'United Steel Workers of America (USWA), syndicat de la métallurgie, s'est allié au vénérable lobby environnementaliste du Sierra Club dans la Blue green Alliance, qui vise, quant à elle, la création de 2 millions d'emplois dans les "green jobs for America". Actuellement présente dans le Michigan, le Minnesota, l'Ohio, la Pennsylvannie, l'Etat de Washington et le Wisconsin, l'alliance porte un programme que ne renierait pas notre Grenelle de l'Environnement.

L'USWA fait également partie des 40 syndicats qui soutiennent l'Appolo Alliance. Objectif : viser l'indépendance énergétique des Etats-Unis et le développement d'énergies propres et renouvelables, suivant la proclamation "Clean energy, good jobs". Autres "supporters" : une centaine d'entreprises et 40 associations environnementales et ONG, dont Global Green USA, qui dépend de Green Cross International, fondée par le dernier Président de l'Union soviétique, Mikahil Gorbatchev, conscient des retombées catastrophiques de Tchernobyl en termes politiques, humains et environnementaux.

Face à un gouvernement Bush hostile au Protocole de Kyoto, les forces vives syndicales, politiques et économiques américaines se mobilisent donc pour un futur "vert" libéré de la dépendance au pétrole. Ainsi, le site California Green business Solutions met en relation les acteurs économiques en quête de solutions d eproduction verts et ceux qui en fournissent.

Autre volet des "green collars" jobs, l'immense espace de la recherche et de l'innovation ouvert dans la construction, le transport propre, les économies d'énergie, les énergies renouvelables. C'est aux Etats-Unis que sont nés Plextronics et Nanosolar qui substituent des cellules solaires à couche fines aux coûteuses cellules en silicium. Plextronics produit des encres conductrices d'électricité. Démarche plus globale pour Nanosolar, qui imprime sur rotatives des panneaux solaires à couche mince à haut rendement. D'où une démocratisation prévisible du solaire photovoltaïque.

Régénérer l'emploi et l'environnement dans les centre-villes

Aux Etats-Unis, nombre de centre-ville dégradés sont souvent laissé aux plus défavorisés, aux Afro-Américains, en particulier. D'où une autre approche des "green collars", emplois simples mais indispensables destinés à améliorer l'environnement de ces cités, permettant graduellement aux travailleurs de se qualifier et de s'incorporer dans la société. Au bénéfice de leur quartier et de leur famille.

Tels sont les objectifs d'associations comme Green for All, Sustainable South Bronx ou Urban Habitat. Le cas du Bronx est assez spectaculaire. Ce quartier à la réputation douteuse "accueille" en effet 40% du traitement des ordures new-yorkaises, deux unités de traitement des eaux et 4 centrales électriques. D'où le passage de 60 000 bennes à ordures par semaine. Majora Carter, fondatrice de SSBx a donc lancé son projet sur une idée simple: confier la régénération du quartier à ses habitants, ex-taulards inclus, en formant ceux-ci. Même démarche pour Van Jones, fondateur de Green for All. Dans son livre "The green collar economy", il établit d'ailleurs un lien entre régénération urbaine et développement de l'économie.

Une nouvelle vision du développement américain

On le voit, les "green collars", les "green jobs" sont divers dans leurs obectifs, leur nature et leurs degrés de compétence. Ils reposent tous sur un constat : l'économie et la société américaine ne progresseront désormais qu'en prenant en compte l'environnement, la raréfaction et le renchérissement des ressources énergétiques et la nécessité d'un développement accessible à tous. Des objectifs honorables, quelles qu'en soient les concrétisations.

Thierry Follain

Marchand d'Idées

D'un clic : "Job opportunities for the green economy", étude prospective du Political Economy Research Institute, University of Massachussets.

Sources : Busines Week, International Herald Tribune, TIME, Los Angeles Times, New York Times.

Cet article a été repris par Natura Vox



samedi 7 juin 2008

France : le diesel perd son énergie

La spectaculaire hausse du prix du gazole remet en cause le grand mythe français du "diesel" moins cher (et moins polluant). Un bel exemple de carambolage entre économie dirigée et forces du marché, la victime étant sans doute le développement durable.

Le coût réduit du gazole dépendait jusque-là de la bonne volonté gouvernementale, gauche et droite confondues. Et donc d'une TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) réduite par rapport à celle imposée à l'essence. C'est un bel exemple de théorie de l'oeuf et de la poule : "les Français sont amateurs de moteurs diesels parce qu'il est moins coûteux en carburant, donc je modère les taxes sur le gazole pour qu'il reste moins cher que l'essence, donc, les Français privilégient la motorisation diesel". Et ainsi de suite. Résultat : entre 1994 et 2006, la consommation française de gazole a progressé de 48%, alors que celle de supercarburant diminuait de 37%. En 2004, la France consommait 18% du gazole consommé dans l'Europe des 25. A la même époque, notre pays représentait 13,1% de la population de la Communauté. Voilà pour l'économie "administrée" (par la fiscalité).

Un déséquilibre croissant entre offre et demande

Entrent en piste les forces du marché. Dans les années 80, les firmes pétrolières implantées en France ont porté leur effort sur la production de "sans-plomb". Par la suite, elles ont orienté leurs investissements en matière de gazole vers sa désulfurisation, sous la pression de la communauté européenne. A souligner que les nouvelles sources pétrolières, comme celles de Russie, sont "riches" en soufre, et que cette opération sera donc de plus en plus coûteuse en investissements et en énergie. Quoi qu'il en soit, la capacité française de raffinage ne peut aucunement répondre à la demande croissante en gazole. D'où raréfaction, d'où importation. Ainsi, en 2004, la France a importé 11 millions de tonnes de gazole et exporté 4 millions de tonnes d'essence. De ce fait, la faible part du prix du gazole contrôlée par les pétroliers ne cesse de croître en valeur. Soit un gas-oil à 1,423 euros minimum, sur prixcarburants.com, au moment où j'écris. Voilà pour les volets économique et social du développement durable.

Des nuisances peu prises en compte

Et le volet environnemental ? Depuis que le concept du "réchauffement climatique" a atteint le grand public, le mot-clé a été "réduction des émissions de CO2" (même si celui-ci n'est qu'un des gaz à effet de serre). Spécialistes du marketing et de la publicité se réjouissent : du fait de la combustion optimisée du carburant, un moteur diesel rejette moins de CO2 qu'un moteur essence. Le diesel est donc subitement devenu "vert", avec réductions fiscales à l'achat associées. Hélas, le diesel a ses nuisances environnementales spécifiques, telles que l'émission d'oxydes d'azote (NOx) et de particules fines et très fines qui tapissent nos poumons. L'entrée en scène des pots catalytiques ne résout que partiellement ces problèmes. Et voilà que la Commission européenne réclame une réduction des niveaux de NOx émis...

Une adaptation lente du raffinage

Les pétroliers n'ont jamais été très motivés pour produire un carburant de "bas de colonne" coûteux en investissement. Dans "L'offre et la demande de gazole routier à l'horizon 2010" (mars 2006), l'Ufip (Union française des industries pétrolières) concluait qu'aucune construction de nouvelles raffineries n'était justifiée en France. Elle envisageait par contre un investissement d'1,5 milliard d'euros d'ici 2010 pour augmenter la production de gazole dans les raffineries existantes. Ce qui est en cours, bon an, mal an. En fait, développer la propulsion automobile par gpl aurait été beaucoup plus "durable", ce gaz étant partie intégrante du process de raffinage. C'est par ailleurs un carburant peu polluant. Fin 2007, 150 000 véhicules français l'utilisaient.

Des avancées technologiques en ordre dispersé

Pendant ce temps, les constructeurs automobiles américains, placés sur un marché dominé par une essence de plus en plus chère, ferment les unités de production de 4X4. General Motors envisage même l'arrêt de production du Hummer, ce symbole du consumérisme automobile triomphant dérivé d'un véhicule militaire américain de la Guerre du Golfe . Le Hummer consomme entre 10, 9 et 16,3 litres au 100 dans sa version H3, la plus "écolo". GM planche en revanche sur la technologie HHCI (homogeneous charge compression ignition), qui doit conférer à la combustion de l'essence l'efficience de la combustion diesel. Et ce, sans émission de NOx, et donc, sans surcoût associé aux équipements pour traiter ces émissions.

Les Japonais caracolent toujours en tête de la recherche et développement sur les véhicules propres. Toyota vient d'ailleurs de vendre sa millionième Prius hybride. En tout, le groupe a commercialisé 1,7 million de véhicules hybrides depuis 1997. Le choix de cette technologie coûteuse à l'achat se trouve de plus en plus validé par l'envol des cours du pétrole (baril à 138,14 dollars, ce jour). Sous l'impulsion de Carlos Ghosn, Nissan saute directement à l'étape de la voiture électrique, "zéro émission". Une direction qui pourrait être aussi celle prise par Renault, suivant un principe simple : "La batterie et la recharge d'électricité doivent revenir moins cher qu'un plein d'essence". Honda voit plus loin encore avec sa FCX Clarity équipée d'un pile à combustible. Mais plus près, aussi, avec l'annonce de la mise en vente dès 2009 d'un modèle hybride à prix réduit.

En matière d'auto-mobilité durable, les perspectives restent cependant bien imprécises.


Article repris sur NaturaVox



vendredi 4 avril 2008

Eoliennes : pourquoi tant de haine ?

En matière d'environnement, il est un sujet qui mobilise beaucoup en France. La pollution des nappes phréatiques ? L'avenir de l'énergie nucléaire ? Le diesel ? Les éthers de glycol ? Non : les éoliennes ! Un paradoxe national favorisé par la focalisation mondiale sur le thème du réchauffement climatique et du CO2.

Plus de 70 sénateurs ont co-signé la proposition de loi de Philippe Marini (UMP), visant à soumettre toute installation d'éolienne de plus de 50 mètres à une consultation du public. Ce type de projet est pourtant déjà soumis à étude d'impact et enquête public. Tout comme les lignes à Très Haute Tension, les grands projets d'aménagement... Comme le fut notre imposant parc de centrales nucléaires.

Cette proposition reflète en fait la vague d'hostilité anti-éoliennes française, les accusant de "défigurer" nos paysages, dévorer les subventions, ne produire que des quantités d'énergie ridicules, et ainsi de suite. Mais pourquoi tant de haine ?


My nucléaire is clean


Cette campagne reflète un paradoxe français, celui d'un pays qui a accepté dès les années 70 l'idée d'une énergie nucléaire 100% "propre", exempte de tout rejet de gaz ou d'effluents radioactifs, de toute contamination lors des transports de déchets, opérations de maintenance, ou du retraitement, spécialité nationale que le monde entier nous envie (d'une manière ambigüe). Certes, Tchernobyl, en 1986, et le mensonge de notre autorité "protectrice", le SCPRI du Professeur Pellerin, ont instillé le doute. Mais ont aussi focalisé l'attention sur les risques d'explosion, bien improbables dans les centrales françaises, pour masquer celui de la contamination au quotidien.


Co2, mon amour !


Tel pourrait être le cri des industriels et producteurs d'énergie nucléaire, de l'industrie automobile "diéseliste" et de bien d'autres intervenants économiques. L'effort de propagande "verte" actuel porte en effet principalement sur le réchauffement climatique, l'attention étant focalisée, non sur l'ensemble des gaz à effet de serre, mais sur les émissions de CO2. Exit les radionucléides dont la demi-vie se décompte en dizaines, centaines ou milliers d'années, exit les particules fines et très fines des moteurs diesel... Ces sujets devraient pourtant susciter notre vigilance.

Dans les pays nordiques, en Allemagne, les éoliennes bénéficient de ce "courant" "Tout sauf le CO2 !". Mais pas en France ! Les Français tiennent à leur paysage. En témoignent l'art des hangars commerciaux des sorties de ville, les rond-points omniprésents, le remembrement massif, l'aménagement des banlieues, voire les pavillons sur taupinière (sourire)...
Un paradoxe national.

Thierry Follain


PS : L'auteur de ces lignes est conscient du fait que l'implantation accélérée d'éoliennes sert aussi des intérêts 100% privés. Ceci dit : pas plus qu'ailleurs.


Photo : DR



mercredi 5 mars 2008

CLARICE aide les PME à surmonter les risques chimiques

Evaluer les risques chimiques pour le personnel et l'environnement de l'entreprise est une nécessité et une obligation européenne. Pour guider les PMI-PME dans cette démarche, l'INRS (Institut national de recherche et sécurité) a élaboré CLARICE, méthode d'évaluation simplifiée du risque chimique. Objectif : élaborer et mettre en place une politique de prévention.

La méthode d'évaluation simplifiée permet aux chefs d'établissement d'identifier les dangers, les conditions d'utilisation ou d'exposition susceptibles de générer un risque chimique. L'objectif final est l'élaboration et la mise en oeuvre d'une politique de prévention privilégiant le remplacement de produits existants par des entrants moins toxiques. Le tout dans un équilibre entre l'intérêt des salariés et celui de l'environnement de l'établissement.

Elle comprend 3 phases principales :
- Inventaire des produits et matériaux utilisés dans l'établissement, dans un atelier ou à un poste de travail
- Hiérarchisation des risques potentiels (HRP)
- Evaluation des risques.

On obtient donc des évaluations, puis des bilans des risques chimiques pouvant porter atteinte à :
- la santé des travailleurs exposés à des agents chimiques utilisés ou émis
- la sécurité des personnes et des installations par rapport au risque d'incendie et d'explosion,
- l'impact sur l'environnement naturel (air, eau et sol).

CLARICE se présente sous forme d'un classeur Excel dans lequel on rentre les données, les Evaluations Santé et Environnement étant automatiquement générées. Chaque rubrique comporte des tableaux d'aide à la formulation qui accélèrent et optimisent la démarche.

L'INRS recommande fortement de mettre en place un groupe de travail regroupant médecin du travail, représentants du personnel, encadrement, agents des organismes de contrôle, inspection du travail...

La méthodologie d'évaluation simplifiée du risque chimique a été élaborée conjointement par l'INRS et le CNPP (Centre national de prévention et protection).

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* Unité de base : le GEH (Groupe d'exposition homogène)

Un GEH correspond à un ensemble de personnes, de postes ou de fonctions de travail pour lesquels on estime que l'exposition est de même nature et d'intensité similaire.

3 approches pour constituer un GEH :

- par agent chimique (évaluer le risque pour tous les GEH utilisant les mêmes agents chimiques à risque potentiel élevé)
- par unité de travail (évaluer le risque pour tous les GEH d'une zone "géographique")
- par procédé (évaluer le risque pour tous les GEH attachés à un procédé, une ligne de production de l'établissement).



mardi 21 août 2007

Congrès US : billets verts pour politique verte

Alors que les législations sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre peinent à être votées, les membres du Congrès américain envisagent le vote de 2 milliards de dollars de crédits pour appuyer des initiatives concrètes en ce domaine.

2 milliards de dollars, c'est le budget projeté par les représentants américains pour financer les initiatives fédérales de recherche sur la réduction des gaz à effet de serre et la dépendance envers les ressources pétrolières. Les barrières entre Républicains et Démocrates tombent à cette occasion, les élus voyant là une occasion d'associer initiatives écologiques et projets électoralement porteurs.

Chargée de financer des programmes d'aide internationaux l'"US Export-Import Bank"devrait augmenter d'un milliard ses investissements dans des projets "verts". Le programme d'efficience énergétique et d'énergies renouvelables verrait ses fonds passer d'1,2 à 1,9 milliards de dollars. 44 millions iraient à l'énergie géothermique. Les états disposeriant de 6 millions pour aider les projets à portée environnementale.

L'attribution de certains crédits d'intérêt local est soumise à critique, comme le financement, à hauteur de 150 000 dollars, d'une maison à énergie solaire pour la Chambre de Commerce de Troy (Michigan), conçue par les étudiants de la Lawrence Technological University. Ce n'est pas en France qu'une telle jonction entre utile et agréable interviendrait...

Quoi qu'il en soit, Représentants et Sénateurs devront accorder leurs violons sur ces sujets. un affrontement est à prévoir avec la Maison Blanche, lors de la rentrée parlementaire, celle-ci déplorant, comme il se doit, le niveau élevé des dépenses programmées. En attendant, le vote de lois sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source se fait attendre...


Source : LA Times.

vendredi 15 juin 2007

Remous avec la Commission européenne

Pollution des eaux bretonnes par les nitrates, non respect de la directive sur le traitement des eaux usées, non-transposition partielle de la directive sur les OGM : les contentieux entre la France et la Commission européenne sur les questions environnementales pourraient coûter jusqu'à 500 millions d'euros à notre pays.

Fabienne Keller, Sénateur du Bas-Rhin et rapporteur des crédits de l'écologie et du développement durable, faisait le constat des enjeux budgétaires liés aux sanctions européennes sur l'environnement, le 31 mai dernier.

Cause de ces sanctions : la lenteur française à appliquer le droit communautaire de l'environnement, qui nous situe à la 15ème place sur 25 pays de l'Union. Seul élément positif : les contentieux environnementaux ont diminué de 10 à 4 en un an.

La Commission Européenne perd patience en constatant que la directive sur la qualité des eaux superficielles destinées à la production d'eau potable, datant de 1975, est loin d'être appliquée en Bretagne. Effectivement, 32 ans pour appliquer un directive, c'est un peu long.

Déjà, en 2001, la Cour européenne de justice avait condamné la France pour dépassement de la concentration maximale de nitrates, soit 50 mg/L, dans 37 points de captage bretons. En 2004, 22% d'entre eux dépassaient la norme. La grande majorité se situaient entre 25 et 50 mg/L. La sanction de la Commission pourrait tomber en juin. Montant : 40 millions d'euros.

L'environnement n'est décidément pas un long fleuve tranquille : une amende de 400 millions pourrait être infligée pour non respect d'une texte de 1998 sur le traitement des eaux usées en ville.

Autre point noir : la transposition d'un directive de 2001 sur les OGM. Coût estimé : 42 millions d'euros.

D'autres dossiers sont dans le collimateur de la Commission : les habitats naturels, les véhicules hors d'usage, l'incinérateur de Fos-sur-Mer, l'expansion du port de Saint-Nazaire, les COV (composés organiques volatiles) et la qualité de certaines eaux de baignoire.

Espérons qu'Alain Juppé contribuera par son action à soulager le budget de la nation...


Un bilan sur l'eau en Bretagne, par l'Association Eaux et Rivières.

Le site de l'Observatoire de l'eau en Bretagne

carte : Agence de l'Eau Bretagne (teneurs en nitrates 2004)