mardi 18 décembre 2007

Inakis.fr : ouverture à la consommation responsable

Premiers battements d'ailes pour Inakis.fr, nouveau portail et guide de consommation éthique et durable. Auquel a collaboré l'auteur de ce blog.


A travers 5 univers : Alimentation, Habitat et Décoration, Mode & Accessoires, Soins & Bien-Etre, Loisirs & Services, et 230 catégories, inakis.fr ouvre un nouvel accès à la consommation écologique, conviviale, éthique.

Particularité : chaque univers, chaque catégorie est introduit par un rédactionnel objectif. Celui-ci remet le type de produit ou service concerné dans la perspective d'une consommation tout à la fois satisfaisante et responsable, avec de nombreux conseils éthiques, pratiques.

L'internaute peut ensuite faire son choix en toute connaissance de cause sur inakis.fr. Il accède alors aux espaces marchands de partenaires sélectionnés selon des critères éthiques et "durables" très stricts.

Il peut, autrement dit, "butiner" le meilleur de la consommation respectueuse du développement et de l'environnement, l'inakis étant, dans le civil, un superbe papillon !




Enfants : halte au gavage d'écran(s) !



L'univers virtuel, hich tech, envahit les jeux pour petits enfants. Au grand dam des pédiatres. Le salut vient néanmoins de la technique, avec Bob, le contrôleur du temps.




L'écran ci-dessus est celui du téléphone cellulaire "Knows your name Dora", conçu par Fisher Price pour les petits enfants. La célèbre marque a également lancé "Easy Link Internet Launch Pad", une interface web qui leur est destinée. Est ainsi illustrée la tendance des grands noms du jouet à orienter leur offre vers les nouvelles technologies, qui représentent déjà plus de 5% des ventes.

L'Académie américaine de pédiatrie est pour le moins réticente. Elle déconseille les "activités d'écran" pour les enfants de 2 ans et moins, et une limitation de leur temps de télé ou d'ordinateur à 2 heures par jouet. Elle souligne par ailleurs le rôle bénéfique de la lecture, qui est propice au développement du cerveau, du langage et développe la retation affective parent-enfant.

Il est bon, en effet, de rappeler que l'enfant acquiert connaissance et perception de son environnement en exerçant ses 5 sens, et non seulement la vision d'un écran, le tapotage de clavier ou la manipulation de manettes.

Bob contre le bourrage de crâne électronique

Une réflexion partagée par Tom Gallop, homme d'affaires américain dépité par les piètres résultats de son transfert familial vers le lointain Colorado. Plutôt que de jouir d'une nouvelle vie avec ses enfants, il trouvait ceux ci "scotchés" devant la télé. D'où la création de la société Hopscotch, avec le développeur Brian Baker. Leur enfant (technologique) : "Bob", le surveillant de temps d'écran. Programmable individuellement pour 1 à 6 utilisateurs, Bob éteint l'équipement nocif après la période établie. Ou bloque certaines heures d'accès.

Résultats constatés jusqu'ici : adaptation aisée des enfants de moins de 10 ans, qui retournent à leurs ami(e) et à leurs jeux traditionnels. Réactions plus "sportives" des pré-ados et ados (pauvre Bob).

Attention aux lapins malins


Bob ne protègera cependant pas les enfants du Nabaztag, le lapin communiquant, nouvelle "hype" hi-tech. S'ils adoptent ce truc assez moche connecté en permanence à une borne wi-fi, ils seront alors exposés sur de longues périodes à des ondes électromagnétiques dont on saisit encore mal les effets...



Sources : The New York Times - CNET.co.uk

Photos : Fisher Price - Hopscotch

Price", "Knows your name Dora", "Easy Link Internet Launch", "Hopscotch" et "Nabaztag" sont des marques déposées.

lundi 3 décembre 2007

Les Restos de l'impuissance ?

Christine Boutin, ministre de la Ville, et Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités actives, ont apporté leur "soutien" à la 23e campagne des restos du Coeur, à Paris. Un bel aveu d'impuissance.

"Triste de voir que la précarité et l'exclusion sont installées" Christine Boutin a relevé que 12% de nos concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté (817 euros par mois) et que beaucoup ont du mal à se nourrir. "Je suis venue pour vous dire "tenez bon" ", a-t-elle lancé à l'adresse du président des Restos du Coeur, Olivier Berthe, en assurant qu'elle s'efforcerait de "faire en sorte que nos aides soient mieux adaptées".

D'autres "people" politiques, comme Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, l'ancien ministre PS Michel Charasse et Anne Hidalgo, première adjointe (PS) du maire de Paris, sont également venus manifester leur soutien (symbolique), en compagnie du chanteur Bénabar.

S'il ne s'agit pas d'un aveu d'impuissance toutes tendances confondues, je ne sais pas ce que c'est.

Source et photo : AFP

jeudi 29 novembre 2007

L'Europe, belle comme un Caddie

C'est un peu facile et cruel, mais voilà le pictogramme de l'entrée "Un marché unique européen pour tous", sur europa.eu, le portail de l'Union européenne. L'Union vue comme un grand Caddie, vide de surcroît. Espérons qu'elle parviendra à s'affirmer sous une autre forme...

"Caddie" est une marque déposée.

lundi 19 novembre 2007

Brèves durables - Semaine 47

Le "Grenelle de l'Environnement" manque de sous, l'éthanol céréalier manque de logique, le CNE rate l'approbation de l'Organisation Internationale du Travail, le Japon ne rate pas les baleines, Larfage valse avec le WWF, la RATP ne manque pas d'air... tel est le programme des Brèves durables.



Carton jaune pour le financement du "Grenelle Environnement"

Que de promesses dans le discours de Nicolas Sarkozy en clôture du Grenelle de l'Environnement (voir "Grenelle Environnement : voitures et autoroutes sur le bas-côté"). Et que de doutes dans le rapport présenté à la Commission des finances du Sénat, concernant le Budget 2008 de l'Ecologie, du Développement et de l'aménagement durable ! Pour les sourcilleux sénateurs, ça coince sur plusieurs orientations. Ils constatent en particulier l'insuffisance de revenus générés par la taxe sur le transport routier, qui sera limitée à 800 millions d'euros pas an. Un montant qui ne compensera pas l'épuisement des recettes provenant de la privatisation des autoroutes, autrement dit de la vente des bijoux de familles routiers de l'Etat. Les élus s'intéressent également au désendettement des opérateurs ferroviaires, en particulier RFF (Réseau Ferré de France), dont la dette devrait être apurée en... 2046. Ils pointent par ailleurs dans leur rapport les ressources insuffisantes du fonds de prévention des risques majeurs, dit "Fonds Barnier". Les sous, c'est souvent là que les discours généreux trouvent leurs limites.

Source : www.senat.fr

L'éthanol céréalier remis en cause par le Président de Ford Motor

"Nous avons toujours su que la production d'éthanol tirée de ressources destinées à la nourriture ne constituerait pas la réponse adéquate. Le passage à l'éthanol cellulosique a été plus lent que nous ne l'envisagions". Déclaration d'un membre de Greenpeace, de la Coordination paysanne ? Et bien non, elle émane de William Clay Ford. Intervenant à l'Université du Michigan, l'héritier de la Dynastie Ford a annoncé que 50% des véhicules Ford seraient "flexibles" d'ici 2012. Il a par ailleurs mis en cause l'E 85, ethanol à base de maïs, soutenu et subventionné par le Gouvernement Bush, moyennement performant et plus cher que l'essence bas de gamme. Il y préfère l'éthanol cellulosique, produit à partir de branchages et autres déchets forestiers ou végétaux, une réelle ressource renouvelable. Belle conversion écologique, dont on espère la prochaine concrétisation.

Souces : New York Times, International Herald Tribune, Wikipedia

Help ! 2 milliards de voitures sur Terre à l'horizon 2050 !

Dans la même intervention, William Clay Ford prédit que la flotte automobile mondiale passera de 820 millions à 2 milliards de véhicules en 2050. Alléchante perspective pour, dans le désordre, les ours polaires, nos poumons, la protection de l'environnement... et le réchauffement climatique.

Source : International Herald Tribune

L'OIT recale le Contrat Nouvelles Embauches


L'OIT (Organisation internationale du travail) a rendu un avis négatif le 14 novembre sur le CNE (Contrat Nouvelles embauches) français. Pour deux motifs que tout juriste aurait pu anticiper : une période d'essai de deux ans n'est pas "raisonnable" et un contrat de travail ne peut être rompu "en l'absence d'un motif valable", suivant la Convention 58 de l'organisation. Convention sur laquelle la Cour d'Appel de Paris s'était d'ailleurs basée pour prononcer la nullité d'un CNE en juillet dernier. CQFD. Lamy-Liaisons sociales commente l'avis avec une neutralité toute juridique, tandis que le MEDEF, le patronat français, se déclare prêt à abandonner le CNE, en échange d'un accord sur la modernisation du travail. L'UPA (Union professionnelle artisanale), quant à elle, avait vu dans le CNE un moyen d'assurer la pérennité de ses entreprises adhérentes. Elle s'interroge à présent sur la validité des contrats de ce type déjà conclus.

Sources : Lamy-Liaisons sociales, Capital.fr, Boursorama, Reuters, AFP


Japon : toujours la haine pour la baleine

C'est plus fort qu'eux, les Japonais ne peuvent s'empêcher de massacrer des baleines. Ca n'a aucun intérêt économique, c'est condamné par la Commission baleinière internationale, les Etats riverains du Pacifique comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, ça dégrade leur image dans le monde, mais ils remettent cela chaque année. En s'attaquant, cette fois, à une espèce laissée en paix depuis les années 90 : la baleine à bosse. Ils veulent en "prélever" juste un millier dans cette campagne de chasse 2007 , "pour des raisons scientifiques" (seule dérogation prévue par la Commission. "Tradition", que de crimes écologiques et humains commet-on en ton nom...

Sources : tsr.ch, AFP, Wikipedia

Lafarge et WWF : un partenariat inattendu

Pour le producteur de matériaux de construction Lafarge , comme pour d'autres groupes français, la croissance doit être recherchée dans les "pays émergents". 80% des investissements productifs du groupe sont donc effectués donc en Indonésie, Chine, Inde, Equateur, Egypte, Ouganda, Zambie et Afrique du Sud. D'où un bénéfice net en hausse de 40% sur les 9 derniers mois.

Affirmant le caractère "durable" d'une activité peu réputée en ce domaine, Lafarge est un des 12 grands groupes mondiaux engagés aux côtés du WWF (World Wildlife Fund) dans le programme "Climate Savers". L'objectif est tout à la fois éthique et commercial, la "rassurance" des populations locales et des gouvernements locaux constituant un atout concurrentiel.

Petit accroc à cette idylle, en Inde, dont le Ministère de l'environnement a décidé la suspension de l'extraction cimentière dans la région du Meghalaya, zone considérés par lui comme important vestige de forêt primaire, et par Lafarge comme "sans intérêt biologique".

Source : Le Monde.fr

RATP : un air timide de transparence

L'actuelle grève des conducteurs RATP a au moins un avantage : la baisse de la pollution de l'air dans les tunnels, couloirs et sur les quais du métro et du RER. Un thème tabou, tant le transport public vertueux est opposé à l'automobile, certes fort polluante. A compter du mois de janvier 2008, la RATP publiera sur son site web les résultats des mesures de "qualité" de l'air établies à partir de son réseau de 5 (oui, 5) stations fixes. Ces données seront reprises par Airparif, association de surveillance de la qualité de l'air, pour être mises à disposition du public. C'est un début. Restera à rendre l'air respirable dans certaines stations où cela ne saute pas eux yeux... enfin, au nez. Pour ce faire, l'Etat devrait sans doute mettre la main à la poche.

Et la boucle est bouclée avec le premier item de ces Brèves durables :-).


dimanche 28 octobre 2007

Grenelle de l'Environnement : autoroutes et voitures sur le bas-côté

Dans son discours de clôture du Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy a mis à mal un lieu commun de la croissance à la française : le trinôme autoroutes-voitures - transports routiers. Le freinage du programme autoroutier non-stop, au profit des transports publics, du rail, du ferroutage et du transport par voie d'eau constitue un des revirements les plus spectaculaires de la classe politique française en la matière.

Dans notre système toujours plus présidentiel, la parole de Nicolas Sarkozy dessine les orientations écologiques, économiques et sociales mises en oeuvre à l'issue du Grenelle de l'Environnement. Une des ruptures les plus impressionnantes concerne la politique des transports.

La classe politique française divorce de la route

Depuis les "30 Glorieuses", l'idéologie consensuelle assimile le développement à l'accroissement continuel du kilométrage d'autoroutes et à l'augmentation parallèle du nombre d'immatriculations de voitures et camions. Hantés par la notion de désenclavement, les maires, conseillers cantonaux, généraux, régionaux et leurs électeurs ne voient le salut économique pour leur région, département, canton, commune, que dans la proximité d'une sortie d'autoroute. Peu importe le retour sur investissement, la rentabilité : l'autoroute est un droit, un devoir de la collectivité.

La priorité ne serait donc plus au rattrapage routier, mais au rattrapage des autres modes de transport. Sarkozy promet une politique d'investissement massif dans les transports, ciblée sur trois priorités : transports urbains, trains et bateau. Dans la foulée, le développement inconditionnel des "biocarburants" est remis en question(s).

L'Etat roulerait pour les transports publics

Une phrase a dû faire le délice des maires de tous bords qui peinent depuis des années à faire financer par l'Etat leurs projets de tram, métro, etc : "L'Etat a eu tort de se désengager du développement des transports urbains". Bien vu. Autre friandise : "L'enjeu d'aujourd'hui est bien la congestion des centre-villes". D'où le rétablissement de la participation de l'Etat pour la construction de voies de bus, pour les vélos ou encore de tramways. Sifflements d'oreille pour l'opposition en Région Ile-de France, qui s'était opposée au projet de tramway sud parisien.

Bingo pour le TGV

2 000 kilomètres de voies TGV seraient construis d'ici 2020. Les voies remplacées seraient dédiées au transport de fret, éliminant théoriquement le transit de 2 millions de camions. Démarche logique : le TGV est en effet l'équivalent de l'autoroute dans le domaine ferroviaire. Quid des dessertes locales, des régions isolées ? Le débat reste ouvert (béant ?)

Les pollueurs routiers seront les payeurs

Enfin, tardivement, sur les traces de la Suisse et de l'Autriche : une taxation sera instaurée sur les camions "qui traversent la France et utilisent notre réseau routier", en partie parce que c'est un axe nord-sud majeur, en partie parce que c'est gratuit. Tout automobiliste s'étant lancé dans un trajet nocturne Lyon-Paris sous la dictature agressive des routiers internationaux appréciera. Cette taxe serait affectée au développement des transports collectifs.

La conversion écologique

Cette réorientation des transports se situe dans une politique générale, dont l'ambition est de faire de la France un pays exemplaire en matière de développement durable et de lutte contre l'effet de serre. Notre pays cesserait donc, par exemple, de traîner les pieds pour appliquer la directive européenne Natura 2000 sur la préservation des zones naturelles sensibles ?..

Point focaux du discours présidentiel : "Nous ne pouvons plus définir des politiques en ignorant le défi climatique, en ignorant que nous détruisons les conditions de notre survie. "Assimiler la politique écologique à un retour en arrière est une imposture". C'est ce que répètent les écologistes depuis environ 40 ans... dommage qu'ils aient manqué du sens politique qui aurait pu emporter l'adhésion de la population.

Reste, bien sûr, à passer aux actes...

Thierry Follain

Cet article a été repris sur AgoraVox



mercredi 24 octobre 2007

Brèves durables - Semaine 43

Les subventions américaines aux biocarburants se monteraient à 92 milliards de dollars (65 milliards d'euros) sur la période 2006-2012

L'IISD (Institut international pour le développement durable) vient de publier son rapport "Biocarburants : à quel coût ? ". Réponse : 5,8 à 7 milliards de dollars (4 à 5 milliards d'euros)de subventions fédérales en 2006 (incluant les crédits d'impôts aux exploitants. Le rapport constate que la ressource majoritaire demeure le maïs, avec son puissant lobby de producteurs. Il souligne également que le gouvernement américain n'a prévu aucun scénario de sortie pour sa politique de protectionnisme et de subvention en la matière.

Le rapport a été publié sur le site de la Global subsidies Initiatives .

Les grandes entreprises françaises à la traîne dans l'estimation de l'impact du changement climatique sur leur développement et leur activité.

Le Carbon disclosure Project regroupe 2 700 entreprises mondiales. Il permet aux investisseurs de prendre en compte la réponse des entreprises à la "contraintes carbone" et au changement climatique. Le dernier sondage du CDP a démontré que 100% des entreprises brésiliennes , les entreprises du FTSE 100 (Bourse de Londres) et 97% des entreprises australiennes et néo-zélandaises interrogées déclarent avoir pris conscience des risques commerciaux posés par le changement climatique. Sur les 120 plus grandes entreprises françaises, 56% ont fait le même réponse (contre 45% en 2006). Par ailleurs, comme le souligne une étude de Capitalcom, la majorité des entreprises du CAC 40 maîtrisent mal la communication sur leur démarche de Développement soutenable.

Grenelle de l'environnement : place aux mesures concrètes

Après deux mois de débats tout azimut, le Grenelle de l'Environnement entre dans sa phase finale. Comme le relève "Le Monde", l'intention de faire de la France un pays leader en matière de lutte contre le réchauffement va se heurter aux contraintes des prochaines échéances électorales. "La Croix" et "Capital.fr" détaillent les différentes mesures fiscales envisagées. Jean-Louis Borloo a par ailleurs émis l'idée de tenir un Grenelle de l'Environnement chaque année. Une "Révolution verte" permanente ?..

Top 10 des sites mondiaux les plus pollués

Dédié à l'information et à la recherche sur les pollutions majeures, le Blacksmith Institute a publié son "Top Ten des sites mondiaux les plus pollués" . Résultats : Inde et Russie deux fois nommé. Même problématique pour La Oroya au Pérou et Norilsk en Russie : les ravages causés à toute une région par une industrie minière (Doe Run Peru, Norislk Nickel) investissant avec un grave retard dans la dépollution. Autre membre de ce triste "Top" : le trop oublié Tchernobyl (auquel on pourrait ajouter une partie non négligeable de l'Ukraine et de la Biélorussie).

samedi 13 octobre 2007

1, 2, 3 Environnement : pas à pas vers ISO 14001

La certification "ISO 14001" constitue un enjeu majeur pour les entreprises françaises, en particulier les PME, confrontées à une évolution rapide de la réglementation et à la pression croissante des donneurs d'ordre. Aussi, l'Assemblée des CCIP a lancé l'opération "1, 2, 3 Environnement". Objectif : mobiliser les entreprises françaises sur un management environnemental par étapes qui les conduira à la certification ISO 14001 ou à l'enregistrement européen EMAS.

Actuellement, plus de 3 000 entreprises françaises sont certifiées ISO 14001. Moins de 20 d'entres elles sont enregistrées EMAS (système communautaire de management et d'audit). L'opération "1, 2, 3 Environnement" lancée par les Chambres de Commerce et d'Industrie vise à amener les entreprises à un management environnemental par étapes, de l'audit à la certification ISO 14001, en passant par l'établissement d'un programme environnemental.

Cette opération constitue également un test-terrain du système de management environnemental FD X 30-205, élaboré par l'Afnor, plus particulièrement destiné aux PMI-PME.

Celui-ci donne accès à 2 des 3 niveaux de reconnaissance de la démarche Environnement de l'entreprise (le 3ème étant la certification ISO).

Le référentiel Afnor Pr FD X 30-205 est fourni gratuitement à 100 entreprises des 6 régions-pilotes d'"1,2,3 Environnement" : Ile-de-France, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, PACA, Pays de Loire, Picardie. Elles bénéficient également d'un coût d'audit environnemental réduit (500 à 1000 euros).

Première étape : le test d'auto-évaluation de la démarche environnementale de votre entreprise.


1, 2, 3 Environnement : présentation

mercredi 10 octobre 2007

Femmes de l'Est : des promesses à l'esclavage


Cette image est extraite d'un film de sensibilisation sur la traite sexuelle en Europe, produit par l'UNODC, Bureau des Nations-Unies contre les drogues et le crime. Thème : les fausses "promesses de travail" à l'étranger.

Les pays d'origine des victimes, souvent abusées par de fausses promesses, sont : l'Albanie, la Bulgarie, la Lituanie, la Roumanie. Viennent ensuite la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, la Bosnie-Herzégovine.

Les pays où se déroule cette exploitation effrénée sont bien connus de nos services : Allemagne, Autriche, Espagne, Royaume-Uni, Italie, France, Pays-Bas, Belgique et Grèce.


Le département d'Etat américain sur le trafic des être humains estime qu'en 2006, 600 à 800 000 personnes ont été vitimes de traite, notamment les femmes et les enfants à des fins d'esclavage sexuel.

Site de l'UNODC

Brèves durables (Semaine 41)

Graine d'espoir pour l'Afrique

"Riz adrao", "Bonfani", "Dususumala malo", "New Rice for Africa", ou tout simplement "Nerica" : l'Africa Rice Center a créé une variété hybride de riz, associant les atouts du riz asiatique (Oryza sativa) et ceux du riz africains (Oryza glaberrima). Le Nerica contient plus de protéines que ses "parents" et est doté du potentiel de résistance du riz africain. Il occupe aujourd'hui 150 000 hectares en Guinée, Côte d'Ivoire et Ouganda.

Un producteur d'énergie californien passe à la caisse verte

Le fournisseur d'électricité californien American Electric Power (AEP) s'est vu infliger une mande d'11 millions d'euros, à l'issue d'une procès intenté par l'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) pour ses excès d'émissions de gaz à effet de serre. AEP s'est engagé à investir 3,3 milliards d'euros pour réduire les émissions de 813 000 tonnes par an. L'EPA estime que 23 milliards d'euros seront ainsi économisés en termes de santé publique.

La France n'atteindrait pas ses objectifs de réduction du CO2

Dans un étude réalisée pour le Centre d'analyse stratégique (ex-Plan), Jean Syrota estime que la France n'atteindra pas son objectif de diviser par 4 ses émissions de CO2 d'ici 2050 (comme le prévoit la Loi du 13 juillet 2005). Un facteur de réduction de 2 à 2,1 est plus probable. Parmi les mesures préconisées par le CAS : une limitation des émissions de CO2 des véhicules neufs à 120 g/km d'ici 2012.

Tesco contesté dans le Lancashire

En Grande-Bretagne, le "Buy local" (Achetez près de chez vous) est un des moteurs de l'action environnementale. Il y a résistance aux implantations d'hypermarchés, destructrices de petits commerces et de relations humaines. Des habitants du Lancashire s'opposent ainsi à l'implantation d'une nouvelle grande surface Tesco à Scotforth (Lancashire), et à la mort (économique) de la ville de Lancaster.

Grenelle de l'Environnement : Web is beautiful

Tendance, tendance : Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat à l'écologie annonce le lancement d'une consultation "Grenelle de l'environnement" dans l'Univers virtuel de Second Life. Deux îles et 100 avatars permettront aux internautes de participer au débat. Auparavant, la Secrétaire d'Etat a rencontré 50 "bloggeurs d'influence".

jeudi 4 octobre 2007

WBCSD : gérer l'eau au-delà des limites de l'entreprise

Ressource vitale très inégalement répartie, l'eau est un enjeu majeur du développement soutenable et des objectifs du Millénaire. Le WBCSD (World Business Coucil for Sustainable Development) s'est prononcé cet été pour une gestion de l'eau par les entreprises prenant en compte les besoins des communautés humaines environnantes. Il propose également le "Global Water Tool", outil d'estimation des besoins et des risques associés à l'eau. Cet article a été repris sur le site Newzy.fr

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l'Eau, le WBCSD a organisé la Session "Le business et l'eau : agir au delà des limites de l'entreprise", en août dernier à Stockholm. Elle a réuni les dirigeants de grands groupes (Unilever, Siemens, Nestlé, ITT...), et un institut spécialisé (Stockholm International Water Institute).

Le séminaire "Lier investisseurs, acteurs du secteur des affaires et parties prenantes du secteur de l'eau" a mis en exergue un principe : "pour gérer l'eau globalement, il faut disposer de bilans locaux sur la ressource en eau". Et surtout une volonté, celle d'engager une approche collaborative de l'utilisation de l'eau avec les communautés environnant les sites de l'entreprise, les diverses parties prenantes, pour aboutir à une utilisation sécurisée et durable de cette ressource vitale.


Le WBCSD identifie trois niveaux d'engagement dans la gestion de l'eau

Au centre, "inside the fenceline" : exploitation et production. "Beyond the fenceline" (au-delà des limites de l'entreprise) : un second niveau : chaînes d'approvisionnement et communautés locales, et un cercle plus large, "beyond the horizon" : le marché global de la consommation dans les pays développés et en développement plus. Ces trois zones sont impactées par deux variables : les besoins techniques de l'entreprise et ses aires de risque.


Motivation additive : les risques liés à la ressource aquatique sont de plus en plus pris en considération dans les "ratings" financiers. Risque exemplaire : Coca-Cola a dû faire face à une interdiction de vente dans l'état du Kerala, en Inde, après que les analyses d'une ONG aient révélé la présence de pesticides dans ses boissons.

Global Water Tool : un outil gratuit pour la gestion des ressources en eau

Dans un esprit pragmatique, le
WBCSD a lancé lors de la même session le Global Water Tool, outil de cartographie des utilisations de l'eau par l'entreprise et les risques associés à la disposition de cette ressource. Il est mis gratuitement à la disposition des sociétés.

C'est une forte illustration de démarche volontaire intervenant en complément des interventions politiques et réglementaires, sous la pression conjuguée de la société civile et des opérateurs financiers.

"Business running ahead on water"


En bref :

Le WBCSD réunit les dirigeants de 200 entreprises implantées dans 35 pays, appartenant à 20 secteurs industriels majeurs. Son objectif : "catalyser le changement" en faveur du développement durable, au niveau des grands décideurs économiques.


wbcsd.com : un site de référence

Le site du WBCSD est une mine de données sur les démarches de Développement durable mises en oeuvre par d'importants acteurs du secteur industriel. A retenir en particulier, les 24 pages d'"Etudes de cas" (DuPont, Novartis, BP, Cargill, etc). Et les newsletters thématiques.


Cet article a été repris sur Newzy.fr


Photo : "Borona girl fetching water" - Sautimoja.org

Diagramme : Copyright CH2MHILL




mercredi 26 septembre 2007

Grenelle de l'environnement, en bref

Comment lutter contre le réchauffement climatique ? Comment préserver la biodiversité ? Comment prévenir les conséquences de la pollution sur la santé ? Telles sont les questions auxquelles doit répondre le Grenelle de l'Environnement. En 3 mois et demi.


Elaboration des propositions d'action, consultation des publics, élaboration et présentation d'un plan d'action et des programmes, soit 15 à 20 mesures vertes, telle est la démarche du Grenelle de l'Environnement.

La phase 1, celle des 6 groupes de travail vient de s'achever. Chacun d'entre eux a tenu quatre séénces pleinières. Thèmes abordés : Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l'énergie, préserver la biodiversité et les ressources naturelles, Instaurer un environnement respectueux de la santé, Adopter des modes de production et de construction durables,Construire une démocratie écologique, Promouvoir des modes de développemetn écologiques favorables à la compétitivité et à l'emploi. Deux ateliers intergroupes : OGM, Déchets.

D'ores et déjà, l'integroupe OGM a retenu l'attention, avec l'éventualité d'un moratoire sur les des cultures transgéniques.D'où la menace de la FNSEA de se retirer des débats.

Résultat des courses, enfin, des débats, demain, jeudi 27 septembre, sur le site Grenelle Environnement .

S'ouvrira début octobre, pour 15 jours, la phase de débat public, qui recourra largement à la consultation sur le web.

15 jours plus tard, cette grande consultation qui aura réuni les acteurs économiques, sociétaux et le grand public débouchera sur 15 à 20 mesures "vertes" qui seront appliquées dans les cinq ans.

Si la volonté de s'attaquer concrètement aux problématiques de développement soutenable est louable, la rapidité de la démarche pose tout de même question. Ceci dit, le simple fait de réunir scientifiques, producteurs, syndicats, ONG, etc autour de la même table, dans un perspective constructive, constitue en soi un sérieux progrès !

jeudi 20 septembre 2007

Nitrates bretons : Barnier court contre la montre

La Commision Européenne devait traduire la France devant la Cour européenne de justice en juin dernier. Motif : l'excès de nitrates dans les eaux "potables" bretonnes. Mais Michel Barnier, Ministre de l'agriculture a obtenu un nouveau sursis... 32 ans après la promulgation de la Directive européenne sur la qualité des eaux superficielles !

"A Michel Barnier, les porcs bretons, leurs éleveurs et le Trésor Public français reconnaissants". Cette stèle imaginaire pourrait récompenser l'activité résolue du Ministre de l'Agriculture à Bruxelles, cet été. Il a en effet réussi à empêcher la saisine de la Cour de Justice européenne pour non-respect des prescriptions d'une Directive de 1975 (sic) dans la concentration en nitrates dans certains points de captage bretons.

Cette rarissime magnanimité de la Commission est due à l'entrée en application d'un plan d'action français en mars dernier, visant à ce qu'aucun captage n'excède 50 mg/l de nitrates fin 2009. 9 points demeurent actuellement hors normes en Côtes d'Armor, Finistère et Ille-et-Vilaine. Dès le 1er janvier 2008, les apports d'azote devraient être réduits de 30% dans leurs bassins versants. Quatre d'entre eux devraient être fermés dans les 2 ans à venir.

La Commission assure qu'elle contrôlera l'application de ces mesures.

Comme l'a déclaré notre ministre, au bout de 32 ans, la France a encore besoin "d'un peu de temps" pour produire une eau réellement potable dans l'Ouest de la Bretagne...

Sur "Terre natale" :

Nitrates Bretons : la Commission passe à l'abordage !

Remous avec la Commission

mercredi 19 septembre 2007

Plans climat : collectivités locales contre effet de serre

Les collectivités territoriales sont responsables d'environ 12% des émissions de gaz à effet de serre en France. Aussi, le "Plan climat national" décidé en 2004 prévoit la réalisation de plans climat territoriaux impliquant l'ensemble des collectivités, des régions aux communes. Un premier bilan, portant sur l'action de 21 collectivités pionnières, vient d'être publié par la Mission interministérielle de l'Effet de Serre.

La lutte contre l'effet de serre, contre l'émission des gaz qui le provoquent, concerne tout un chacun, dont nos régions, départements, communautés de communes préférés. D'ores et déjà, les contrats de projet Etats-région doivent viser à une "neutralité carbone". Pour le reste, chaque collectivité doit élaborer son propre plan-climat à l'échelle de son territoire. Celui-ci vise à endiguer les effets immédiats et à venir du réchauffement climatique et à mettre en place des stratégies d'adaptation face aux effets de l'évolution climatique.

Mais quelles sont ces sources de gaz à effet de serre à contrôler ? Les transports "contribuent" à hauteur de 29%, contre 25% pour le bâtiment, 3% pour les déchets... En tous ces domaines, les collectivités peuvent et doivent agir.

Les plans portent (ou plutôt porteront) sur la maîtrise des consommations de la collectivité, la production et la distribution locale de l'énergie, l'urbanisme et l'aménagement, les transports, la production des déchets, la gestion des forêts et espaces verts, voire la biodiversité.

La Mission interministérielle de l'Effet de Serre a édité : "Plans climat territoriaux : des territoires en action", bilan de l'action de 21 collectivités locales pionnières en la matière.

Beaucoup reste donc à faire pour les collectivités et leurs sous-traitants publics ou privés... Le Grand Lyon et Nantes ont choisi d'intégrer leur plan climat dans leur Agenda 21.

A lire, télécharger : Ministère de l'Ecologie/Lettre de l'ingénierie :
"Les plans territoriaux au cœur du défi climatique"

Photo : Sam Javanpouh

dimanche 16 septembre 2007

Mauvais buzz pour les abeilles (bis)

En Amérique et en Europe, les colonies d'abeilles fondent à vue d'oeil. Virus, pesticides et acariens parasites concourent à ce désastre qui menace la polinisation des plantes et arbres fruitiers. Cette disparition massive pourrait être l'indice d'une dégradation biologique globale.

Moins 30 à 50 % : à la sortie de l'hiver, les colonies d'abeilles américaines ont confirmé leur irrémédiable déclin, ce "colony collapse disaster" (désastreux effondrement des colonies) popularisé par scientifiques et médias. La France semble avoir provisoirement stabilisé les dégâts, avec des pertes de 8 à 10%.

C'est un fait : depuis des années, les abeilles sont décimées. Des causes multiples sont pointées par les chercheurs : pesticides (Gaucho, Régent, par exemple), acarien parasite (Varroa Destructor). Nouvel accusé : un virus, l'Israeli Acute Paralysis Virus, récemment introduit aux Etats-Unis.

Sur Futura Science.com, Bernard Vaissière, chercheur à l'INRA spécialisé dans la polinisation, souligne les risques encourus par l'agriculture, suite à cette disparition. Les 3/4 des cultures sont en effet fécondées par les insectes polinisateurs, pour lesquels les abeilles constituent un marqueur biologique majeur. 35% de la production agricole mondiale pourrait être impactés.

Ce n'est donc pas une simple question de fleurs et de petites abeilles. Loin de là.

Sur "Terre natale" :

"Mauvais buzz pour les abeilles"

Sur le web :

Le Monde : est-ce un virus qui décime les abeilles ?

Bernard Vaissière : "Les abeilles peuvent disparaître"

New York Times : "A virus among honeybees"


mardi 11 septembre 2007

"The Body Shop" perd Anita Roddick

Fondatrice de "The Body Shop", Anita Roddick a posé les bases du commerce éthique avec une bonne vingtaine d'années d'avance. Militante acharnée, manager de choc, elle demeure une figure inimitable du développement durable pragmatique et engagé, à l'anglo-saxonne.

Née en 1942, Anita Roddick ouvre son premier "Body Shop" à Brighton, en 1976. Elle a deux enfants, a déjà géré un hôtel avec son mari, Gordon, parti faire du solo en trekking en Amérique du sud. La couleur verte emblématique de l'enseigne est la seule à pouvoir recouvrir les moisissures sur les murs du local. Sa petite boutique de produits de beauté naturel ressemble à une entreprise baba de plus, vouée à une méritante extinction. Mais Anita Roddick est autant businesswoman que militante. Elle se nourrit de ses nombreux voyages à travers le monde, en particulier chez les peuples premiers. Elle a observé, étudié les rituels de beauté corporelle des femmes et s'en est inspirée.

Phrase-clé : "Businesess have the power to do good."

"The Body Shop" se développe sur une vague "verte" naissante, par un principe de franchisage. L'intérêt de l'expérience repose sur son absence de concessions aux tendances dominantes : recours aux produits naturels, refus de l'expérimentation animale, utilisation des surfaces commerciales pour diffuser des messages militants, que ce soit pour soutenir la lutte des Ogoni au Nigéria contre compagnies pétrolières et pouvoir central, ou l'offensive de Greenpeace contre Exxon-Mobil.

En 1989, "The Body Shop" se lance dans la relation commerciale directe avec des communautés indigènes en Amazonie, en Inde, au nicaragua... 35 de ces coopérations de "Community Trade" sont actuellement opérationnelles (moins que je ne le pensais, à vrai dire).

Aujourd'hui, "The Body Shop" est tombé dans l'escarcelle de l'Oréal (grincements de dents chez les protecteurs des lapins et autres animaux de laboratoire). Le groupe représente plus de 2000 magasins dans 77 pays. De nombreux concurrents sont bien sûr montés depuis au créneau du produit de bauté "éthique", mais sans l'aura "activiste", il est vrai moins présente aujourd'hui.

Décédée ce lundi, Anita Roddick avait abandonné toute responsabilité dans "The Body Shop". Elle participait encore à la recherche créative. Anoblie, devenue "Dame Roddick", elle n'en multipliait pas moins les activités militantes, comme le prouve son site.

Anita Roddick a brillamment prouvé la pertinence d'une démarche éthique dans un contexte de marché où le citoyen (ou du moins la citoyenne) fait ses choix en fonction de facteurs diversifiés, parmi lesquels les droits de l'Homme, le respect de l'environnement et l'estime de soi, à rebours de tendances dominantes.

Tribute to Anita Roddick… sur le site de "The Body Shop.


vendredi 31 août 2007

Monsieur Poulet : la mode éthique gonfle ses plumes

Avec "Monsieur Poulet", la mode éthique s'aventure dans le domaine du branché-décalé, tendance "Bal de l'Elysée-Montmartre" ou "Gala des ringards".

Monsieur Poulet, c'est une marque de t-shirts éthiques, adoptant la posture et l'univers rédactionnel de milieux jeunes, parisiens, branchés, tendance cool et contestataire. Référence possible, mais pas certaine, au film "Cocorico, Monsieur Poulet", pionnier du film de ficiton ethnographique, réalisé par Jean Rouch, Damouné Zika et Lam Ibrahim Dia en 1974.


Très décalé, l'univers de "Monsieur Poulet n'est pas accessible au commun des mortels, à la différence de ses t-shirts, créés sous la houlette de Caroline Lorfeuvre. Les visuels mettent en scène des modèles issus de la clientèle-cible, dans un contexte quotidien.

Le site de "Monsieur Poulet" fonctionne sur une démarche interactive avec les clients.

Il propose à ceux-ci d'envoyer leurs propres projets graphiques, les soumettant au vote des internautes inscrits, le processus pouvant aller jusqu'à l'impression sur une série de t-shirts ou hauts. Un blog traite de l'actualité culturelle en phase avec la tribu "Poulet".



Question éthique, les vêtements du volatile branché sont produits à partir de coton issu du commerce équitable avec des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, transformé au Maroc, sous labellisation Max Havelaar.

"Monsieur Poulet" illustre l'incorporation d'un démarche de commerce éthique, de développement durable à un mode de vie et de consommation ciblé. Message : on peut contribuer à sauver la planète sans en faire une discipline ou une contrainte.

Thierry Follain


jeudi 30 août 2007

Ethical Fahion Show : la mode éthique s'expose

Evénement annuel de la mode éthique, l'Ethical Fashion Show rassemble chaque année des créateurs de mode de tous pays, à Paris. L'édition 2007 se tiendra du 11 au 14 octobre.

La mode éthique, respectueuse de l'environnement et de l'être humain, la mode éthique étend chaque année son influence. Les créateurs et producteurs de mode sélectionnés par l'Ethical Fashion Show doivent prendre en compte les normes de l'OIT (Organisation internationale du travail), favoriser le recyclage, travailler des matières naturelles, utiliser des ingrédients et des méthodes respectueux de l'environnement, avoir la volonté de parvenir à un juste rapport créativité/qualité/prix. Une démarche qui associe créativité et développement durable, apportant à celui-ci une nécessaire séduction.


Du 11 au 14 octobre, des créateurs de France, Mali, Cambodge, USA, Norvège, Australie, Norvège, voire Azerbaïjan, se retouveront au Tapis rouge, 67, rue du Faubourg Saint-Martin. Trois défilés sont prévus. Au terme du salon, le Prix EFS 2007 sera décerné au label le plus "éthique". Lauréat 2006 : la marque française Numanu, Label of Love.

Le site de l'Ethical Fashion Show…


Photo : Laure Maud, pour "Green is beautiful"

vendredi 24 août 2007

OMS : coopération mondiale contre pandémie


"Les maladies infectieuses se répandent géographiquement à une vitesse plus grande qu'en toute autre période historique" : tel est le constat effectué par le Docteur Magaret Chan, Directeur Général de l'Organisation Mondiale de la Santé, lors de la présentation du rapport annuel de l'organisation. Seule la coopération internationale permettra d'éviter un désastre majeur.

Dans notre monde toujours plus inconnecté, de nouvelles maladies apparaissent à un rythme sans précédent. Elles ont la capacité de franchir les frontières et de se propager rapidement.

Depuis 40 ans, on a identifié au moins 39 agents pathogènes nouveaux, parmi lesquels le HIV, les virus des fièvres hémorragiques Ebola et Marburg, et le SRAS.

Par ailleurs, des menaces séculaires comme la grippe pandémique, le paludisme ou la tuberculose constituent une menace contemporaine, suite aux mutations, aux résistances croissantes aux antibiotiques et à l'insuffisance des systèmes de santé.


L'OMS estime qu'il existe une forte possibilité d'émergence d'un fléau majeur comme le sida, le SRAS ou la fièvre Ebola, avec la perspective de millions de décès. Ses experts pensent que la prochaine pandémie sera probablement d'origine aviaire et pourrait affecter près d'un millird et demi d'humains.


Combattre les menaces nouvelles ou émergentes impliquerait entre autres une coopération renforcée au niveau mondial pour la surveillance, l'alerte et l'action en cas d'épidémie, la volonté mondiale de renforcer les capacités des infrastructures médico-sanitaires de tous pays, ainsi que l'accroissement des ressources affectées à la formation, à la surveillance, aux laboratoires, aux réseaux d'intervention et aux campagnes de prévention.

Cette volonté de coopération de l'OMS se manifeste actuellement en Ouganda, contre une épidémie de fièvre de Marburg, à travers un partenariat qui associe le Center for Disease Control and Prevention (USA), Médecins Sans Frontières, l'Uganda Virus Research Institute, l'African Field Epidemiology Network et des ONG locales.

Source : Reuters

Photos : OMS - AP


jeudi 23 août 2007

Abidjan toujours victime du Probo Koala

Un an après le scandale des déchets pétroliers toxiques déposés en pleine zone urbaine, les habitants d'Abidjan se heurtent toujours aux manoeuvres de l'Etat et à la mauvaise foi de Trafigura, affréteur du "Probo Koala", cargo qui a transporté, voire généré les déchets.


Officiellement, les 581 tonnes de "slops", mélange de résidus pétroliers et de soude caustique ont causé la mort de 16 personnes et en ont intoxiqué des dizaines de milliers. Cela n'a pas empêché l'Etat ivoirien d'abandonner toute poursuite contre la société suisse Trafigura, en échange d'une indemnité de 100 milliards de francs CFA, soit 152 millions d'euros.


Sur cette somme, qui devait être aussi affectée à la dépollution, 30 millions seulement iront aux victimes. On peut se demander à quoi servira le reste, puisque la société française Trédi, qui avait engagé les travaux de dépollution en septembre 2006, a dû interrompre ses interventions, fautes d'autorisations administratives.

D'après "Le Patriote", un journal d'Abidjan, certaines familles de victimes qui avaient eu le tort de faire des révélations à la presse ont été l'objet de pressions, tant du corps médical du CHU de Treichville que des autorités.

Il resterait 2 500 à 3 000 tonnes de substances contaminées à traiter, le ruissellement des eaux de pluie ayant aggravé la situation. La société Biogénie, les cabinets Environ et Burgeap ont été consultés cette semaine par le Gouvernement ivoirien.

En attendant, les avocats de Transfigura contestent le lien de causalité entre le déversement des déchets et les préjudices subis par la population des 14 communes touchées. Ils attribuent ceux-ci à une pollution déjà présente, et contestent, assez illogiquement, le fait que les millions versés puissent être interprétés comme une reconnaissance de responsabilité. Responsabilité qu'ils rejettent sur la société ivoirienne Tommy, qui a effectué les déversements.

De fait, l'implication de responsables locaux est patente dans le désastre. Parmi eux, Marcel Gossio, directeur du Port autonome d'Abidjan, proche du pouvoir, et les directeurs des douanes et du district d'Abidjan. Tous trois suspendus, ils ont été réintégrés par décret du Président Gbagbo en décembre 2006.

Pour les victimes, dont certaines meurent encore, et pour leurs familles, l'espoir réside désormais dans les poursuites engagées devant les tribunaux britanniques et hollandais.

La tendance actuelle à extrader, à défaut des coupables, les procédures, semble être une lueur d'espoir pour les populations africaines, trop souvent livrées aux appétits conjugués de leurs élites et d'entreprises internationales à faible taux de scrupules.

Sources : AFP - L'Usine Nouvelle - Le Patriote.


D'un clic : sur son site, Trafigura s'exempte de toute responsabilité…