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samedi 22 novembre 2008

25 novembre : Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

Lancé en 1999 par le Fonds des Nations-Unis pour le Développement des femmes, le 25 novembre est désormais "Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes".

Vaste lutte, le sort des femmes dans de nombreuses régions étant moins qu'enviable. Les violences faites aux femmes et la volonté de nombreuses sociétés d'empêcher leur accès à l'éducation sont d'ailleurs depuis longtemps pointées comme des facteurs de non-développement, durable ou pas.

Diverses manifestations seront organisées en France, pays tout aussi concerné qu'un autre par ces violences, en particulier à Paris.

C'est également l'occasion de découvrir le site de Vital Voices, organisation dédiée à l'investissement dans le "développement des femmes" dans le monde.

Illustration : Béatrice Lalino-Gbado


mardi 13 mai 2008

Millennials : la nouvelle danse du Luxe

Ces 6 derniers mois, 65% d'entre elles ont acheté au moins 6 paires de chaussures, 59% : 2 paires de lunettes de soleil, 52% : 7 pochettes ou sacs à main.

Leur investissement maximal dans une coupe de cheveux s'est monté à 213 dollars (138 euros), dans des soins de la peau ou dans un parfum : 226 dollars (146 euros). Et 251 dollars (162 euros) dans de la lingerie (là, je comprends mieux...).


Elles déclarent "travailler dur", et donc "se récompenser en claquant du fric", aimer porter des vêtements, des bijoux, des montres de créateur. Paraître "élégantes" leur permet de se sentir bien, et elles adorent regarder les publicités de biens de luxe.


Elles portent du Calvin Klein, du Ralph Lauren, du DKNY. Mais elles rêvent de Gucci, Rolex, Tiffany & Co.

Et 54% d'entre elles brûlent de posséder... un yacht.


Ce sont les "Millennials", jeunes Américaines aisées nées après 1980, qui appartiennent la deuxième grande vague démographique américaine, après celles de leurs parents, les "baby boomers".

Les "Millennials" dépassent en tout les appétits de luxe de leurs mères, en compagnie desquelles elles pratiquent de coûteux shoppings. Leurs génitrices tendent peu à peu à s'habiller comme elles, ce qui évoque le "Comptoir des cotonniers" français (en plus ostensiblement luxueux). Les créateurs de mode comme Tory Burch, les magasins de luxe new-yorkais comme Bergdorf Goodman ou Scoop NYC évoluent pour accueillir dans les meilleures conditions ces couples mère-fille avides de consommer, consommer et consommer.


Les "Millennials" apprécient donc les marques, le luxe, la haute technologie, et surtout "claquer leur argent" (ou celui de leurs parents) sans complexe.


Elles ont leurs équivalentes dans les monarchies pétrolières, dans les "pays émergents", au Quatar, en Russie et bien sûr en Chine.


Sur le pont supérieur terrien, le champagne et les dollars coulent à flots, tandis que délocalisés et affamés s'entassent dans les soutes. Ce n'est pas sans évoquer la salle de bal du Titanic, quelques heures avant que celui-ci ne heurte l'iceberg fatal.

Un danger qui n'a fait que s'accroître avec le réchauffement climatique !..




Source : Time Magazine, Edition spéciale "Style & Design", "Spring 2008".

Illustration : bravotv.com

dimanche 27 avril 2008

Aide au développement : au bonheur des dames

Les femmes représentent plus de la moitié de la population et du potentiel humain mondiaux. En de nombreux pays, elles sont pourtant marginalisées, d'où le gaspillage de leur contribution économique et sociale. Cette défaillance est analysée dans un rapport de l'OCDE : "Genre sexuel et Développement durable" qui explore les rôles sociaux respectifs des hommes et des femmes, leur historique et leurs conséquences sur le développement. Ainsi, en matière de lutte contre la pauvreté, la discrimination envers les femmes se révèle préjudiciable à l'ensemble des pays concernés. D'où une nouvelle orientation : cibler de plus en plus sur elles les aides au développement.


Les femmes forment plus de 70% de la partie pauvre de la population mondiale, du fait de leur accès inégal aux opportunités économiques dans les pays développés et en voix de développement. Dans les pays "en développement", elles remplissent de multiples tâches "bénévoles". Filles et femmes peuvent ainsi passer jusqu'à 5 heures par jour à ramener eau et bois de chauffage, et 4 heures à préparer les repas. Leurs aptitudes dans ces tâches est réduite par leur accès limité à l'éducation, aux soins médicaux et autres services, voire à la nourriture. De ce fait, dans de nombreux pays, leur espérance de vie est inférieure à celle des hommes, ce qui contredit la tendance biologique.

Une inégalité économique et sociale ancrée dans les "traditions"

Les femmes qui travaillent hors de leur foyer ne s'en sortent pas beaucoup mieux. En Asie du Sud-Est, elles représentent 90% de la force de travail dans la riziculture. En Afrique, elles constituent les 2/3 des travailleurs de l'horticulture. En résumé, elles sont affectées aux travaux répétitifs à bas salaire, tels que la confection, la production et le conditionnement de produits alimentaires et de biens pour la maison. Elles bénéficient rarement des droits du travail les plus élémentaires.

Les fameuses "traditions", coutumes et normes sociales convergent avec un bel ensemble vers une inégalité au détriment des femmes en termes de disposition et de contrôle du capital et des ressources, d'héritage, de propriété de liberté et de prise de décision (incluant leur propre santé en matière de procréation).


Les femmes, meilleur investissement social

Et pourtant, souligne le rapport, le retour sur investissement est plus important lorsque celui-ci est affecté aux femmes plutôt qu'aux hommes. Le produit National Brut est nettement plus bas dans les pays où les femmes reçoivent une éducation moindre que les hommes. Des études en Afrique révèlent que l'accès des filles à l'éducation primaire augmente le niveau des récoltes de 20%. Dans le même ordre d'idée, un accès égal au capital pour les femmes augmente la production agricole de 15%.

D'après une étude de la Banque mondiale en 2001, les femmes consacrent une plus large part de leur revenu à la nourriture, les soins et l'éducation. Subventionner les femmes plutôt que les hommes est donc bénéfique à la famille !

Une aide au développement plus "sexuée"

En 2006, la Banque concluait qu'investir dans l'éducation, la santé et l'accès à la qualification et à l'emploi des femmes et des filles aurait un effet multiplicateur sur la productivité, l'efficience et le caractère durable de la croissance économique dans les pays émergents.

De ce fait, l'assistance au développement fournie par l'OCDE adopte de plus en plus une approche "sexuée". Ses "gender projects" ont connu une croissance moyenne de 28% ces dernières années (avec une variation de 1 à 82% suivant les pays concernés). Plus de 40% de l'aide à l'éducation de base et à la santé est orientée vers les femmes;

Les institutions mondiales ont donc réagi à cette inégalité préjudiciable aux femmes et à ses effets négatifs sur le niveau de vie des populations. Ce raisonnement peut malheureusement être inversé : chaque fois que la situation économique ou politique se dégrade, les femmes et les enfants sont les premiers à en payer le prix, en termes d'éducation, de santé et de droits.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après consentement de l'auteur.

mercredi 19 mars 2008

Inde : 5000 dollars pour sauver 100 000 filles

5000 dollars, telle est la somme que versera désormais l'Etat indien aux mères d'origine pauvre donnant naissance à une fille. Objectif : limiter le nombre d'avortements et d'infanticides sélectifs. Cette mesure devrait sauver 100 000 filles en 2009 !

"Il s'agit d'encourager les familles à mieux traiter leurs filles, à les éduquer, à les considérer comme un capital, plutôt que comme une charge", a précisé Renuka Chowdury, Ministre pour le développement des femmes et des enfants. Une déclaration qui illustre la dure condition de la femme, en particulier de la fille, dans ce grand pays au boom économique inégalitaire.

En 2001, on dénombrait en effet 927 filles pour 1000 garçons. L'ONU estime que 60 millions de filles sont "manquantes" en Inde. En conséquence, les "femmes à marier" se font rares. Ce qui n'arrête pas les hommes en quête d'épouses. D'où l'émergence d'un trafic de femmes à marier provenant des régions pauvres de l'Inde, du Bangladesh et du Népal.

Comme souvent, "la tradition" explique cette situation. L'héritier mâle est en effet celui qui transmet l'héritage et doit réciter les prières sur le bûcher funéraire de ses parents. La femme coûte une dot, et quitte sa famille. Les avortements sélectifs sont pratiqués aussi bien par les classes pauvres, visées par cette mesure, que les familles aisées. Ces dernières recourent également aux techniques de fertilisation in vitro, tout aussi illégales en Inde.

Prudent ou lucide, l'Etat indien versera la prime par étapes. 15 500 roupies (385 dollars) dollars à la naissance, 100 000 lorsque la fille atteint ses 18 ans, sous condition qu'elle ait été scolarisée, bien traitée et ne soit pas encore mariée.

Une réponse pragmatique et concrète à un drame social.

D'autres soucis pour les femmes indiennes

Mme Renuka n'en a pas fini pour autant avec la question des femmes en Inde. Elle doit encore lutter contre les "meurtres pour dot" qui frappent les femmes mariées dont la belle-famille veut se débarrasser : 5428 cas en jugement en 2006, dont 1830 condamnations. Récemment, elle a opposé son véto à la légalisation de l'industrie du sexe en Inde. D'après le bureau des Nations-Unies contre la drogue et le crime, 150 000 femmes et enfants seraient soumis au trafic d'êtres humains chaque année en Asie du Sud. Sans parler du travail forcé des moins de 14 ans, dont beaucoup de domestiques, qui concerne au minimum 250 000 garçons et fille en Inde.


Photo : Unicef - Fillette indienne libérée du travail forcé par les autorités.



mercredi 10 octobre 2007

Femmes de l'Est : des promesses à l'esclavage


Cette image est extraite d'un film de sensibilisation sur la traite sexuelle en Europe, produit par l'UNODC, Bureau des Nations-Unies contre les drogues et le crime. Thème : les fausses "promesses de travail" à l'étranger.

Les pays d'origine des victimes, souvent abusées par de fausses promesses, sont : l'Albanie, la Bulgarie, la Lituanie, la Roumanie. Viennent ensuite la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, la Bosnie-Herzégovine.

Les pays où se déroule cette exploitation effrénée sont bien connus de nos services : Allemagne, Autriche, Espagne, Royaume-Uni, Italie, France, Pays-Bas, Belgique et Grèce.


Le département d'Etat américain sur le trafic des être humains estime qu'en 2006, 600 à 800 000 personnes ont été vitimes de traite, notamment les femmes et les enfants à des fins d'esclavage sexuel.

Site de l'UNODC