
Le projet de budget 2011 de l'Administration Obama comprend une garantie de prêts à hauteur de 25,8 milliards d'euros pour favoriser la construction de nouvelles centrales nucléaires. L'objectif est de vaincre les réticences des investisseurs privés à relancer une énergie nucléaire mal vue du grand public depuis l'accident de Three Miles Island en 1979, et qui pose des problèmes industriels et économiques importants.
Près de 26 milliards d'euros, c'est le montant de la garantie gouvernementale pour la construction de nouvelles centrales nucléaires proposée par l'Administration Obama dans son budget 2011. Cet effort complète une garantie de 25,7 milliards votée en 2005. Si le Congrès vote cette disposition, jusqu'à 7 centrales pourraient être ainsi mises en chantier. Aucun réacteur nucléaire n'a été construit aux Etats-Unis depuis 10 ans.

104 réacteurs nucléaires sont actuellement en service aux Etats-Unis
(308,6 millions d'habitants),
contre 58 en France (62 millions d'habitants).
Nouvelles centrales nucléaire en échange d'une Loi Climat Energie
Cette proposition marque un revirement de l'Administration Obama jusque-là opposée au développement de l'énergie nucléaire. Cette évolution pourrait être destinée à obtenir l'accord des Républicains sur une future Loi globale sur le Climat et l'Energie.
USA : le nucléaire, une énergie comme les autres, jugée sur sa rentabilité
On pourrait s'étonner de ce soutien public au secteur privé de l'énergie, au pays de la libre -entreprise. C'est que nous ne sommes pas dans le contexte français où le potentiel de production nucléaire a été développé par une entente entre administration, grands corps de l'Etat, secteur public (EDF, CEA) et secteur privé soutenu par la commande publique.
Aux Etats-Unis, les investisseurs sont dubitatifs quant à la rentabilité du nucléaire. Une estimation situe le prix du kilowatt-heure nucléaire à 6 centimes d'euros, contre 4,30 pour l'énergie d'origine fossile. Il est vrai que le pays est producteur de pétrole, et que ses importations ont en partie pour objectif de ne pas trop entamer ses réserves stratégiques.
Les producteurs d'énergie américains sont également confrontés au manque de ressources humaines formées pour ce type d'industrie et BTP, et à l'incontournable stockage des déchets radioactifs.
Stockage des combustibles et déchets irradiés : pas de solution définitive
La même administration Obama a en effet mis un terme au projet de site de stockage de Yucca Moutain, un volcan éteint situé au coeur d'une zone déjà pas mal radioactive, celle des tests nucléaires militaires du Nevada.

Cette victoire des "environmentalists" américains pose les mêmes problèmes qu'en France : une fois un projet d'enfouissement profond des déchets radioactifs repoussé, les dits matériaux irradiés ne disparaissent pas pour autant de la surface de la planète.
En conséquence, la centaine de réacteur made in USA stocke ses déchets à haute activité radioctive dans des "piscines" d'ores et déjà surchargées, ou des silos externes, verticaux ou horizontaux, composés d'un container en acier enrobé de ciment. Ce "dry cask storage" renferme le matériau irradié, entouré de gaz inerte. Sa pérennité est pour le moins problématique.
En prenant cette option de soutien à une relance du nucléaire civil, Barack Obama n'a pas pour autant la certitude d'obtenir l'accord des Républicains sur sa Loi Climat-Energie. Ce qui nous renvoie à la difficile application des engagements théoriques pris lors du Sommet de Copenhague.
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