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jeudi 19 mars 2009

Thierry Follain sur lapageverte.com : mobilité électrique avec Better Place, prêt Eco-PTZ pour l'efficacité énergétique

Better Place : l'automobile comme service durable

En séparant propriété de l'automobile de la location des batteries et de l'abonnement à la recharge en électricité, la société californienne Better Place crée un nouveau modèle du déplacement automobile. Avec Renault-Nissan.

Eco-PTZ : financer la performance énergétique

Avec le Prêt écologique à taux zéro, propriétaires et sociétés civiles immobilières peuvent financer leurs travaux destinés à optimiser l'efficacité et la performance énergétique. Descriptif et mode d'emploi.

Le tout sur lapageverte.com, magazine écocitoyen dont j'ai assuré la rédaction et prends en charge la mise à jour.

samedi 21 février 2009

Politique énergétique française : efficacité énergétique ou EPR ?

Avec un troisième EPR en vue, les objectifs de sobriété énergétique du Grenelle de l'Environnement apparaissent bien décalés. Pendant ce temps, le réseau de distribution d'électricité français se dégrade, gaspillant l'énergie. Tout cela est-il bien cohérent ?

EDF, EPR de Flamanville, visite de Nicolas Sarkozy, sur Terre NataleLe 7 février dernier, Nicolas Sarkozy était en visite à Flamanville (Manche), site du premier EPR (réacteur pressurisé européen) français. Il a annoncé qu'il songeait à la construction d'un troisième réacteur nucléaire de ce type. Après avoir annoncé le lancement du second fin janvier, à Penly (Seine-Maritime)(coût estimé : 4 à 4,5 milliards d'euros). Objectif : "faire de la France un grand pays exportateur d'énergie".

Nous nous engageons donc sur la voie de la production massive d'électricité, alors que l'efficacité et la sobriété énergétique sont les clés de notre avenir énergétique. Les consultants du Mc Kinsey Global Institute estiment ainsi qu'une efficacité énergétique accrue permettrait à elle seule d'atteindre la moitié des objectifs mondiaux en termes d'émission de gaz à effet de serre.

Pendant ce temps, les élus réunis dans la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) dénoncent l'état lamentable du réseau de distribution basse et moyenne tension français : "Le réseau de distribution électrique vieillit : c'est un réseau du milieu de 20ème et non pas le smart grid (réseau intelligent) du 21ème siècle que les Français sont en droit d'attendre". Ils déplorent "la chute des investissements d'EDF puis ERDF dans les années 2000", "de l'ordre d'un milliard d'euros par an, au regard des années 1990". Avec le gaspillage considérable d'électricité que cela entraîne. La FNCCR réclame 10 milliards d'investissements sur 5 ans pour remettre le réseau à niveau.

Il y a comme un manque de cohérence dans la politique énergétique française...


Photo : Ouest-France


dimanche 6 juillet 2008

Toujours plus de pétrole, SVP !

C'est bien connu, la flambée des prix du pétrole va provoquer une prise de conscience radicale chez les consommateurs occidentaux. Ceux-ci auront désormais pour objectif de minimiser leur consommation de carburant ou de fuel énergétique et de développer un mode de vie durable, respectueux de l'environnement. Pas si certain, si l'on considère un récent sondage qui révèle que de plus en plus de citoyens américains privilégient la recherche de nouveaux gisements plutôt que la préservation des ressources naturelles.

Un sondage du Pew Research Center publié en février montre que 50% des Américains considèrent que développer l'exploration de nouvelles sources d'énergie est plus important que de les préserver. (contre 42% auparavant). La progression est particulièrement marquée chez les 18-29, où le pourcentage est passé de 26 à 51%. De plus, 50% apportent leur soutien à des forages de prospection dans la Réserve naturelle nationale d'Alaska, contre 42% auparavant.

Sur ces sujets, les écarts traditionnels entre hommes et femmes ou entre Républicains et Démocrates ne sont plus significatifs. Prix du gallon d'essence oblige.

Autre bémol, issu de l'Energy Information Administration : la proportion de consommateurs d'électricité prêts à payer un supplément pour se fournir en énergie "verte" est en diminution.

En 2006, le nombre de programmes "verts" accessibles aux particuliers a en effet augmenté de 442 à 484. Dans le même temps, le nombre de consommateurs motivés a décru de 32%, passant de 942 772 à 645 167.


Comme quoi, en matière de consommation énergétique, la vertu ne va pas de soi. De fortes incitations économiques et fiscales peuvent seules emporter massivement l'adhésion.


photo : Treehugger.com


dimanche 20 avril 2008

Ampoules basse consommation : vraiment "écolos" ?..

Au 1er rang des "Vérités révélées" écolos, les ampoules basse consommation sont cependant sur la sellette. Leur rendement énergétique est moindre qu'annoncé, elles seraient la source d'une pollution électromagnétique, et elles posent un problème de recyclage. Pas complètement lumineux, finalement.



Une économie en énergie moindre que proclamée


Les lampes fluocompactes produisent moins de chaleur que les ampoules à incandescence et consomment beaucoup moins d'énergie, c'est incontestable. Mais dans quelle proportion ?

D'après le tableau disponible sur le site de l'Ademe, ces lampes basse consommation (LBC) consomment 4, 44 à 5 fois moins d'énergie, à valeur d'usage égale. Dans une déclaration au Monde, Hervé Lefebvre de l'ADEME indique une moyenne de 4,6.

S'il est évident, le bénéfice énergétique est cependant inférieur à celui annoncé par les fabricants. Entre en ligne de compte la qualité des éléments électroniques du "ballast", autrement dit, le culot de la lampe BC. Le lecteur averti décèlera dès lors un léger problème de recyclage.

Autre critère : l'éclairement exprimé en lumens : 1200 lumen pour une "classique" de 100 watts, contre 1 040 à 1 060 pour une "fluocompacte" équivalente de 20 watts. A prendre en compte également, la perception du dit éclairage, qui évoque le peu exaltant néon (normal, c'est la même procédé d'excitation électrique d'un gaz confiné). En fait, l'indice de rendu des couleurs d'une "basse consommation" est inférieur à celui d'une "incandescente" (qui comporte un filament porté à incandescence).

Autres bémols : il faut un certain temps, jusqu'à 2 minutes, avant que l'ampoule "fluocompacte" ne donne tout son "éclat". De plus, sa durée de vie, théoriquement 6 à 15 fois plus longue, diminue avec des allumages répétés (minuterie) ou si elle est utilisée avec un variateur.

Une nuisance électromagnétique probable

En septembre 2007, les fluocompactes ont été contestées par une étude du Criirem (Centre de recherche et d'information sur les rayonnements électromagnétiques). Celle-ci révèle la présence d'un champ électromagnétoque de 4 à 180 Volt/mètre pour des puissances "basse consommation" de 11 à 20 watts. A un mètre, on retrouve la neutralité en ce domaine. Des pics de 100 à 300 V/m ont même été observés à l'allumage. Face à ces champs "susceptibles de gravement perturber les biens et les personnes", le Criirem déconseille ces ampoules comme lampes de chevet ou de bureau.

Levée de bouclier, bien sûr, de l'ELC (Fédération européenne des industries de la lampe) et de l'AFE (Association française de l'éclairage). Le Criirem reste de marbre : il estime que les contre-études négligent les rayonnements dans la gamme des 1 à 10 MéhaHertz, les plus nocifs en l'espèce. Il dénonce par ailleurs l'obsolescence des réglementations européennes en la matière. Tout cela embarrasse l'ADEME, qui, sur les pas du Président Sarkozy au Grenelle de l'Environnement, milite pour les fluocompactes, dans la perspective d'une interdiction à la vente des fluorescentes en 2010. L'Agence compte d'ailleurs un représentant, Hervé Lefèbvre, déjà cité, au conseil d'administration de... l'AFE. Bref, l'ADEME joue les casques bleues, réclamant une "norme commune à toutes les parties" : AFE, Syndicat de l'éclairage, Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail).

A noter : Une PME monégasque s'est ruée dans la brèche en annonçant fin janvier 2008 la création d'un filtre anti-radiation divisant par 40 le niveau de radiation des ampoules fluocompactes. Ce qui confirme l'existence des susdites radiations.

Un casse-tête en recyclage

"Electronique embarquée", poudre fluorescente, ça évoque un recyclage délicat. D'autant plus que s'y ajoute un gaz à base de vapeur de mercure, substance toxique progressivement éradiquées de nos bonne vieilles piles. Votre vendeur doit donc reprendre les fluocompactes en fin de vie et les transmettre à Récylum, éco-organisme spécialisé dans le recyclage des produits d'éclairage. Vous payez d'ailleurs 0,25 euros par ampoule pour cela. Le distributeur doit adhérer à la charte "Collecteur de lampes" de Récylum.

Les ampoules fluocompactes nécessitent donc des études approfondies, un circuit de recyclage strict et spécifique et devraient être affectées à un éclairage régulier et permanent. De quoi apporter un léger bémol à leur généralisation.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après autorisation de l'auteur.

A consulter :

- Les ratés des ampoules basse consommation (Le monde - 5 avril 08)
- La pollution électromagnétique des lampes basse consommation sous observation (Novethic - 1er février 08)
- Ampoules basse consommation trop rayonnantes - GEO
- Lampe fluorescente - Wikipédia
- Eclairage : trouver le bon produit - ADEME


vendredi 4 avril 2008

Eoliennes : pourquoi tant de haine ?

En matière d'environnement, il est un sujet qui mobilise beaucoup en France. La pollution des nappes phréatiques ? L'avenir de l'énergie nucléaire ? Le diesel ? Les éthers de glycol ? Non : les éoliennes ! Un paradoxe national favorisé par la focalisation mondiale sur le thème du réchauffement climatique et du CO2.

Plus de 70 sénateurs ont co-signé la proposition de loi de Philippe Marini (UMP), visant à soumettre toute installation d'éolienne de plus de 50 mètres à une consultation du public. Ce type de projet est pourtant déjà soumis à étude d'impact et enquête public. Tout comme les lignes à Très Haute Tension, les grands projets d'aménagement... Comme le fut notre imposant parc de centrales nucléaires.

Cette proposition reflète en fait la vague d'hostilité anti-éoliennes française, les accusant de "défigurer" nos paysages, dévorer les subventions, ne produire que des quantités d'énergie ridicules, et ainsi de suite. Mais pourquoi tant de haine ?


My nucléaire is clean


Cette campagne reflète un paradoxe français, celui d'un pays qui a accepté dès les années 70 l'idée d'une énergie nucléaire 100% "propre", exempte de tout rejet de gaz ou d'effluents radioactifs, de toute contamination lors des transports de déchets, opérations de maintenance, ou du retraitement, spécialité nationale que le monde entier nous envie (d'une manière ambigüe). Certes, Tchernobyl, en 1986, et le mensonge de notre autorité "protectrice", le SCPRI du Professeur Pellerin, ont instillé le doute. Mais ont aussi focalisé l'attention sur les risques d'explosion, bien improbables dans les centrales françaises, pour masquer celui de la contamination au quotidien.


Co2, mon amour !


Tel pourrait être le cri des industriels et producteurs d'énergie nucléaire, de l'industrie automobile "diéseliste" et de bien d'autres intervenants économiques. L'effort de propagande "verte" actuel porte en effet principalement sur le réchauffement climatique, l'attention étant focalisée, non sur l'ensemble des gaz à effet de serre, mais sur les émissions de CO2. Exit les radionucléides dont la demi-vie se décompte en dizaines, centaines ou milliers d'années, exit les particules fines et très fines des moteurs diesel... Ces sujets devraient pourtant susciter notre vigilance.

Dans les pays nordiques, en Allemagne, les éoliennes bénéficient de ce "courant" "Tout sauf le CO2 !". Mais pas en France ! Les Français tiennent à leur paysage. En témoignent l'art des hangars commerciaux des sorties de ville, les rond-points omniprésents, le remembrement massif, l'aménagement des banlieues, voire les pavillons sur taupinière (sourire)...
Un paradoxe national.

Thierry Follain


PS : L'auteur de ces lignes est conscient du fait que l'implantation accélérée d'éoliennes sert aussi des intérêts 100% privés. Ceci dit : pas plus qu'ailleurs.


Photo : DR



mercredi 27 juin 2007

greeNYC : la Grosse Pomme vire au vert

Le maire de New York, Michael Bloomberg, lance la campagne "greeNYC", destinée à transformer la Big Apple en ville écologique. Au-delà des 10 "astuces vertes" pour un meilleur comportement des New Yorkais, c'est la politique de la ville en matière d'aménagement, de services publics et d'environnement pour les 25 ans à venir qui est en jeu. Une cité dont la population atteindra 9 millions d'habitants en 2030.

Ce sympathique oiseau est la mascotte de la campagne "greeNYC" lancée par la Ville de New York pour une attitude plus citoyenne et écologique des New Yorkais.

10 "astuces vertes" sont suggérées aux New-Yorkais, dont, sans surprise, le recours à des ampoules basse consommation, les déplacements à pied ou en transports publics, la mise hors tension des appareils électriques non utilisés ou des climatisateurs dans les pièces vides. Le seul fait d'éteindre les appareils électriques non utilisés économiserait 40% de l'électricité consommée, comme l'a souligné avec surprise M.Bloomberg lors de sa conférence de presse.

Ce comportement citoyen est un des trois axes de "planNYC", plan sur 25 ans qui doit relever les défis auxquels est confrontée une métropole qui a pris beaucoup de retard dans ses aménagements depuis la banqueroute des années 80.

Trois challenges majeurs : "much bigger" (répondre aux besoins de 8,2 millions d'habitants, qui seront plus de 9 millions en 2030), "older infrastructure" (la signalisation du métro date des années 30, le réseau électrique des années 20...), "environment at risk". Ces retards doivent être comblés par une politique volontariste sur 25 ans.

Coût de la campagne : 2,5 millions d'euros, réglés par trois sponsors : Bank of America, Con Edison, fournisseur d'énergie local, et General Electric, fabricant d'ampoules et appareils ménagers . Marketing incitatif : les New-Yorkais recevront un bon d'un dollar pour acheter des ampoules GE économes en énergie avec leur facture d'électricité du mois d'août. Comme cela, chacun y trouve son compte...

D'un clic, le site greeNYC