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lundi 16 novembre 2009

Thierry Follain : Brèves durables : Nucléaire français à l'arrêt, Elus sauveurs d'emploi, Taxe carbone contre BBC, Toyota quitte la F1

EDF : 18 réacteurs nucléaires à l'arrêt sur 59 - Terre natale, le blog du Développement durable
Le nucléaire français n'est plus miraculeux


18 réacteurs sur 59 à l'arrêt cet hiver, dispositifs de sécurité de l'EPR remis en cause par les autorités compétentes anglaises, finlandaises et même françaises... l'électronucléaire français est un peu à la masse en cette fin d'année 2009. Avec, entre autres, une production d'énergie d'origine nucléaire à son plus bas niveau depuis 10 ans. RTE, gestionnaire du réseau, évoque la possibilité de coupures cet hiver... En attendant, il faudra importer du kWh en masse. Les réacteurs à eau légère les plus anciens (Fessenheim, Bugey) ayant été mis en service en 1977/78, les problèmes de maintenance n'ont pas fini de se poser à EDF. Une vraie surprise pour un pays qui vit sur le postulat de l'infaillibilité du nucléaire. Et pour une source d'énergie à laquelle le Président Sarkozy a fixé une mission exportatrice, bénéfique aux soldes du commerce extérieur français. A lire : Les Echos : "La France importatrice d'électricité en octobre pour la première fois en 27 ans".


Station de Porté-Puymorens : les élus renoncent à leurs indemnités

Pour sauver la station de Porté-Puymorens (Pyrénées), il fallait un emprunt de 120 000 €. Pour permettre cet emprunt, les élus de la Communauté de communes de Cerdagne-Pyrénées ont abandonné leurs indemnités. Comme le souligne "La Tribune", "Le sacrifice n'est pas anodin même si ces indemnités, à l'origine, étaient déjà modestes : 500 € par mois, 6 000 € pour l'année ce qui représente déjà une somme dans un budget familial de retraité ou de professeur de lycée." Sur cinq ans, cette concession commune atteindra 30 000 €. Elle contribuera à sauver cent dix-sept emplois dans la vallée du Carol. Comme quoi, il existe bien une France à plusieurs vitesses. Celle qui fonce à nouveau sur les bonus, face à celle qui renonce à des indemnités de service public pour sauver des emplois... Il devrait y avoir un équilibre à trouver.

Taxe carbone et label BBC sont sur un bateau...

La contradiction entre la taxe carbone et le label BBC m'a été exposée récemment par le Directeur technique régional d'un important promoteur immobilier. Fondé sur un système d'attribution de points, le label BBC pénalise en effet le recours à l'énergie électrique, pour cause de conversion médiocre de l'énergie primaire en énergie finale. Le coefficient négatif de coefficient de transformation pour le fioul et le gaz est donc d'1kWh d’énergie finale = 1kWh d’énergie primaire pour le fioul et le gaz, et d'1kWh d’énergie finale = 2,58 kWh pour l'électricité. A l'inverse, la taxe carbone qui entrera en vigueur le 1er janvier 2010 s'appliquera aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, GPL), mais ne frappera pas la consommation d’électricité. Difficile de s'y retrouver.

La F1 n'a plus la cote auprès de Toyota, Honda et BMW

Après Honda et BMW, le constructeur japonais Toyota abandonne les fastes médiatiques de la Formule 1. Cet investissement coûteux (400 millions d'euros en 2008) se justifie moins en période de crise. BMW avait fondé son retrait sur l'incompatibilité entre F1 et développement d'une politique développement durable. De bonnes intentions.

C'est tout pour aujourd'hui, dans le vaste domaine du durable et des nouvelles attitudes qui y sont, y seraient liées !

samedi 21 février 2009

Politique énergétique française : efficacité énergétique ou EPR ?

Avec un troisième EPR en vue, les objectifs de sobriété énergétique du Grenelle de l'Environnement apparaissent bien décalés. Pendant ce temps, le réseau de distribution d'électricité français se dégrade, gaspillant l'énergie. Tout cela est-il bien cohérent ?

EDF, EPR de Flamanville, visite de Nicolas Sarkozy, sur Terre NataleLe 7 février dernier, Nicolas Sarkozy était en visite à Flamanville (Manche), site du premier EPR (réacteur pressurisé européen) français. Il a annoncé qu'il songeait à la construction d'un troisième réacteur nucléaire de ce type. Après avoir annoncé le lancement du second fin janvier, à Penly (Seine-Maritime)(coût estimé : 4 à 4,5 milliards d'euros). Objectif : "faire de la France un grand pays exportateur d'énergie".

Nous nous engageons donc sur la voie de la production massive d'électricité, alors que l'efficacité et la sobriété énergétique sont les clés de notre avenir énergétique. Les consultants du Mc Kinsey Global Institute estiment ainsi qu'une efficacité énergétique accrue permettrait à elle seule d'atteindre la moitié des objectifs mondiaux en termes d'émission de gaz à effet de serre.

Pendant ce temps, les élus réunis dans la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) dénoncent l'état lamentable du réseau de distribution basse et moyenne tension français : "Le réseau de distribution électrique vieillit : c'est un réseau du milieu de 20ème et non pas le smart grid (réseau intelligent) du 21ème siècle que les Français sont en droit d'attendre". Ils déplorent "la chute des investissements d'EDF puis ERDF dans les années 2000", "de l'ordre d'un milliard d'euros par an, au regard des années 1990". Avec le gaspillage considérable d'électricité que cela entraîne. La FNCCR réclame 10 milliards d'investissements sur 5 ans pour remettre le réseau à niveau.

Il y a comme un manque de cohérence dans la politique énergétique française...


Photo : Ouest-France