vendredi 31 octobre 2008

Thierry Follain, Marchand d'Idées : la rédaction web au bout des doigts

Thierry Follain, Marchand d'Idées, auteur de ce blog, met ses atout synthétiques, créatifs et rédactionnels au service de sites Web Grand Public. Pourquoi pas le vôtre ?

Parmi mes contributions :

inakis.fr

Portail de la consommation éthique et durable : carte blanche documentaire et rédactionnelle pour la rédaction des entrées Soins et Bien-Etre et Loisirs et Technique.

O & Formes

Rédaction du site de ce Centre de remise en forme associant bien-être, fitness, pratiques auqatiques et kinésithérapie.


Rédaction à fort objectif de référencement du site de Minguet & Lejeune, promoteur immobilier orienté 100% économies d'énergie, sur le thème du "thermo-efficace"

En cours de réalisation : un site d'information concis et pratique sur l'ensemble des secteurs de la communication, sous l'angle de l'éthique, de l'économique et du durable : automobile, habitat, voyages, alimentation, et ainsi de suite. Là encore, carte blanche documentaire, éditoriale et rédactionnelle.

Egalement :

Rédaction en chef et rédaction de la partie "Groupe" du site du Groupe EDF, lors de son lancement.

Votre site peut s'ajouter à cette liste, sur un simple appel au 06 87 29 38 73. Pensez-y !

A bientôt,

Thierry Follain
Marchand d'Idées



jeudi 30 octobre 2008

Green collars : vers une croissance durable aux Etats-Unis

Les "emplois verts", ceux des "green collars", deviennent un enjeu fondamental dans une Amérique dépendante du pétrole, guettée par la récession. Les "green jobs" concernent aussi bien la haute technologie environnementale que la régénération de centre-villes appauvris, dévastés. Objectif : une croissance verte pour les Etats-Unis.

Frappée par la crise des subprimes, la délocalisation de l'emploi industriel et l'éclatement de la nième bulle spéculative, l'économie américaine déprime. Politiciens, syndicats et militants de la revitalisation des centre-villes trouvent une nouvelle source de développement et d'espoir dans les "green collars jobs", métiers liés à l'environnement, aux économies d'énergie et aux énergies renouvelables. Se crée ainsi une 3ème vague de "collars", après les "blue collars" (industrie) et les "white collars" (services).

Une croissance durable pour les Etats-Unis

Le "ticket" démocrate Obama-Biden prévoit la création de 5 millions d'emplois, dans la partie de son programme intitulée New Energy for America. Il projette en particulier 10% d'énergie d'origine renouvelable à l'horizon 2012.

Souhaitant préserver l'emploi, l'United Steel Workers of America (USWA), syndicat de la métallurgie, s'est allié au vénérable lobby environnementaliste du Sierra Club dans la Blue green Alliance, qui vise, quant à elle, la création de 2 millions d'emplois dans les "green jobs for America". Actuellement présente dans le Michigan, le Minnesota, l'Ohio, la Pennsylvannie, l'Etat de Washington et le Wisconsin, l'alliance porte un programme que ne renierait pas notre Grenelle de l'Environnement.

L'USWA fait également partie des 40 syndicats qui soutiennent l'Appolo Alliance. Objectif : viser l'indépendance énergétique des Etats-Unis et le développement d'énergies propres et renouvelables, suivant la proclamation "Clean energy, good jobs". Autres "supporters" : une centaine d'entreprises et 40 associations environnementales et ONG, dont Global Green USA, qui dépend de Green Cross International, fondée par le dernier Président de l'Union soviétique, Mikahil Gorbatchev, conscient des retombées catastrophiques de Tchernobyl en termes politiques, humains et environnementaux.

Face à un gouvernement Bush hostile au Protocole de Kyoto, les forces vives syndicales, politiques et économiques américaines se mobilisent donc pour un futur "vert" libéré de la dépendance au pétrole. Ainsi, le site California Green business Solutions met en relation les acteurs économiques en quête de solutions d eproduction verts et ceux qui en fournissent.

Autre volet des "green collars" jobs, l'immense espace de la recherche et de l'innovation ouvert dans la construction, le transport propre, les économies d'énergie, les énergies renouvelables. C'est aux Etats-Unis que sont nés Plextronics et Nanosolar qui substituent des cellules solaires à couche fines aux coûteuses cellules en silicium. Plextronics produit des encres conductrices d'électricité. Démarche plus globale pour Nanosolar, qui imprime sur rotatives des panneaux solaires à couche mince à haut rendement. D'où une démocratisation prévisible du solaire photovoltaïque.

Régénérer l'emploi et l'environnement dans les centre-villes

Aux Etats-Unis, nombre de centre-ville dégradés sont souvent laissé aux plus défavorisés, aux Afro-Américains, en particulier. D'où une autre approche des "green collars", emplois simples mais indispensables destinés à améliorer l'environnement de ces cités, permettant graduellement aux travailleurs de se qualifier et de s'incorporer dans la société. Au bénéfice de leur quartier et de leur famille.

Tels sont les objectifs d'associations comme Green for All, Sustainable South Bronx ou Urban Habitat. Le cas du Bronx est assez spectaculaire. Ce quartier à la réputation douteuse "accueille" en effet 40% du traitement des ordures new-yorkaises, deux unités de traitement des eaux et 4 centrales électriques. D'où le passage de 60 000 bennes à ordures par semaine. Majora Carter, fondatrice de SSBx a donc lancé son projet sur une idée simple: confier la régénération du quartier à ses habitants, ex-taulards inclus, en formant ceux-ci. Même démarche pour Van Jones, fondateur de Green for All. Dans son livre "The green collar economy", il établit d'ailleurs un lien entre régénération urbaine et développement de l'économie.

Une nouvelle vision du développement américain

On le voit, les "green collars", les "green jobs" sont divers dans leurs obectifs, leur nature et leurs degrés de compétence. Ils reposent tous sur un constat : l'économie et la société américaine ne progresseront désormais qu'en prenant en compte l'environnement, la raréfaction et le renchérissement des ressources énergétiques et la nécessité d'un développement accessible à tous. Des objectifs honorables, quelles qu'en soient les concrétisations.

Thierry Follain

Marchand d'Idées

D'un clic : "Job opportunities for the green economy", étude prospective du Political Economy Research Institute, University of Massachussets.

Sources : Busines Week, International Herald Tribune, TIME, Los Angeles Times, New York Times.

Cet article a été repris par Natura Vox



lundi 20 octobre 2008

Ylang-ylang : la sensualité à fleur de peau

Parée de multiples vertus, dont aphrodisiaques, l'huile essentielle d'Ylang-Ylang a enfin été soumise à des tests scientifiques. Elle fait pour le moins baisser le stress.

Les huiles essentielles ont la cote. Autrefois réservées aux écolos et naturopathes purs et durs, elles envahissent l'espace sensuel, et surtout celui du business des cosmétiques, du bien-être, voire des produits ménagers. Parées de trop multiples vertus, elles font un peu tout et son contraire, à en croire les sites (marchands) spécialisés. L'essence d'Ylang-Ylang, quant à elle, est assez unanimement considérée comme "aphrodisiaque".

L'aube, William-Adolphe BouguereauDeux chercheurs, Tapanee Hongratanaworakit (Université de Bangkok) et Gerhard Buchbauer (Université de Vienne) se sont penchés sur la question. Ils ont testé les vertus de l'absorption transdermique d'huile essentielle d'Ylang-Ylang sur 40 volontaires.

De réels effets physiologiques ont été constatés, incluant une baisse significative de la pression sanguine et une élévation de la température cutanée.

La technique du double aveugle a également été utilisée. Deux groupes-témoin, ayant reçu une applications d'ylang ou d'une substance neutre, ont été interrogés. Les sujets traités par absorption d'huile essentielle d'ylang-ylang se sont ressentis plus calmes et relaxés que les autres. Buchbauer et Hongratanaworakit concluent donc à la pertinence du recours à l'HE d'Ylang pour soulager stress et dépression.

En élargissant les conclusions, on peut effectivement considérer une intense relaxation comme propice aux rapprochements sensuels. Dans l'échange, plus que dans la stimulation automatique, qui semble un peu trop tendance ces temps-ci.


Ceci fit, un doux massage à l'ylang-ylang (ou autre) ne peut pas faire de mal à votr
e libido !

Thierry Follain

Le Cananga en prend pour ses grades

L'huile essentielle d'Ylang-ylang utilisée en aromathérapie est extraite des fleurs du Cananga odorata. Produite à Madagascar, aux Comores et aux Philippines, elle est proposée en 4 ou 5 gradations. Le grade 1 correspond à la première distillation, la plus concentrée, le "4" à la redistillation la plus faible. Certains distributeurs proposent une huile d'Ylang-Ylang "complète", associant gradations haute et basse.

Etude citée : "Effets relaxants de l'ylang-ylang sur les humains par absorbtion transdermique" - Tapanee Hongratanaworakit (Faculté de pharmacie, Université de Srinakharinwirot, Bangkok) - Gerhard Buchbauer (Centre de pharmacie, Université de Vienne). In "Phytotherapy Research", 2006, Vol. 20, n° 9.


Illustration: Allégorie de l'Aube - Bouguereau (1881)



samedi 18 octobre 2008

Biohousing : choisir sa solution chauffage au bois

Choisir son système de chauffage en fonction des facteurs économiques et écologiques, tel est le but du calculateur énergétique mis en ligne par Biohousing. Dédié à la promotion du bois-énergie, ce projet européen est porté en France par l'Ademe et Biomasse-Normandie, association pour la valorisation de la biomasse en Basse-Normandie. Les atouts environnentaux du bois-énergie sont fortement liés, cependant, à la rentabilité énergétique des appareils de chauffage employés.
Biohousing Heating Tool

Le calculateur de besoins de chauffage mis en ligne par Biohousing permet d'estimer rapidement le coût des diverses solutions de chauffage, en associant données sur votre habitation, votre consommation d'énergie et sur les prix des diverses sources énergétiques. Cela demande une expertise minimale, puisqu'il faut renseigner les deux champs suivants : "consommation pour le chauffage", en kW/h/m3, et "consommation pour l'eau chaude", en MW/h/an. Les calculs portent sur une palette de 5 sources : granulés de bois, fioul, gaz naturel, pompe à chaleur énergétique, électricité. Si toutes les données ont bien été renseignées, le calculateur énergétique de Biohousing fournit les "coûts totaux annuels de la chaleur" induits par les diverses solutions.

Biohousing : l'Europe pour les énergies renouvelables

Biohousing est un programme européen dédié à la promotion du bois-énergie dans l'habitat individuel. Le projet Biohousing français est porté par l'Ademe et la région Basse-Normandie. Plus précisément par Biomasse Normandie, association liée au Conseil Général bas-normand, dédiée depuis 1983 à la valorisation énergétique et agronomique de la biomasse.

Le projet Biohousing s'inscrit dans le cadre d'Energie Intelligente Europe, mené par la Commission européenne. Ce programme veut optimiser les conditions pour économiser l'énergie et encourager l'usage de sources d'énergies renouvelables dans l'Union.

Le chauffage au bois respecte-t-il l'environnement à 100% ?

Le site Biohousing publie également un tableau comparatif des solutions énergétiques selon 5 critères : respect de l'environnement, coût des combustibles, coût des investissements, fiabilité de fonctionnement, contrôle et maintenance, couplage avec l'énergie solaire. Le chauffage au bois est le seul à bénéficier de "smileys" souriants pour le "respect de l'environnement". Normal, puisqu'il s'agit de promouvoir la filière bois-énergie. Comme l'indique le document "Le chauffage au bois : des solutions performantes, écologiques et modernes" élaboré par Biomasse Normandie, ce respect est probable pour les poêles ou chaudières à granulés à rendement de 85%. Moins pour les autres modes, en particulier les plus anciens.

La combustion du bois émet en effet des polluants tels que le monoxyde de carbone, les hydrocarbures et les particules très fines (oui, comme le moteur Diesel). On considère par ailleurs que le dioxyde de carbone (CO2) émis est compensé par le CO2 capté par l'arbre durant sa "vie". Sans prendre en compte l'énergie consommée pour l'abattage et le transport.

Autres facteurs à prendre en compte : le surcoût des chaudières à granulés (sciure compactée) ou pellets (bois déchiqueté). Et l'incertitude sur l'augmentation future des prix de ces sources d'énergie, sous-produits de l'industrie du bois ou de l'exploitation forestière (que l'on espère "durable").

Le guide "Le chauffage au bois" de l'ADEME fournit également quantité d'informations pratiques pour passer au chauffage au bois ou optimiser celui-ci.

Rappelons que si vous vous chauffez au bois avec des appareils peu performants, c'est plutôt nocif pour l'environnement, tant du point de vue de la ressource que de la pollution induite !

jeudi 9 octobre 2008

Amendement Ollier : un développement de retard ?

Patrick Ollier, Président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a fait voter par la Commission des affaires économiques un amendement à la Loi Grenelle 1, favorable au chauffage électrique. Mais défavorable au développement durable, ainsi qu'à l'industrie du bâtiment, forte créatrice d'emplois. Un exemple parlant de l'obstination à prolonger un modèle économique français périmé.

"L'amendement Ollier" à la proposition de Loi Grenelle 1 porte un sacré coup de canif à la recherche des économies d'énergie. Il envisage tout simplement de relever de 50 à 120 KwH par m2 et par an l'objectif de consommation énergétique des constructions neuves, à l'horizon 2012. A condition qu'elles soient équipées d'un chauffage électrique. Conséquence : une consommation d'énergie primaire deux fois plus élevée dans l'habitat que celle déterminée dans les travaux du Grenelle de l'Environnement. Levée de boucliers non seulement des "écolos", mais aussi, mais surtout de l'industrie de l'isolation, initiatrice de l'association "Isolons la Terre", et du Club "Construire durable", impulsé par le groupe de presse professionnel Le Moniteur. Sans parler des réserves de la Secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui souligne l'aberration thermo-dynamique du chauffage à l'électricité.

Mais pourquoi économiser l'énergie, après tout ? Pourquoi concevoir des appareils électroménagers peu gourmands en électricité ? Pourquoi "domotiser" les habitations pour une gestion optimale des lumières et du chauffage ? Pourquoi acheter des ampoules basse consommation ? Puisque nous, Français, avons un parc de 58 réacteurs nucléaires à notre disposition ! Beau signal donné aux consommateurs de France, de Navarre et d'ailleurs !

Un modèle de développement français bien dépassé

Plus sérieusement, "l'amendement Ollier" révèle la permanence d'un vieux mal français, cette obstination à faire reposer notre développement sur de grands groupes publics, para-publics ou privés, travaillant ad vitam aeternam sur des technologies "qui ont fait leurs preuves" : électro-nucléaire, motorisation diesel, TGV, agriculture à forte consommation de pesticides... Quelque part entre le défunt Gosplan et le copinage entre élites du public et du privé, acteurs économiques et politiques. Au détriment continuel des PMI-PME, véritables créatrices d'emploi et des indispensables basculements technologiques pour un avenir durable.

Pendant ce temps, dans ce laboratoire du futur qu'est la Californie, l'état, les "business angels", les "start-up", les industriels misent à fond sur la recherche et le développement de technologies novatrices économes en énergie. L'Allemagne domine le marché des éoliennes. Le Japon caracole en tête sur le segment porteur des véhicules hybrides et électriques (ce dont profitera au moins Renault, allié à Nissan).

Monsieur Ollier et ses amis, quant à eux, montent au créneau pour la défense... du convecteur électrique. A quand la relance de la DS (si confortable) et du Concorde (si rapide) ?..

Thierry Follain

Article repris, en version longue, sur :
Natura Vox

Cozop


vendredi 3 octobre 2008

La femme de Tchernobyl

Dans son roman "Wolves eat dogs" (Chiens et Loups), Martin Cruz-Smith met en scène Eva Kazan, médecin dans la Zone d'exclusion de la centrale de Tchernobyl. Autrefois, pour son plus grand malheur, enfant participant à la grande parade du 1er mai 1986 à Kiev, 5 jours après l'explosion du réacteur 4 de la centrale. Une évocation prenante des multiples habitants d'Ukraine et de Biélorussie contaminés pour des générations, dans l'indifférence de la communauté internationale, européenne, notamment.

Eva dit : "Je me souviens parfois de cette fille de treize ans qui parade le 1er mai avec un sourire béat. Elle a quitté son village, rejoint son oncle et sa tante à Kiev pour suivre les cours de l'écoles de danse; leurs critères sont rigides, mais elle a été pesée, mesurée et elle a la bonne carrure. On l'a choisie pour porter la bannière "Marchons vers un futur radieux! ". La journée est assez douce pour se passer de veste, et elle en est heureuse. Son jeune corps est une merveille de croissance, la division des cellules y élabore un être nouveau. Et, de fait, ce jour-là, elle va devenir une autre, car une brume voile le ciel, portée par la brise en provenance de Tchernobyl. Ainsi s'achèvent ses jours de danseuse et commence sa longue relation avec la chirurgie soviétique." Elle toucha sa cicatrice. "D'abord la thyroîde, puis les tumeurs. C'est à celà que tu reconnais les véritables citoyens de la Zone. Nous baisons sans soucis. Je suis une femme creuse; tu pourrais me battre comme un tambour. De temps à autre, je me souviens de cette fille futile... j'ai tellement honte de sa stupidité; si je pouvais revenir dans le passé avec un révolver, je la tuerais sans hésiter. Quand ce sentiment me suffoque, je vais me cacher dans un trou ou la maison condamnée la plus proche. Il y a tant de maisons contaminées... j'ai le choix. Autrement, je ne redoute rien ...

traduit par l'auteur de ce blog

Martin Cruz-Smith - Wolves eat dogs (Pan Books) - Chiens et loups (Robert Laffont)

D'un clic : " The Tchernobyl disaster : Effects on Ukraine and Belarus " , UNU (United Nations University)



mercredi 24 septembre 2008

Crise financière mondiale : Wall Street contre Main Street ?

Le Gouvernement américain allait verser 700 milliards de dollars pour éviter la chute fatale des marchés suite à la "crise des subprimes". Tout le monde se réjouissait, Européens compris, de cette générosité des contribuables d'Outre-Atlantique destinée à remettre à zéro les compteurs de la finance mondiale. Mais les élus américains, sénateurs républicains en tête, rechignent à rédiger ce quasi-chèque en blanc au système libéral qu'ils défendaient jusque-là.

Le Secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson et le Président de la Réserve fédérale américaines, Ben Bernanke, ont passé de mauvais moments , hier, devant la Commission des Services financiers du Sénat américain. En pleine période électorale, les sénateurs ne se bousculent pas pour approuver le subventionnement du sytème financier américain à hauteur théorique de 700 milliards de dollars.

Question centrale posée par experts et politiciens : pourquoi le Trésor veut-il consacrer cette somme colossale à l'achat d'actifs dépréciés, plutôt que de prêter l'argent à ces sociétés, à charge pour elles de négocier au mieux leurs actifs sur le marché ? Réponse de Paulson et Bernanke : la question n'est pas de venir au secours des compagnies financières, mais de réamorcer la système d'achat et vente du marché et de permettre une réappréciation des actifs. Ils sont ainsi opposés à la prise de participation de l'Etat dans ces sociétés, qui permettrait (indirectement) au pauvre contribuable de profiter de la remontée des cours. Paulson refuse par ailleurs de mettre un bémol au montant des stocks-options et autres parachutes dorés versés aux dirigeants des firmes ainsi subventionnées.


Confusion des genres

C'est peu de dire que les législateurs américains, en phase avec leurs électeurs, sont dubitatifs. Hier, le lobby des Chambres de commerces avait entrepris de faire le siège des sénateurs pour qu'ils appuient le plan à 700 milliards de dollars. D'après le Los Angeles Times, ses émissaires ont dû stopper leurs tentatives de séduction en milieu d'après midi, devant l'hostilité rencontrée.


Cerise amère sur le gâteau, soulignée par le Washington Post : le dit Hank Paulson, Secrétaire d'Etat au Trésor, a quitté la firme Goldman Sachs (un des principaux responsables de la crise actuelle), il y a 2 ans, avec un pactole de centaines de millions de dollars. Jusqu'à la présente crise, Paulson assurait aux journalistes et citoyens que le marché trouverait lui-même la solution aux difficultés rencontrées. Un crédo républicain et libéral qui vient de se crasher spectaculairement. A souligner également le manque de reconnaissance du ventre des sénateurs du Comité des Finances, qui ont été soutenus à hauteur de 33 millions de dollars par Wall Street et autres durant leur élection.

Perplexité accrue

Que faire ? Soutenir Wall Street pour éviter la déconfiture de "Main Street" (le peuple américain) ? Et si ce plan lumineux ne marchait pas ? Et si ne pas le voter équivalait à retourner à 1929, à la Grande Dépression ? Comment accepter que cette création de valeur purement financière, amorcée dans les années 80 se révèle finalement pour ce qu'elle est : du vent, lorsqu'il ne susbsiste plus aucun actif concret pour l'étayer ?


La foi libérale en berne

Après la Guerre d'Irak, le Patriot Act, et autres grands projets patriotiques et coûteux économiquement et démocratiquement, le gouvernement Bush finissant ne pèse plus guère sur les élus blasés. En particulier les siens, largement minoritaires à la Chambre des Représentants, à peine à égalité numérique au Sénat. A tel point que les Démocrates, majoritaires, prêts à un compromis, attendent l'assentiment de la "minorité présidentielle". Entre autres déclarations significatives, celle du Sénateur républicain Gene Taylor au Washington Post, quant à l'urgence extrême d'adopter le plan : "Où ai-je bien pu entendre cela, déjà ? Quelque chose comme "Les Irakiens ont des armes de destruction massive, et ils sont prêts à les utiliser", ironise-t-il. "Je ne suis pas pressé de m'exécuter." D'autant plus que les auteurs du plan quitteront le pouvoir dans quelques mois


Au-delà, c'est bien la foi dans un système de marché dérégulé qui a chuté. Et dans ses supports étatiques ou privés. Or, sans représentation consensuelle, un système économique ou politique ne peut fonctionner.

Thierry Follain

Sources : Los Angeles Times, New York Times, Washington Post, Trends.be

Photo : Paulson et Bernanke devant le Sénat. - Charles Dharapak - Associated Press


mardi 23 septembre 2008

Sustain Lane : les villes américaines engagées dans le développement durable

Le site communautaire Sustain Lane publie chaque année l'indice des grandes villes américaines les plus orientées vers le développement durable. Gagnantes en 2008 : Portland, San Francisco, Seattle. Sustain Lane a également déterminé 6 grandes tendances "durables".

L'indice "Sustain Lane U.S City Ranking" classe les grandes villes américaines en fonction de 16 facteurs, incluant qualité de l'air et de l'eau, développement des parcs et transports publics, ainsi que celui d'une économie locale "soutenable", de bâtiments à haute qualité environnementale, de marchés "fermiers", énergies renouvelables et carburants alternatifs. L'édition 2008 distingue Portland (Oregon)( déjà n°1 en 2007), San Francisco (Californie), Seattle (Etat de Washington), Chicago (Illinois) et New York. Memphis (Tennessee), Las Vegas (Nevada) et Nashville (Tennessee) figurent dans les derniers. Dans l'ensemble, les scores moyens du City Ranking ont augmenté depuis la création de l'indice en 2005.

6 grandes tendances pour des villes durables

Sustain Lane dégage 6 tendances profondes :

Des centre-ville revitalisés. Des villes comme Colombus (Ohio), Oakland (Californie) ou Philadelphie (Pennsylvanie) font revivre leurs centre-ville, y implantent des espaces mixtes d'habitation et d'activité, inversant ainsi la tendance des classes moyennes à fuir vers les banlieues résidentielles.

Retour du "train". Les transports ferrés légers et autres formes de transports publics sont développés dans 13 grandes cités, dont Phoenix (Arizona), Detroit (Michigan) ou Houston (Texas), capitale de l'industrie pétrolière américaine.

Développement des énergies renouvelables. Des villes comme Boston (Massachussets) Portland ou Sacramento (Californie) classent les énergies solaire et éolienne et les économies d'énergie dans leurs priorités.

Multiplication des groupes communautaires. Les "communautés" de voisinage (communities) prennent de plus en plus d'initiatives pour rendre les pratiques quotidiennes durables : jardin communautaires, création d'espaces de vie, et autres. Elles répondent ainsi à l'envolée des prix des carburants (+300% en 5 ans) et au changement climatique.

Influence du "mouvement vert". Les concepts développés par l'informel "green movement" américain influencent de plus en plus les grandes municipalités. Houston (Texas), Atlanta, (Géorgie), Columbus sont parmi les leaders pour le développement de plans répondant au changement climatique, l'habitat économe en énergie ou les biocarburants.

Un cycle favorable au vélo. Le transport quotidien à vélo s'affirme au royaume de la voiture individuelle. Sustain Lane estime que ce trafic a augmenté de 12,3% en 4 ans. En tête : Portland, New-York, Minneapolis (Minnesota).

Le développement durable est donc de plus en plus porté par les initiatives des villes et des citoyens aux Etats-Unis. On pourrait y ajouter celles des états, comme la Californie, en pointe dans le gestion publique et la production de biens et services durables. Ne manque plus que l'Etat fédéral à l'appel.

Sustainlane.com est un guide de l'art de vivre durablement nourri par les contributions des internautes. Ce site permet le partage d'informations et expériences personnelles. Il référence entre autres 200 000 petits commerces proposant produits et services "verts".



vendredi 19 septembre 2008

Google et GE pour une énergie propre

General Electric et Google annoncent leur partenariat pour une énergie propre. Parmi leurs objectifs : créer un "réseau intelligent", système novateur de production, transmission et ditribution d'électricité. Autres axes: la géothermie, les transports utilisant l'énergie électrique.

Nous produisons et distribuons l'électricité suivant les mêmes principes que Thomas Edison, au XIXème siècle. Tel est le constat de ces nouveaux partenaires. Il s'agit donc d'associer les technologies énergétiques de General Electric et la technologie informatique de pointe de Google pour optimiser l'ensemble du cycle énergétique.

Le système issu de ce Clean energy partnership incluerait un réseau électrique intelligent, qui permettra aux entreprises et particuliers d'utiliser l'électricité plus efficacement, et avec des émission réduites de gaz à effet de serre. Système de distribution et appareils électriques pourraient en particulier s'adapter en temps réele à l'offre et à la demande en électricité.

Il s'agit également d'adapter le réseau électrique au déploiement à grande échelle des énergies
renouvelables aux Etats-Unis. GE et la Fondation Google s'intéressent en particulier à la géothermie, à travers l'EGS, programme d'optimisation des systèmes géothermiques. Autre piste : permettre le développement d'une large flotte de véhicules de transport et particuliers électriques, en permettant une recharge facile sur le réseau.

Cette alliance de la "nouvelle économie" et d'un acteur historique comme GE, fondé en 1890, serait donc porteuse d'innovations pour une production et une utilisation optimisées de l'électricité. A noter que l'énergie nucléaire tant vantée ailleurs ne rentre pas dans cette équation.

mercredi 10 septembre 2008

Plan solaire méditerranéen : l'énergie née du désert

Le projet Desertec veut utiliser l'énergie solaire reçue par les déserts sahariens pour fournir l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord en énergie et en eau, tout en préservant le climat. Il pourrait devenir Plan solaire méditerranéen, financé par la toute nouvelle Union pour la Méditerranée.

On pourrait satisfaire l'accroissement de la demande en énergie et en eau en Europe, au Moyen-Orient et en Europe en équipant en centrales thermiques solaires 0,3% de la surface totale des déserts nord-africains. Tel est le principe du projet Desertec, porté par le TREC (Trans-mediterranean renewable energy cooperation), initiative du Club de Rome, de la Fondation hambourgeoise pour la protection du climat et du National energy research center jordanien. Ces centrales solaires concentreraient la lumière du soleil pour générer de la vapeur et actionner des turbines productrices d'électricité (classique). Interconnectées entre elles, et avec des fermes éoliennes installées dans le sud marocain, elles pourraient produire jusqu'à 100 gigawatts d'électricité solaire en 2050. Elles couvriraient ainsi 10 à 25% des besoins en électricité européens. Elles profiteraient d'un irradiation solaire double de celle reçue en Europe du Sud. L'énergie produite, complétée par installations éoliennes et cogénération, permettrait également de dessaler massivement l'eau de mer pour répondre aux besoins en eau des régions productrices. Cette approche renouvelable nécessite évidemment la construction d'un vaste réseau de lignes CCHT (courant continu à haute tension) entre les pays d'Afrique du nord, du Moyen-Orient et l'Europe (d'où une perte énergétique de 10 à 15% lors du transport).

Afrique exploitée, Europe dépendante ?

TREC répond sur son site aux 2 objections qui viennent à l'esprit : N'est-ce pas une nouvelle forme d'exploitation de l'Afrique par l'Europe ? L'Europe ne devient-elle pas ainsi dépendante en énergie vis-à-vis des pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Réponse : Desertec contribuera au développement en Afrique et au Moyen-Orient, fournira des ressources par l'exportation et diminuera l'impact du réchauffement climatique sur ces régions. Par ailleurs, les sources thermiques solaires seront nombreuses et dispersées dans plusieurs pays. Enfin, le solaire étant une énergie renouvelable et non stockable, peu soumise à spéculation, les pays d'implantation des centrales auront peu intérêt à couper l'approvisionnement.

Un nouvel essor avec l'Union pour la Méditerranée

Desertec était jusque-là un projet théorique, reposant sur des études menées par le Centre aéronautique et spatial allemand, et approuvé par Greenpeace. Il pourrait passer au stade de la réalisation avec l'appui de la toute nouvelle Union pour la Méditerranée (UPM), officiellement lancée en juillet dernier, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et Angela Merckel. Les projets de l'Union devraient porter en particulier sur l'approvisionnement énergétique, d'où la conversion du projet Desertec en Plan solaire méditerranéen. Restera à dégager les financements de ce vaste projet. A noter que les lignes à haute tension courant sur des milliers de kilomètres ne sont peut-être pas le summum du développement durable...


Article repris sur :

dimanche 7 septembre 2008

Californie : l'industrie chimique en ligne de mire

1,8 milliard d'euros : c'est le coût des 200 000 maladies liées à l'industrie chimique en Californie. Telle est la conclusion d'un étude conjointe des universités de Berkeley et de Los Angeles (UCLA). Les chercheurs américains publient les résultats de leurs recherches dans un "Programme sur l'industrie chimique verte". Celui-ci propose également des solutions basées sur la connaissance des produits toxiques et la recherche de solutions non nocives.

En 2004, 200 000 travailleurs californiens souffraient de maladies chroniques à issue mortelle, comme que le cancer ou l'emphysème, dues à l'exposition aux substances chimiques sur leur lieu de travail. 4 400 morts ont été liées aux mêmes causes. D'où un coût direct et indirect de 980 millions d'euros. S'y ajoutent 840 millions dûs aux 240 000 cas de maladie infantile résultant de cette pollution.

Alertez les bébés

Bilan encore plus inquiétant si l'on considère que 61 des principaux sites de stockage de déchets toxiques califoniens rejettent directement des substance nocives dans les nappes phréatiques. 94% d'entre eux "représentent une menace majeure pour la santé humaine et pour l'environnement". Les chercheurs estiment par ailleurs qu'un million de femmes californiennes en âge de procréer ont des niveaux de mercure dans le sang supérieurs au taux considérés sans danger pour le foetus par l'Agence américaine de l'environnement. Ils citent des études de biomonitoring menées en Suède qui ont détecté les traces de plus de 100 produits chimiques synthétiques dans le lait maternel, le cordon ombilical et autres fluides et tissus.

Sur la voie de REACH

Le Livre vert élaboré par les chercheurs californiens suggère une démarche similaire au programme européen REACH . Objectif : collecter des données fiables sur la toxicité des produits chimiques, afin que producteurs, régulateurs et consommateurs fassent des choix informés. Ils estiment la démarche européenne plus efficiente que celle de la Loi sur le contrôle des substances toxiques américaine (U.S toxic substances control act). Celle-ci porte sur un "puzzle" de 87 000 substances. Autres pistes du "Program in green chemistry & industrial chemistry" : le renforcement de l'action préventive de l'Agence de l'environnement et l'investissement dans le recherche sur des matières premières, produits chimiques et process de fabrication sans risques pour les humains.

Tout comme en Europe, il y a urgence à mener cette démarche. La production chimique double en effet tous les 25 ans. Elle est supposée augmenter de 330% d'ici 2050.
En Californie comme en Europe, il est urgent de connaître les effets du bain de molécules chimiques dans lequel nous baignons à l'intérieur comme à l'extérieur. Qui pourrait expliquer, par exemple, la montée régulière du nombre de personnes atteintes par un cancer.

photo : panneau apposé dans les parkings californiens


jeudi 4 septembre 2008

Afghanistan : l'échec de la reconstruction

Les intervenants occidentaux présents en Afghanistan ont échoué dans la reconstruction de ce pays. D'où la désaffection d'une population qui ne voit rien venir. D'où le retour en force des Talibans. Tel est le constat d'un rapport de l'Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale sur "le rôle des forces européennes dans les missions de l'OTAN en Afghanistan", publié en mai 2007. Extraits.

Une opportunité a été ratée au début de l'intervention : "De 2002 à 2003, la situation s'est stabilisée autour de ce tryptique : Autorité intérimaire-FIAS-coalition. Les provinces de Kaboul, du nord et de l'ouest du pays étaient sécurisées et stabilisées, le sud était calme et seulement une partie du territoire à l'est demeurait irréductible. C'était là l'occasion de mettre en oeuvre les grandes promesses de reconstruction, d'assistance et d'aide humanitaire faites lors des conférences internationales qui ont suivi celle de Bonn. Or rien de véritablement significatif ne s'est passé aux yeux des population démunies, déstructurées par deux décennies de conflits et en attente des avantages promis par les nouveaux "conquérants" étrangers et les autorités afghanes..."

"Guerre contre le terrorisme" : une priorité non pertinente

"L'effort international, qui était et reste sincère, n'a pas été à la hauteur. L'image de l'Afghanistan d'aujourd'hui, dans ce que l'on désigne comme "Mainstream Media" en anglais, les grands médias nationaux et internationaux, c'est encore la violence, le pavot/opium, le sous-développement, un Islam conservateur. Cette situation est aussi la conséquence d'une approche axée sur la guerre contre le terrorisme aux objectifs flous, et qui fait passer au second plan la reconstruction. Sur les plus de dix milliards promis récemment par les Etats-Unis pour l'Afghanistan, plus des trois quarts sont destinés à des dépenses de sécurité...".


Des ONG à l'action limitée

"Les grandes organisations non gouvernementales se sont regroupées à Kaboul et leur présence et leur impact sur le reste du territoire national sont très limités. Leurs personnels locaux sont une cible de choix pour les talibans et les autres groupes opposés au pouvoir central, qui ont assassiné certains otages et en ont enlevé d'autres pour les échanger contre une rançon ou des prisonniers. Les cadres techniques américains, européens et d'autres pays, tels que l'Inde et la Chine, présents en Afghanistan sont aussi contraints à vivre en huis clos, dans des quartiers réservés, avec des gardes privés. L'industrie des entreprises privées de sécurité fonctionne bien, mais elle n'est pas la réponse au sous-développement économique ni aux attentes sociales d'une population paupérisée..."


Culture du pavot : une activité prospère

"La culture du pavot a augmenté de 59% cette année (2006) pour atteindre l'emblavement record de 165 000 hectares. Près de 2,9 millions d'Afghans sont impliqués dans la culture du pavot, soit 12,6% de la population totale, et les paysans, dans leur majorité, gagnent tout juste de quoi subsister. De nombreux paysans ignorent même que cette culture, qui est leur principale source de revenu, est illégale. La récolte moyenne d'opium rapporte jusqu'à dix fois plus à l'hectare que celle des céréales. En dépit de ce ratio monétaire, le plus fgos des trois milliards de dollars de recettes tombe dans l'escarcelle des seigneurs de la guerre qui contrôlent toujours cette industrie. Les talibans financent leur guerre contre les troupes de l'OTAN en achetant l'opium brut aux paysans et en le revendant avec un bénéfice. Cependant, ce n'est pas un problème que les militaires occidentaux doivent ou peuvent résoudre par leurs propres moyens".
Dont acte.

Une non-solution militaire

Réduire la situation afghane à une guerre contre le terrorisme est une simplification abusive. L'envoi de quelques centaines ou milliers de soldats occidentaux supplémentaires ne résoudra pas le problème. Qu'ils soient ou non bien entraînés et disposent ou non de moyens de reconnaissance aériens. Les projets de développement n'ayant pas abouti, cela n'apportera que peu d'espoir à une population qui ne voit rien venir, si ce n'est des bombardements plus ou moins "ciblés".
De même, le concept de "nation building" (construction d'un nation) importé de l'extérieur a échoué.