vendredi 28 novembre 2008

Ils voient des ours partout, en Ontario

Avec un population de 75 000 à 100 000 ours pour 12 millions d'humains, la province d'Ontario, Canada, voit se multiplier les rencontres plus ou moins pacifiques entre bipèdes et ursidés. Mais les Ontariens résistent vaillamment.

Le Ministère des ressources naturelles de l'Ontario doit le reconnaître : les rencontres entre ours et humains se sont multipliées en cet été 2008. Elles ont atteint le nombre de 694 dans la zone de Parry Sound, contre 251 l'année dernière, à la même époque. Alan Boivin, directeur du Delta Rocky Crest Resort, s'est même plaint de tomber sur un ours chaque matin.

Conséquence : les enfants de l'école de Bracebridge ont dû passer leurs derniers jours de classe enfermés (on peut supposer qu'observer un ours noir vaquer à ses occupations constitue cependant une exaltante expérience).

C'est bien entendu ennuyeux pour les propriétaires d'auberges, cours de golf et campings, qui recommandent à leurs clients de ne pas se balader la nuit (mauvais moment pour aller vider ses poubelles dans celles du camp, par exemple).

En général, les rencontres avec un ours se déroulent bien, chacun retournant à sa propre vie. Parfois, c'est plus sportif. Ainsi, Jeff Herrington, cuisinier à Muskoka de son état, a-t-il commis l'erreur de sortir pour observer l'ours signalé près de sa cuisine. Ce faisant, il a fait détaler l'animal, qui s'est retrouvé coincé par une barrière, et a alors chargé le cuistot, lequel doit être entraîné à la course, puisqu'il lui a échappé. L'animal a reporté sa fureur sur la boutique de cadeaux et une fillette de 12 ans, qui l'a mise en fuite par ses cris ! Ailleurs, un bûcheron est sorti avec quelques griffures d'une séance de close-combat avec un ours contre lequel il se défendait à grands coups de pied... Il n'ont pas froid aux yeux, les habitants de l'Ontario.

La police est appelée pour mettre un terme définitif à l'existence d'ours agressifs et récidivistes, mais cela arrive rarement. Le Ministère des Ressources naturelles se montre même réticent à piéger ces sympathiques animaux (dont les mâles pèsent tout de même 130 à 300 kilos). Et il défend sa politique d'interdiction de la chasse de printemps, décidée en 1999.

L'Ontario étant deux fois plus grand que la France, pour une population de 12 millions d'habitants, on peut dire que les ours noirs mettent de la mauvaise volonté à éviter les humains...

Indispensable : les conseils sur la cohabitation homme/ours publiés par le Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario ("richesses naturelles" sonne mieux qu'"environnement", soit dit en passant).

Article repris par Natura Vox

photo : Clifford Skarstedt - cp

source : Star.com



lundi 24 novembre 2008

Goodpurpose 2008 (TM) : solidaire et durable restent d'actualité


En période de crise, 68% des consommateurs affirment rester fidèles à une marque qui apporte son soutien à une "bonne cause", comme la création d'un avenir porteur d'un monde meilleur. C'est une des conclusions de l'étude Goodpurpose 2008, publiée par le cabinet de RP Edelman. Loin d'être devenues des "boulets", les thématiques solidaires et durables demeurent donc porteuses.

D'après la seconde étude Goodpurpose (TM), pilotée par l'agence de relations publiques américaine Edelman, en période de crise, 80% des consommateurs pensent qu'il reste important pour les marques et les sociétés de consacrer des moyens à des "bonnes causes".

Les causes qui concernent le plus les sondés sont la protection de l'environnement (88%), l'amélioration des soins de santé (86%), la réduction de la pauvreté (84%) et l'égalité dans l'accès à l'éducation (82%). Les consommateurs indiens font bande à part : 79% pensent qu'on en fait trop sur l'environnement; 56% doutent qu'existe un réchauffement climatique. D'où l'intérêt d'inclure les consommateurs des pays émergents dans ce type d'étude, pour modérer les effets de la prise de conscience de leurs homologues occidentaux.

Les composantes de la société les plus attirées par cette approche incluent : les femmes, les mères, les baby-boomers, les enfants, ainsi que les "millennials", sur-consommateurs guidés par les tendances.

Révélation pour le public anglo-saxon : 55% des sondés pensent que l'Etat doit être prioritairement responsable de l'accès égal à l'éducation. 46% lui confieraient volontiers la santé et 40% la réduction de la pauvreté.

8 thématiques éthiques, solidaires et durables

Edelman distingue 8 aires d'action sociale porteuses pour les marques et entreprises : compréhension entre les cultures et diversité culturelle, éducation, arts et culture, environnement, droits de l'homme et droits civiques, santé publique et personnelle, pauvreté et faim, estime de soi, appréciation de soi, droits et protection des animaux.

Le thème de l'estime de soi est déjà familier dans l'univers anglo-saxon, comme en attestent les campagnes de Dove Canada, en particulier le clip Evolution. C'est une piste encore peu abordée dans les pays latins, à ma connaissance.

Good Purpose (TM) 2008 confirme donc la résistance des thématiques solidaires dans un contexte économique difficile. Spécialiste du "marketing social", Edelman y voit la naissance d'une culture populaire mondiale orientée vers l'engagement social, qui entend que cet engagement soit partagé par les marques. Reste à voir à quel point cet engagement dépasse la simple stratégie marketing.



Repères

Etude menée par Strategy One : 6048 interviews entre août et octobre 2008, dans 10 pays : Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni, Allemagne, Brésil, Italie, Japon, Inde, France, Canada. Les Français représentent 8, 33% de l'échantillon.

25% seulement des sondés disent trouver satisfaction dans leur démarche d'achat.

83% veulent changer leurs pratiques de consommation pour faire du monde une better place.

76% des consommateurs préfèrent acheter des marques qui font des donations à des causes de valeur .

69% déclarent être prêts à payer plus des produits "amicaux pour l'environnement".

63% d'entre eux estiment que les marques dépensent trop en marketing et publicité et devraient investir plus dans les "bonnes causes".



samedi 22 novembre 2008

25 novembre : Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

Lancé en 1999 par le Fonds des Nations-Unis pour le Développement des femmes, le 25 novembre est désormais "Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes".

Vaste lutte, le sort des femmes dans de nombreuses régions étant moins qu'enviable. Les violences faites aux femmes et la volonté de nombreuses sociétés d'empêcher leur accès à l'éducation sont d'ailleurs depuis longtemps pointées comme des facteurs de non-développement, durable ou pas.

Diverses manifestations seront organisées en France, pays tout aussi concerné qu'un autre par ces violences, en particulier à Paris.

C'est également l'occasion de découvrir le site de Vital Voices, organisation dédiée à l'investissement dans le "développement des femmes" dans le monde.

Illustration : Béatrice Lalino-Gbado


mercredi 19 novembre 2008

Baghdad : le métro de l'espoir et de la peur

Le métro de Baghdad tente une courageuse réapparition, à travers points de contrôles, explosions, voitures folles, jets de pierre et vaches en maraude. Un reportage qui change de l'ordinaire de l'actualité irakienne, sur le site du Los Angeles Times.

Photo : Saad Khalat, LAT

dimanche 16 novembre 2008

Lingerie : l'écologie dans le boudoir

Eco Boudoir : soutien-gorge et culotte Bamboo
"Tout en l'étreignant, il sentait sous ses mains
les douceurs mêlées de la peau et de l'étoffe.
Tout en l'embrassant, il entendait
le bruissement du vent
dans la masse fluide des bambous"

La volupté irradiera-t-elle le développement durable ? Telle est l'intention d'Eco-boudoir, créée par Jenny White. Un luxe "avec une conscience", une "sustainability" stimulante, voluptueuse et sexy, tels sont les proclamations de cette marque britannique raffinée qui propose tenues d'intérieur, sous-vêtements féminins et accessoires (décoratifs) pour la chambre. De quoi faire ricaner (giggle) le militant écolo ou altermondialiste.

Le site d'Eco-boudoir associe cependant catalogue de lingerie bon chic bon genre et information minutieuse sur les matières et procédés utilisés. Une éducation discrète des masses plus ou moins laborieuses à l'éthique et au durable.

Bambou, soie naturelle et chanvre : 3 grands classiques de la mode éthique

Si douce à porter ou à toucher, l'étoffe en fibres de bambou naturel permet à la peau de respirer. La culture du bambou nécessite peu ou pas de pesticides ou produits phytosanitaires, et c'est une plante éminemment et rapidement renouvelable. Une valeur montante.

Forcément propice au cocooning, la soie des caracos, culottes, strings, peignoirs, coussins et liens coquins d'Eco-Boudoir est produite naturellement. Ni traitements de blanchiment, ni Enamore : Annabel Shorty setformaldéhydes : le fil est traité par une solution de potasse naturelle. Sa confection ne recourt pas au travail des enfants, ce qui rend cette soie encore plus légère à porter.

Eco-boudoir recourt par ailleurs au chanvre, pérenne, hypoallergénique, doux au toucher, qui fait un retour sur la scène via la mode éthique. Econome en eau et en engrais dans sa culture, il est désormais blanchi au péroxyde d'oxygène, en remplacement des nocifs produits chlorés.

Grand-breton également, sensiblement plus kitsch,
Enamore élabore une gamme de vêtements et sous-vêtements à base de lin, soja, coton et soie biologiques et tissus d'époque sélectionnés.

G=9.8, le bois dont on fait la séduction

Lingerie : g=9,8 : soutien-gorge Trinagle, boxer MYAPorteuse d'une séduction plus "sport", plus jeune, plus épurée, g=9.8
propose une gamme de lingerie dont l'étoffe, le Lenpur, est issue de branches de pins. Une étoffe fine, soyeuse, aussi douce que le cachemire. Les teintures non toxiques sont certifiée par Oeko. La production est française, ce qui préserve l'emploi dans un secteur textile bien menacé. Et les prix bien plus doux que ceux de nos amis britanniques.

Plus que jamais, les femmes peuvent avoir le durable et l'éthique à fleur de peau.



Eco-Boudoir et Enamore sont présents sur :
"Nus dans les chanvres". - g=9.8 est sur made-in-éthic.

A consulter : le site de l'
Ethical Fashion Show


Télécharger cet article en pdf 


Modèles présentés : Eco-Boudoir : Soutien-gorge et culotte Bamboo - Enamore : Annabel Shorty set - g=9.8 : Soutien-gorge Triangle, Boxer MYA .



lundi 3 novembre 2008

Véhicules hybrides et électriques : panne de lithium ?

Les batteries lithium-ion sont une solution d'avenir pour les véhicules hybrides et électriques. A condition que le production mondiale de carbonate de lithium pur soit suffisante. Ce que conteste l'étude "Trouble with lithium 2" publiée par le Meridian National Research.

Dans son étude "Trouble with lithium 2", Meridian National Research estime les réserves de lithium chimiquement exploitables à 4 millions de tonnes (contre 6,2 dans une estmation de 2006). Soit une production annuelle de 200 000 tonnes d'ici 2015. Les pays leaders Argentine, Chili et Bolivie exploitent des lacs salés fossiles dans les Andes, dont ils extraient le lithium sous forme de saumure et de concentré. Ils disposent de 70 à 80% des ressources mondiales. La Chine a des réserves difficiles à estimer au Tibet et dans la province du Qingshai. Autres sources : l'exploitation minière en Australie, Argentine, Brésil, Canada, Portugal, Russie et au Zimbabwe.

Lithium pur : trop rare pour l'industrie automobile ?

Le lithium n'est pas rare en lui-même. Il est utilisé dans la production de verre, de céramique, d'aluminium, dans certains polymères, lubrifiants, produits de réfrigération. La production de batteries lithium-ion, destinées aux ordinateurs et téléphones portables n'utilise actuellement que 20% des ressources mondiales de ce métal. Mais elle nécessite un carbonate de lithium à haut degré de pureté. D'après "Trouble with lithium 2" , 30 000 tonnes de lithium chimiquement pur seront disponibles en 2015 pour les fabricants de batteries automobiles lithium-ion. De quoi équiper 1,5 million de véhicules électriques du type "Volt" de General Motors, théoriquement commercialisés à partir de 2010. A comparer avec une production mondiale de 70 millions d'automobiles par an.

Ainsi, en 2007, la consommation de lithium aux Etats-Unis a baissé de 12%. Cause probable : les tensions sur le marché, l'insuffisance de l'offre, alors que la demande de l'industrie augmentait. Les Américains ne disposent en effet que de sites de production déclinants au Nevada. Un projet de développement est cependant en cours à Kings Valley.

Alliance entre constructeurs automobiles et électroniciens japonais

Accoutumés à développer des technologies de pointe sans disposer de ressources nationales en matières premières, les producteurs japonais multiplient les co-entreprises dans le domaine du lithium-ion. NEC s'est ainsi associé avec Nissan (et donc Renault), dans Automotive Energy Supply Corporation. Toyota est associé avec Matsushita, Mitsubishi Motors (partenaire de PSA) avec GS Yuasa dans Lithium Energy Japan. Le leader mondial des batteries lithium-ion, Sanyo, a signé un accord de développement développement avec Volkswagen en mai. Il envisage un rapprochement avec Honda, un autre de ses clients. En France, le groupe Bolloré poursuit le développement d'une batterie lithium métal performance de haute capacité.

Reste une inconnue : les ressources en lithium pur suffiront-elles pour fabriquer les batteries des véhicules hybrides et électriques de nouvelle génération, tout en permettant une baisse des coûts de production... sachant que 2 kg de lithium pur sont nécessaires par batterie. Tels sont les termes de l'équation.

Thierry Follain

Marchand d'Idées

Lithium : production, pollution, alternative

Mauvaise nouvelle pour les flamands roses du Lac d'Uyuni, en Colombie : le rapport de Meridian International Research souligne que la production de saumures de lithium cause "des dommages écologiques irréparables aux écosystèmes". Les auteurs en viennent même à nier la qualification de "véhicules verts" aux automobiles équipées de batteries lithium-ion ! La démarche de Simbol Mining devrait donc recueillir tous leurs suffrages. Cette société américaine aurait en effet mis au point un procédé non-polluant d'extraction du lithium (et d'autres minéraux) à partir des saumures produites par les sites géothermiques. Ce qui lui a valu l'Oscar du 16ème Cleantech Forum. A suivre...

Repères

En 2007, les batteries au lithium équipaient plus de 60% des téléphones mobiles et 90% des ordinateurs portables. La valeur du carbonate de lithium importé aux Etats-Unis a progressé de 49% entre 2006 et 2007, à 3 450 $ la tonne. Au Japon, grand consommateur de lithium pour les batteries, le prix est monté à 7 000 $ la tonne au 1er semestre 2007.

Article repris par Natura Vox



vendredi 31 octobre 2008

Obama : une nouvelle image pour les Etats-Unis ?

Cette photo figure sur le site Obama for America, sur une page appelant à soutenir la campagne du candidat démocrate. La promesse est bien celle d'une famille afro-américaine à la Maison-Blanche, image ethnique des Etats-Unis présentée chaque jour au monde.

On peine à imaginer un cliché équivalent dans une campagne présidentielle française...


Thierry Follain, Marchand d'Idées : la rédaction web au bout des doigts

Thierry Follain, Marchand d'Idées, auteur de ce blog, met ses atout synthétiques, créatifs et rédactionnels au service de sites Web Grand Public. Pourquoi pas le vôtre ?

Parmi mes contributions :

inakis.fr

Portail de la consommation éthique et durable : carte blanche documentaire et rédactionnelle pour la rédaction des entrées Soins et Bien-Etre et Loisirs et Technique.

O & Formes

Rédaction du site de ce Centre de remise en forme associant bien-être, fitness, pratiques auqatiques et kinésithérapie.


Rédaction à fort objectif de référencement du site de Minguet & Lejeune, promoteur immobilier orienté 100% économies d'énergie, sur le thème du "thermo-efficace"

En cours de réalisation : un site d'information concis et pratique sur l'ensemble des secteurs de la communication, sous l'angle de l'éthique, de l'économique et du durable : automobile, habitat, voyages, alimentation, et ainsi de suite. Là encore, carte blanche documentaire, éditoriale et rédactionnelle.

Egalement :

Rédaction en chef et rédaction de la partie "Groupe" du site du Groupe EDF, lors de son lancement.

Votre site peut s'ajouter à cette liste, sur un simple appel au 06 87 29 38 73. Pensez-y !

A bientôt,

Thierry Follain
Marchand d'Idées



jeudi 30 octobre 2008

Green collars : vers une croissance durable aux Etats-Unis

Les "emplois verts", ceux des "green collars", deviennent un enjeu fondamental dans une Amérique dépendante du pétrole, guettée par la récession. Les "green jobs" concernent aussi bien la haute technologie environnementale que la régénération de centre-villes appauvris, dévastés. Objectif : une croissance verte pour les Etats-Unis.

Frappée par la crise des subprimes, la délocalisation de l'emploi industriel et l'éclatement de la nième bulle spéculative, l'économie américaine déprime. Politiciens, syndicats et militants de la revitalisation des centre-villes trouvent une nouvelle source de développement et d'espoir dans les "green collars jobs", métiers liés à l'environnement, aux économies d'énergie et aux énergies renouvelables. Se crée ainsi une 3ème vague de "collars", après les "blue collars" (industrie) et les "white collars" (services).

Une croissance durable pour les Etats-Unis

Le "ticket" démocrate Obama-Biden prévoit la création de 5 millions d'emplois, dans la partie de son programme intitulée New Energy for America. Il projette en particulier 10% d'énergie d'origine renouvelable à l'horizon 2012.

Souhaitant préserver l'emploi, l'United Steel Workers of America (USWA), syndicat de la métallurgie, s'est allié au vénérable lobby environnementaliste du Sierra Club dans la Blue green Alliance, qui vise, quant à elle, la création de 2 millions d'emplois dans les "green jobs for America". Actuellement présente dans le Michigan, le Minnesota, l'Ohio, la Pennsylvannie, l'Etat de Washington et le Wisconsin, l'alliance porte un programme que ne renierait pas notre Grenelle de l'Environnement.

L'USWA fait également partie des 40 syndicats qui soutiennent l'Appolo Alliance. Objectif : viser l'indépendance énergétique des Etats-Unis et le développement d'énergies propres et renouvelables, suivant la proclamation "Clean energy, good jobs". Autres "supporters" : une centaine d'entreprises et 40 associations environnementales et ONG, dont Global Green USA, qui dépend de Green Cross International, fondée par le dernier Président de l'Union soviétique, Mikahil Gorbatchev, conscient des retombées catastrophiques de Tchernobyl en termes politiques, humains et environnementaux.

Face à un gouvernement Bush hostile au Protocole de Kyoto, les forces vives syndicales, politiques et économiques américaines se mobilisent donc pour un futur "vert" libéré de la dépendance au pétrole. Ainsi, le site California Green business Solutions met en relation les acteurs économiques en quête de solutions d eproduction verts et ceux qui en fournissent.

Autre volet des "green collars" jobs, l'immense espace de la recherche et de l'innovation ouvert dans la construction, le transport propre, les économies d'énergie, les énergies renouvelables. C'est aux Etats-Unis que sont nés Plextronics et Nanosolar qui substituent des cellules solaires à couche fines aux coûteuses cellules en silicium. Plextronics produit des encres conductrices d'électricité. Démarche plus globale pour Nanosolar, qui imprime sur rotatives des panneaux solaires à couche mince à haut rendement. D'où une démocratisation prévisible du solaire photovoltaïque.

Régénérer l'emploi et l'environnement dans les centre-villes

Aux Etats-Unis, nombre de centre-ville dégradés sont souvent laissé aux plus défavorisés, aux Afro-Américains, en particulier. D'où une autre approche des "green collars", emplois simples mais indispensables destinés à améliorer l'environnement de ces cités, permettant graduellement aux travailleurs de se qualifier et de s'incorporer dans la société. Au bénéfice de leur quartier et de leur famille.

Tels sont les objectifs d'associations comme Green for All, Sustainable South Bronx ou Urban Habitat. Le cas du Bronx est assez spectaculaire. Ce quartier à la réputation douteuse "accueille" en effet 40% du traitement des ordures new-yorkaises, deux unités de traitement des eaux et 4 centrales électriques. D'où le passage de 60 000 bennes à ordures par semaine. Majora Carter, fondatrice de SSBx a donc lancé son projet sur une idée simple: confier la régénération du quartier à ses habitants, ex-taulards inclus, en formant ceux-ci. Même démarche pour Van Jones, fondateur de Green for All. Dans son livre "The green collar economy", il établit d'ailleurs un lien entre régénération urbaine et développement de l'économie.

Une nouvelle vision du développement américain

On le voit, les "green collars", les "green jobs" sont divers dans leurs obectifs, leur nature et leurs degrés de compétence. Ils reposent tous sur un constat : l'économie et la société américaine ne progresseront désormais qu'en prenant en compte l'environnement, la raréfaction et le renchérissement des ressources énergétiques et la nécessité d'un développement accessible à tous. Des objectifs honorables, quelles qu'en soient les concrétisations.

Thierry Follain

Marchand d'Idées

D'un clic : "Job opportunities for the green economy", étude prospective du Political Economy Research Institute, University of Massachussets.

Sources : Busines Week, International Herald Tribune, TIME, Los Angeles Times, New York Times.

Cet article a été repris par Natura Vox



lundi 20 octobre 2008

Ylang-ylang : la sensualité à fleur de peau

Parée de multiples vertus, dont aphrodisiaques, l'huile essentielle d'Ylang-Ylang a enfin été soumise à des tests scientifiques. Elle fait pour le moins baisser le stress.

Les huiles essentielles ont la cote. Autrefois réservées aux écolos et naturopathes purs et durs, elles envahissent l'espace sensuel, et surtout celui du business des cosmétiques, du bien-être, voire des produits ménagers. Parées de trop multiples vertus, elles font un peu tout et son contraire, à en croire les sites (marchands) spécialisés. L'essence d'Ylang-Ylang, quant à elle, est assez unanimement considérée comme "aphrodisiaque".

L'aube, William-Adolphe BouguereauDeux chercheurs, Tapanee Hongratanaworakit (Université de Bangkok) et Gerhard Buchbauer (Université de Vienne) se sont penchés sur la question. Ils ont testé les vertus de l'absorption transdermique d'huile essentielle d'Ylang-Ylang sur 40 volontaires.

De réels effets physiologiques ont été constatés, incluant une baisse significative de la pression sanguine et une élévation de la température cutanée.

La technique du double aveugle a également été utilisée. Deux groupes-témoin, ayant reçu une applications d'ylang ou d'une substance neutre, ont été interrogés. Les sujets traités par absorption d'huile essentielle d'ylang-ylang se sont ressentis plus calmes et relaxés que les autres. Buchbauer et Hongratanaworakit concluent donc à la pertinence du recours à l'HE d'Ylang pour soulager stress et dépression.

En élargissant les conclusions, on peut effectivement considérer une intense relaxation comme propice aux rapprochements sensuels. Dans l'échange, plus que dans la stimulation automatique, qui semble un peu trop tendance ces temps-ci.


Ceci fit, un doux massage à l'ylang-ylang (ou autre) ne peut pas faire de mal à votr
e libido !

Thierry Follain

Le Cananga en prend pour ses grades

L'huile essentielle d'Ylang-ylang utilisée en aromathérapie est extraite des fleurs du Cananga odorata. Produite à Madagascar, aux Comores et aux Philippines, elle est proposée en 4 ou 5 gradations. Le grade 1 correspond à la première distillation, la plus concentrée, le "4" à la redistillation la plus faible. Certains distributeurs proposent une huile d'Ylang-Ylang "complète", associant gradations haute et basse.

Etude citée : "Effets relaxants de l'ylang-ylang sur les humains par absorbtion transdermique" - Tapanee Hongratanaworakit (Faculté de pharmacie, Université de Srinakharinwirot, Bangkok) - Gerhard Buchbauer (Centre de pharmacie, Université de Vienne). In "Phytotherapy Research", 2006, Vol. 20, n° 9.


Illustration: Allégorie de l'Aube - Bouguereau (1881)



samedi 18 octobre 2008

Biohousing : choisir sa solution chauffage au bois

Choisir son système de chauffage en fonction des facteurs économiques et écologiques, tel est le but du calculateur énergétique mis en ligne par Biohousing. Dédié à la promotion du bois-énergie, ce projet européen est porté en France par l'Ademe et Biomasse-Normandie, association pour la valorisation de la biomasse en Basse-Normandie. Les atouts environnentaux du bois-énergie sont fortement liés, cependant, à la rentabilité énergétique des appareils de chauffage employés.
Biohousing Heating Tool

Le calculateur de besoins de chauffage mis en ligne par Biohousing permet d'estimer rapidement le coût des diverses solutions de chauffage, en associant données sur votre habitation, votre consommation d'énergie et sur les prix des diverses sources énergétiques. Cela demande une expertise minimale, puisqu'il faut renseigner les deux champs suivants : "consommation pour le chauffage", en kW/h/m3, et "consommation pour l'eau chaude", en MW/h/an. Les calculs portent sur une palette de 5 sources : granulés de bois, fioul, gaz naturel, pompe à chaleur énergétique, électricité. Si toutes les données ont bien été renseignées, le calculateur énergétique de Biohousing fournit les "coûts totaux annuels de la chaleur" induits par les diverses solutions.

Biohousing : l'Europe pour les énergies renouvelables

Biohousing est un programme européen dédié à la promotion du bois-énergie dans l'habitat individuel. Le projet Biohousing français est porté par l'Ademe et la région Basse-Normandie. Plus précisément par Biomasse Normandie, association liée au Conseil Général bas-normand, dédiée depuis 1983 à la valorisation énergétique et agronomique de la biomasse.

Le projet Biohousing s'inscrit dans le cadre d'Energie Intelligente Europe, mené par la Commission européenne. Ce programme veut optimiser les conditions pour économiser l'énergie et encourager l'usage de sources d'énergies renouvelables dans l'Union.

Le chauffage au bois respecte-t-il l'environnement à 100% ?

Le site Biohousing publie également un tableau comparatif des solutions énergétiques selon 5 critères : respect de l'environnement, coût des combustibles, coût des investissements, fiabilité de fonctionnement, contrôle et maintenance, couplage avec l'énergie solaire. Le chauffage au bois est le seul à bénéficier de "smileys" souriants pour le "respect de l'environnement". Normal, puisqu'il s'agit de promouvoir la filière bois-énergie. Comme l'indique le document "Le chauffage au bois : des solutions performantes, écologiques et modernes" élaboré par Biomasse Normandie, ce respect est probable pour les poêles ou chaudières à granulés à rendement de 85%. Moins pour les autres modes, en particulier les plus anciens.

La combustion du bois émet en effet des polluants tels que le monoxyde de carbone, les hydrocarbures et les particules très fines (oui, comme le moteur Diesel). On considère par ailleurs que le dioxyde de carbone (CO2) émis est compensé par le CO2 capté par l'arbre durant sa "vie". Sans prendre en compte l'énergie consommée pour l'abattage et le transport.

Autres facteurs à prendre en compte : le surcoût des chaudières à granulés (sciure compactée) ou pellets (bois déchiqueté). Et l'incertitude sur l'augmentation future des prix de ces sources d'énergie, sous-produits de l'industrie du bois ou de l'exploitation forestière (que l'on espère "durable").

Le guide "Le chauffage au bois" de l'ADEME fournit également quantité d'informations pratiques pour passer au chauffage au bois ou optimiser celui-ci.

Rappelons que si vous vous chauffez au bois avec des appareils peu performants, c'est plutôt nocif pour l'environnement, tant du point de vue de la ressource que de la pollution induite !

jeudi 9 octobre 2008

Amendement Ollier : un développement de retard ?

Patrick Ollier, Président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a fait voter par la Commission des affaires économiques un amendement à la Loi Grenelle 1, favorable au chauffage électrique. Mais défavorable au développement durable, ainsi qu'à l'industrie du bâtiment, forte créatrice d'emplois. Un exemple parlant de l'obstination à prolonger un modèle économique français périmé.

"L'amendement Ollier" à la proposition de Loi Grenelle 1 porte un sacré coup de canif à la recherche des économies d'énergie. Il envisage tout simplement de relever de 50 à 120 KwH par m2 et par an l'objectif de consommation énergétique des constructions neuves, à l'horizon 2012. A condition qu'elles soient équipées d'un chauffage électrique. Conséquence : une consommation d'énergie primaire deux fois plus élevée dans l'habitat que celle déterminée dans les travaux du Grenelle de l'Environnement. Levée de boucliers non seulement des "écolos", mais aussi, mais surtout de l'industrie de l'isolation, initiatrice de l'association "Isolons la Terre", et du Club "Construire durable", impulsé par le groupe de presse professionnel Le Moniteur. Sans parler des réserves de la Secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui souligne l'aberration thermo-dynamique du chauffage à l'électricité.

Mais pourquoi économiser l'énergie, après tout ? Pourquoi concevoir des appareils électroménagers peu gourmands en électricité ? Pourquoi "domotiser" les habitations pour une gestion optimale des lumières et du chauffage ? Pourquoi acheter des ampoules basse consommation ? Puisque nous, Français, avons un parc de 58 réacteurs nucléaires à notre disposition ! Beau signal donné aux consommateurs de France, de Navarre et d'ailleurs !

Un modèle de développement français bien dépassé

Plus sérieusement, "l'amendement Ollier" révèle la permanence d'un vieux mal français, cette obstination à faire reposer notre développement sur de grands groupes publics, para-publics ou privés, travaillant ad vitam aeternam sur des technologies "qui ont fait leurs preuves" : électro-nucléaire, motorisation diesel, TGV, agriculture à forte consommation de pesticides... Quelque part entre le défunt Gosplan et le copinage entre élites du public et du privé, acteurs économiques et politiques. Au détriment continuel des PMI-PME, véritables créatrices d'emploi et des indispensables basculements technologiques pour un avenir durable.

Pendant ce temps, dans ce laboratoire du futur qu'est la Californie, l'état, les "business angels", les "start-up", les industriels misent à fond sur la recherche et le développement de technologies novatrices économes en énergie. L'Allemagne domine le marché des éoliennes. Le Japon caracole en tête sur le segment porteur des véhicules hybrides et électriques (ce dont profitera au moins Renault, allié à Nissan).

Monsieur Ollier et ses amis, quant à eux, montent au créneau pour la défense... du convecteur électrique. A quand la relance de la DS (si confortable) et du Concorde (si rapide) ?..

Thierry Follain

Article repris, en version longue, sur :
Natura Vox

Cozop