mardi 15 septembre 2009

Contribution climat énergie : la taxe carbone prélevée sur les ménages et les entreprises épargne l'énergie électrique et les grosses industries

La taxe carbone, ou contribution climat énergie portera sur les consommations d'énergie fossile des ménages et des entreprises. Le Président Sarkozy a arbitré : la contribution sera de 17 euros par tonne de CO2 produite, répercutés sur le prix des combustibles fossiles. Mais pas sur l'électricité, sanctuarisée par l'énergie nucléaire "non polluante" (sic). L'impact sera modéré ou nul sur les secteurs d'activité agricoles et industriels les plus émetteurs de CO2. Pas certain que cela favorise réellement la sobriété énergétique, pourtant souhaitée par le Grenelle de l'Environnement.

17 euros la tonne de CO2, telle est la décision gouvernementale, ou plutôt présidentielle. Mise en place au premier janvier 2010, la taxe carbone devra tout à la fois remplacer les ressources de la taxe professionnelle pour les collectivités locales et demeurer neutre fiscalement. Une gigantesque "usine à gaz" pour lutter contre l'effet de serre !

Nicolas Sarkozy annonce le montant de la taxe carbone : 17 euros par tonne. Entrant en vigueur en 2010, la Contribution climat énergie doit contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. La taxe carbone doit également remplacer les recettes de la taxe professionnelle.- Thierry Follain, conseil éditorial, contenus web et print - http://terrenatale.blogspot.com/Cette contribution climat énergie devrait couvrir 70% des émissions de CO2 françaises, et rapporter à l'Etat 4,3 milliards par an, théoriquement compensés par une réduction d'impôt sur le revenu ou un "chèque vert" pour les ménages non imposables. Et par le différentiel entre ex-taxe professionnelle et taxe carbone, pour les entreprises.

Les calculettes fonctionnent déjà, comme celle du Point, dans : "Taxe carbone : les gagnants et les perdants".

Pétrole, électricité fossile, acier, papier, ciment : non concernés

Concernés par le paquet « climat-énergie » européen, les secteurs du pétrole, de l'électricité (puissance supérieure à 20 MW), de l'acier, du papier-carton et du ciment sont exclus du dispositif de la taxe carbone. 1 400 grands sites industriels en France devront cependant réduire leurs émissions de 21% d’ici à 2020, sous peine de devoir acheter très cher des quotas d’émissions supplémentaires. Actuellement, seuls 4% en moyenne des quotas d’émissions sont achetés par les entreprises. Dès 2013, la moitié des quotas de CO2 sera mise aux enchères, dans le cadre du marché carbone européen.

Dérogations à la française


Cette contribution climat énergie ne devra cependant pas trop frapper les secteurs les plus dépendants des combustibles fossiles : transports, agriculture et pêche. Ceux, en bref, dont le bilan énergétique est le plus mauvais. Négociations âpres à prévoir. Au grand dépit de France Nature Environnement.

Une incitation à privilégier l'électricité pour chauffer les habitations ?

L'électricité a été exclue du champ de la contribution climat énergie. Argument : cette industrie ne produit pas ou peu de CO2, puisqu'elle est à 80% d'origine nucléaire, réputée non productrice de CO2*. Ne serait-ce pas une incitation à équiper les logements neufs en chauffage électrique, plutôt qu'à recourir aux énergies renouvelables, chaudières à condensation, et ainsi de suite ? C'est ce que craint l'association Energies et Avenir, qui regroupe les organisations professionnelles de l'ensemble des métiers de la filière du chauffage et de la production d'eau chaude. Au-delà du lobbying bien entendu, cette question peut en effet être posée.

La sobriété énergétique, quelque peu oubliée

En excluant l'électricité, la taxe carbone ne donne pas de signal fort pour la sobriété énergétique, seule voie porteuse d'avenir. Une sobriété que prône Jean-Marc Jancovici, animateur du Comité scientifique de la Fondation Hulot, portant partisan de la contribution climat énergie. Pessimisme confirmé par Henri Buzy-Cazeaux, président de l'Espi (Ecole supérieure des professions immobilières), qui souligne "l'indifférence des professionnels (de l'immobilier) à la question du développement durable", et donc à celle des économies d'énergie. Les bâtiments économes en énergie sont encore vécus comme source de coûts et donc de prix de vente plus élevés. La perspective d'économies de fonctionnement est donc peu prise en compte. C'est pour le moins étonnant : le logement constitue le 1er poste de dépense des ménages (25 %), loin devant l’alimentation (18 %) et les transports (15 %) (Insee, 2006).

Une seule chose est sûre : le message de la taxe carbone n'est pas très limpide !



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Nucléaire à Zéro CO2 : la grande illusion



Exclure l'électricité de la taxe carbone suppose que :
- 58 unités de production nucléaires,
- une et bientôt 2 usines d'enrichissement de l'uranium (Tricastin),
- un gigantesque complexe de retraitement des déchets (La Hague)
n'émettent pas un gramme de CO2.

C'est plus que douteux.

Sans parler des centrales au gaz ou au fuel mises à contribution par EDF lors des pointes de consommation. En particulier pour compenser la faible souplesse de la production d'origine nucléaire.


Par ailleurs, le mythe de la "propreté" du nucléaire - effluents gazeux et liquides radioactifs , déchets de faible, moyenne et longue activité balayés sous le tapis - constitue une  belle réussite en matière de communication et de constitution d'un imaginaire national. La vague anti-réchauffement climatique et donc anti-CO2 a parachevé ce chef-d'oeuvre.



samedi 5 septembre 2009

Russie, oligarques et chasse au renne

Dans "La chasse au renne de Sibérie", la journaliste économique Julia Latynina nous initie aux tréfonds d'une société russe à la dérive, livrée aux spéculateurs et aux politiciens complices. Le tout avec les codes du thriller.

La chasse au renne de Sibérie, par Julia Latynina - Actes Sud, actes noirs : oligarques et corruption en Russie - La Russie de Poutine, vue par Julia Latynina - Blog with a View :Thierry Follain, web rédacteur : 06 87 29 38 73"C'est le coeur en joie qu'Izvolski rentre de son rendez-vous. Le nouveau directeur de la Régie fédérale a jugé parfaitement raisonnable de confier gracieusement le chantier de la centrale atomique inachevé au combinat métallurgique. Mais sans donation à proprement parler. La régie et le combinat créeront une entreprise mixte avec 74,9% des titres pour AMK et 25,1% pour Atome-Energo qui a quand même financé 98% de la centrale et la construction d'une ville entière, soit la minorité de blocage. Le directeur a laissé entendre qu'on lui avait demandé de rendre ce service au Sibérien qui pouvait donc ranger son bloc-notes sans y tracer le moindre chiffre". Ce passage est caractéristique de "La chasse au renne de Sibérie", de Julia Latynina, chez Actes Sud. Dans ce roman noir, très noir, on chasse peu le renne, mais fréquemment les montages financiers opaques, les vaporisations d'entreprise au profit des comptes offshore de leurs dirigeants et des autorité nationales ou locales complices.

Montage typique de Viatcheslav Izvolski, oligarque à la tête d'un empire industriel sibérien, et de la nébuleuse de sociétés rattachées : "Les firmes de l'usine appartiennent à Izvolski, soit directement, soit par prête-noms interposés. Elles visent à limiter les charges fiscales et à brouiller les pistes. Quant aux autres sociétés, ce sont les ruisseaux qui irriguent les jardins privés. Par exemple, Rail-Acier appartient au chef du réseau ferroviaire local et sert à essuyer les ardoises de fret d'AMK en échange de produits laminés fournis avec une remise de dix pour cent. Quant à la microsociété Akhtarsk-Contract, elle a vocation à graisser la patte des dirigeants régionaux..."

Dans ce thriller russo-financier, l'improbable idylle d'Izvolski avec Irina Denissova, modeste prof de fac, les tourments de Denis Tcheriaga, ex-juge d'instruction passé à l'ennemi, cèdent le pas au match impitoyable entre le nouveau russe et le Président de la banque Iveko, soutenue par le Kremlin, sans parler des intérêts particuliers de la pègre sibérienne ou moscovite.

"La chasse au renne de Sibérie" : une initiation sous forme de roman noir à la société russe, ses destructives pratiques financières, entre troc style Union soviétique et outils financiers mondialisés et, accessoirement, la misère du petit peuple, laminé entre détournements systématiques de fond et corruption endémique.

Une initiation de bonne source : l'auteure, Julia Latynina, est journaliste économique à l'Echo de Moscou, la Noveta Gazeta et The Moscow Times.

Suivez le renne.


La chasse au renne en Sibérie - Julia Latynina - "Actes noirs"/Actes Sud

vendredi 24 juillet 2009

Une décennie d'explosion des hauts salaires : un développement pas vraiment durable

La part des 2 500 salariés les mieux payés dans l'ensemble des salaires a augmenté de 44% en France, entre 1998 et 2005. La croissance annuelle des revenus déclarés des 0,01% les plus riches a été de 42,6% contre 0,6% pour les 90% les moins aisés. Cette dynamique du profit immédiat, concentré entre quelques mains a abouti à la crise économique et financière la plus grave depuis 1929. En France comme ailleurs, le pilier social du développement durable est à reconstruire.

Audrey Hepburn, Diamants sur canapéDans son étude "Les hauts revenus en France : 1998/2006 : une explosion des inégalités ", Camille Landais souligne le fort accroissement des inégalités de revenus constatées en 8 ans. En résumé, les revenus des foyers les plus riches ont fortement progressé, tandis que les revenus moyen et médian croissaient modestement. Le tout avec un objectif de création rapide de valeur, fondamentalement anti-durable.

Croissance mobilière et immobilière au profit des plus riches

Cet écart croissant s'explique partiellement par la croissance rapide des valeurs mobilières et immobilières sur la période. Ainsi, la valeur du capital mobilier (actions, stock-options...) a augmenté de près de 4% par an, contre 0,6% pour les revenus salariaux (par salarié). La valeur des dividendes a augmenté de 48% par ménage (théorique), contre 6,8% pour les salaires et traitements, ce qui traduit la volonté des entreprises du CAC 40 de privilégier les actionnaires. Evidemment, la part des revenus du capital est plus importante dans le patrimoine d'un ménage aisé que dans celui d'un ménage modeste.

L'explosion mobilière et immobilière n'explique cependant pas tout.

Une décennie d'explosion des hauts salaires

Les 1% des Français les plus riches ont en effet augmenté leur part des salaires totaux de 0,6% de 1998 à 2006. Sur la même période, leur part des revenus du capital mobilier croissait de 12%. Seulement, voilà, la masse des salaires en France était 30 fois supérieure à celle des avoirs mobiliers sur la période, soit 500 milliards. L'impact de cette captation croissante des revenus du travail par les plus riches a donc été conséquente. 1% de nos compatriotes ont augmenté leurs revenus salariaux de 3 milliards d'euros en 8 ans.

Ecole d'économie de Paris, Paris School of Economics,Les hauts revenus en France, par Camille LandaisL'auteur du rapport conclut à une véritable explosion des hauts salaires : "Le plus frappant est l'importance de la croissance des rémunérations de quelques milliers de salariés formant la queue de distribution des salaires que l'on peut assimiler aux top managers et aux banquiers et traders percevant les plus gros bonus et intéressements. Leur part dans les salaires totaux a presque augmenté de moitié (+44% entre 1998 et 2005). On a ainsi mis fin à trente ans de relative stabilité dans l'éventail des salaires".

Le système économique financiarisé qui s'est écroulé en 2008 avait donc pour moteur la croissance des plus hauts revenus.

Crise financière : des enseignements durables ?

Le justificatif de cette dérive salariale était la nécessité de recruter et conserver de précieuses compétences. Lesquelles devaient être prioritairement dédiées aux profits à court terme, générateurs de bonus, et à la création de valeur au profit quasi-exclusif de l'actionnaire et des plus hauts revenus. Avec 2 850 milliards d'euros de dépréciation d'actifs en quelques mois, c'est particulièrement réussi.

En résumé, cette course au bien-être des plus favorisés a prouvé sa nocivité économique, sociale et environnementale. Elle s'est révélée, confirmée, anti-durable au possible. Le retour des bonus à Wall Street (14 milliards d'euros prévus cette année chez Goldman Sachs) fait douter que la moindre leçon ait été tirée de cette crise majeure.




"Les hauts revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités ?", par Camille Landais, Paris School of Economics.


Photo : Audrey Hepburn dans "Breakfast at Tiffany's (Diamants sur canapé) de Blake Edwards (1962).

mercredi 15 juillet 2009

Desertec : 400 milliards pour alimenter l'Europe en énergie solaire née du désert

Le projet Desertec vise à construire des centrales solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour couvrir à terme 15% des besoins énergétiques de l'Europe et alimenter les pays producteurs. Coût envisagé : 400 milliards d'euros. 12 entreprises allemandes ont signé la convention qui lance ce projet. Son étiquette "Développement durable" peut être discutée.

Energie solaire Europe, Afrique du Nord : projet Desertec
En septembre 2008, Terre Natale annonçait le vaste projet de production d'énergie solaire Desertec. Celui-ci repose sur un réseau de centrales thermiques solaires à concentration (Concentrating Solar-Thermal Power, CSP) réparti dans les déserts nord-africains et moyen-orientaux.

Le solaire sous haute tension

Pour distribuer cette électricité, les promoteurs du projet, grandes entreprises et gouvernement allemands, veulent construire un réseau de lignes de transmission de courant continu haute tension (CCHT). Ce procédé devrait garantir des pertes inférieures à 3 pour cent par 1000 km de distance. Ces liaisons pourraient être aériennes, enterrées ou posées au fond de la Méditerranée. Projet "durable" ? A chacun(e) d'apprécier.

Une rentabilité conditionnée par les évolutions ultérieures

Comme indiqué par Le Moniteur, le kilowatt-heure produit par ce couple électricité thermosolaire et transport CCHT coûte aujourd'hui entre 10 et 20 centimes d'euros (contre de 3 à 5 centimes d'euros pour le kilowattheure nucléaire)(hors coût du démantèlement des centrales obsolètes). Il pourrait devenir plus compétitif avec les évolutions technologiques et la remontée probable des cours du pétrole.

Une double dépendance énergétique ?

Avec Desertec, l'Europe accroît sa dépendance énergétique envers des pays nord-africains et moyen-orientaux dont la stabilité politique n'est pas garantie à terme.

Le mode opératoire change, mais le modèle reste celui d'une production massive d'énergie basée sur des investissement colossaux (équivalent de 90 réacteurs EPR). Quid de l'autonomisation énergétique et de la réduction des consommations, à niveau de vie égal ?

Et le Plan solaire méditerranéen, dans tout cela?

Prévu pour être pleinement opérationnel en 2050, Desertec pourrait être concurrencé par le Plan solaire méditerranéen porté par l'Union pour la Méditerranée, lancé en novembre 2008. Le conditionnel est de rigueur, cette Union impulsée par la France ayant été prudemment estimée "encore vivante" par Henri Guaino, proche conseiller du Président de la République. Si ce plan devait être ranimé, il semblerait peu "durable" que deux projets de cette ampleur et de ce niveau d'investissements coexistent.

jeudi 9 juillet 2009

EDF : plus 20% sur 3 ans, le prix des EPR ?

EPR à 4,5 milliards d'euros pièce, emprunt de 3,2 milliards, plus de 30 tranches nucléaires à rénover, puis démanteler. Rude problème pour EDF, la politique énergétique française et le consommateur.
Albert Einstein, créateur de la théorie de la relativitéEnoncé :

- Soit un producteur d'électricité historique qui met en chantier 2 réacteurs EPR, pour un coût de 4 à 4,5 milliards d'euros chacun.

- Soit un parc nucléaire de 58 tranches dont la durée d'exploitation pourrait être portée à 40 ans, (ASN, Autorité de sûreté nucléaire), voire 60 ans (EDF), contre 20 à 30 ans initialement. Coût par tranche : 400 millions d'euros.

- Soit un emprunt EDF qui a rapporté 3,2 milliards d'euros.

De combien le producteur devra-t-il augmenter le prix de l'électricité au particulier, afin de trouver les 12 milliards d'euros nécessaires pour prolonger et développer son parc nucléaire ?
European pressurized water reactor, EPR Flamanville, EDFCorrigé :

Pierrre Gadonneix, PDG d'
EDF, souhaite une
augmentation du prix de l'électricité de 20% sur 3 ans, soit un surcoût mensuel de 12 euros par ménage, selon l'UFC-Que choisir.

Energie 80% nucléaire : une exception française qui coûtera de plus en plus cher. Sans parler de la gestion des déchets radioactifs : 1,15 millions de m3, répartis sur 1 121 sites, fin 2007). Volume prévu par l'Andra* en 2030 : 2, 25 millions de tonnes. Ni du coût du démantèlement des REP (réacteurs à eau pressurisée) qu'EDF souhaite donc reporter. Voir le cas-pilote de la modeste centrale bretonne de Brennilis** (procédé graphite-gaz, 70 Mégawatts, contre 1 300 MW pour les tranches les plus récentes). Coût réel : 482 millions d'euros, déterminé par la Cour des Comptes. La Cour s'interroge d'ailleur sur la capacité financière d'EDF à démanteler ses centrales, dans son rapport "Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs", publié en janvier 2005.

On peur difficilement s'en remettre à ce seul modèle productiviste qui arrive à la période la plus coûteuse de son cycle d'exploitation. Il serait temps de privilégier la sobriété énergétique dans l'habitat neuf et ancien,
la remise en état du réseau de distribution moyenne tension français et la création de réseaux intelligents...

Thierry Follain

* Agence nationale de traitement des déchets radioactifs.

** Le démantèlement de Brennilis a commencé en 1997. Les travaux finaux de déconstruction sont programmés pour 2020.




samedi 2 mai 2009

Grippe porcine A/H1N1: pandémie dans les neurones et les médias ?

L'apparition de la Grippe A(H1N1), grippe "porcine" qui plus est, a entraîné un de ces grands mouvements de panique politico-médiatiques auxquels nous sommes accoutumés. Comme en d'autres circonstances, la question n'est pas de connaître la nature de la menace, sa réelle capacité de nuisance, mais d'en diffuser la sensation, la peur. Une possible illustration d'une gestion du monde basée sur la mondialisation du sensationnel.

Ministère de la santé : site officiel sur la pandémie grippale - Grippe A/H1N1
Quelques éléments relevés dans la dernière communication du Dr Margaret Chan, Directrice Générale de l'Organisation mondiale de la Santé.

Premier point : le niveau d'alerte passe de 4 à 5, "sur la base... de toutes les informations disponibles".

Quelles informations, justement ? : "L'OMS et les autorités sanitaires des pays affectés n'auront pas tout de suite toutes les réponses nécessaires, mais elles les obtiendront."

La menace mondiale se précise : "Il est possible que le spectre clinique de la maladie s'étende d'une affection bénigne à une pathologie sévère. Nous devons continuer à suivre l'évolution de la situation pour obtenir les informations et les données précises dont nous avons besoin pour répondre à cette question."

Argument lié à la fragilité accrue des populations des pays "en voie de développement" : "Il s'agit surtout de
saisir l'occasion de faire preuve de solidarité mondiale en recherchant les ripostes et les solutions qui peuvent profiter à tous les pays, à l'ensemble de l'humanité. Car c'est bien l'humanité entière qui est menacée au cours d'une pandémie."

En l'état actuel des choses, l'humanité est menacée par un virus dont on ignore totalement le degré de toxicité. Mais dont on suppose qu'il pourrait avoir de graves effets.


Les chiffres de décès au Mexique, liés ou non directement à la contamination, on n'en sait trop rien, viennent en renfort. Hommes et femmes de média, voire politiciens, servent la cause de la prévention salvatrice. Les journaux radio et télé jouent au poker : ce cas, en France, grippe porcine ou pas ?

Bonne nouvelle pour les Laboratoires Roche, fabricants du Tamiflu : la boîte miraculeuse apparaît dans les journaux télévisés. Accompagnée de conseils : pas la peine de l'acheter à titre préventif, ni de le stocker de peur de disparition du marché. Et surtout pas de l'acheter sur le web
.

N'y a-t-il pas là une double contrainte ?

1 "Voici le remède absolu à cette menace terrifiante, voire mortelle, venue d'ailleurs, du Mexique. Des porcs mexicains, même!"

2 "Mais surtout, ne l'achète pas".


Là comme ailleurs, la vraie question n'est-elle pas : "Doit-on piloter une problématique mondialisée suivant une approche rationnelle, plutôt qu'émotionnelle ?"


Une retombée de la pandémie, sur Nouvelobs.com : "Rugby : Maxime Médard guéri de la grippe A(H1N1)"

12 juillet : La pandémie frappe encore : les 27 enfants et éducateurs "contaminés" par A(H1N1), confinés 4 jours durant dans leur colonie de vacances de Haute-Savoie se portent bien. A travers le grillage, les journalistes constatent que les enfants jouent dehors. Même pas eu besoin de Tamiflu (R). La France respire.


> OMS on line : Grippe pandémique H1N1
> Site gouvernemental sur la pandémie grippale
> INC : "Ne cédons pas à la psychode grippale"

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Discours du Dr Margaret Chan, publié sur le site de l'OMS le 29 avril dernier


" Mesdames et Messieurs


Sur la base d'une évaluation de toutes les informations disponibles et à la suite de plusieurs consultations d'experts, j'ai décidé de passer au niveau d'alerte pandémique supérieur, c'est-à-dire de la phase 4 à la phase 5.


Les pandémies de grippe doivent être prises au sérieux précisément parce qu'elles ont la capacité de se propager rapidement et à tous les pays.


L'aspect positif de la situation est que le monde est mieux préparé pour faire face à une pandémie de grippe qu'il ne l'a jamais été.
Les mesures de préparation prises face à la menace de la grippe aviaire due au virus H5N1 auront été un investissement dont nous récoltons aujourd'hui les fruits.

Pour la première fois dans l'histoire, nous pouvons suivre l'évolution d'une pandémie en temps réel.
Je remercie les pays qui rendent publics les résultats de leurs investigations, ce qui nous aide à comprendre la maladie. Je suis impressionnée par le travail accompli par les pays affectés qui luttent actuellement contre des flambées. Je tiens aussi à remercier les gouvernements des États-Unis d'Amérique et du Canada pour l'appui apporté à l'OMS, ainsi qu'au Mexique.

Je vous rappelle que les nouvelles maladies sont par définition mal comprises. On sait que les virus grippaux ont la faculté de muter rapidement et que leur comportement est imprévisible.
L'OMS et les autorités sanitaires des pays affectés n'auront pas tout de suite toutes les réponses nécessaires, mais elles les obtiendront.

L'OMS va suivre la pandémie de très près aux niveaux épidémiologique, clinique et virologique. Les résultats des évaluations en cours seront rendus publics et diffusés sous forme de recommandations de santé publique.

Tous les pays doivent immédiatement activer leur plan de préparation pour faire face à la pandémie. Les pays doivent rester en état d'alerte avancée pour déceler des flambées inhabituelles de syndrome de type grippal et de pneumonie grave.
À ce stade, les mesures efficaces et essentielles sont notamment une surveillance renforcée, le dépistage et le traitement précoce des cas et la lutte contre l'infection dans tous les établissements de soins. Ce passage à une phase supérieure constitue un signal adressé aux gouvernements, aux ministères de la santé et aux autres ministères, à l'industrie pharmaceutique et à l'ensemble des entreprises pour qu'ils prennent maintenant certaines mesures avec un niveau d'urgence accru et à un rythme accéléré.

Je me suis adressée aux pays donateurs, à l'UNITAID, à l'Alliance GAVI, à la Banque mondiale et à d'autres pour mobiliser des ressources.
Je me suis adressée aux firmes qui fabriquent des antiviraux pour qu'elles évaluent les capacités et toutes les options en vue d'accroître leur production. Je me suis adressée aussi aux fabricants de vaccins qui peuvent contribuer à la production d'un vaccin contre la pandémie.

La principale question qui se pose aujourd'hui est celle-ci: quelle sera la gravité de la pandémie, surtout maintenant à ses débuts? Il est possible que le spectre clinique de la maladie s'étende d'une affection bénigne à une pathologie sévère. Nous devons continuer à suivre l'évolution de la situation pour obtenir les informations et les données précises dont nous avons besoin pour répondre à cette question.

L'expérience passée nous montre que la grippe peut provoquer une affection bénigne dans les pays riches mais une maladie plus sévère avec un taux de létalité plus élevé dans les pays en développement. Quelle que soit la situation, la communauté internationale doit voir là une occasion de renforcer la préparation et la riposte.

Il s'agit surtout de saisir l'occasion de faire preuve de solidarité mondiale en recherchant les ripostes et les solutions qui peuvent profiter à tous les pays, à l'ensemble de l'humanité. Car c'est bien l'humanité entière qui est menacée au cours d'une pandémie.

Comme je l'ai dit, nous n'avons pas encore toutes les réponses, mais nous les obtiendrons.

Je vous remercie."


jeudi 23 avril 2009

Tour Elithis : un bâtiment tertiaire à énergie positive à Dijon

"Plus de matière grise pour moins d'énergie grise", tel est l'esprit de la tour inaugurée par Elithis Ingénierie le 2 avril dernier. Objectif minimal : consommer 20 kWh par mètre carré et par an. Pour cela, la Tour Elithis associe matériaux respectueux de l'environnement, isolation optimisée des façades, intelligence énergétique et production d'électricité photovoltaïque. Elle peut devenir bâtiment à énergie positive en fonction du comportement éco-citoyen de ses occupants.

Tour Elithis, Dijon : immeuble tertiaire à énergie positive - Tour Elithis à Dijon : bâtiment à énergie positive - Tertiaire et économies d'énergie à Dijon - Bureaux et économies d'énergie - Bureaux et sobriété énergétique - Tertiaire et énergie - Terre Natale, blog du développement durable et du bien-être - terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, concepteur-rédacteur - Thierry Follain, web rédacteur : 06 87 29 38 73La maîtrise énergétique, tel est le maître-mot de la Tour Elithis.

Cette sobriété énergétique est générée par la conception-même du bâtiment :
- forme arrondie limitant l'exposition aux influences climatiques,
- larges surfaces vitrées à double vitrage argon avec faible coefficient solaire,
- recours au poteaux mixtes béton/acier,
- façade recourant au bois,
- panneaux isolants à base de ouate de cellulose recyclée,
- bouclier thermique transparent en résille métallique.

L'ossature en béton joue un rôle de stockage thermique, conservant la fraîcheur en été, les calories en hiver.

La climatisation est assurée par un système à régulation mécanique. L'air insufflé sera rafraîchi par un procédé adiabatique, basé sur l'évaporation d'eau. Il doit assurer une régulation thermique passive jusqu'à une température extérieure de 27°.

Le bâtiment étant fortement isolé, la chaleur produite par les occupants et leurs matériels informatiques devrait suffire à assurer le chauffage en période froide. Cet auto-apport calorique est capté par un système de ventilation triple flux.

Elithis a cependant prévu une chaudière à bois en appoint. Sa consommation annuelle est estimée à 10 modestes mètres cubes de granulés.

La sobriété énergétique, c'est intelligent

Le bon vieux thermostat en prend pour son grade. La Tour Elithis accueille en effet plus de 1 600 capteurs et compteurs mesurant les consommations des occupants et la performance des équipements. Ils assurent la régulation quotidienne des flux d'énergie.

La sobriété énergétique est amplifiée par un système d'éclairage sophistiqué. Les circuits sont contrôlés et formatés suivant la zone de travail et l'usage des locaux.

Tubes fluorescents, lampes fluocompactes, lampes à LED : les éléments d'éclairage sont bien évidemment économes en énergie.

Energie positive, fonction du facteur humain

L'immeuble est par ailleurs producteur d'énergie, à travers les 580 m2 de panneaux photovoltaïques qui devraient produire 75 000 KWh (kilowatts-heure) par an. Cette énergie solaire autonome permet de faire chuter le bilan énergétique de la Tour Elithis de 70 à 20 KWh/m2/an.

L'attitude responsable des occupants permettra (ou non) de neutraliser la consommation et même de produire un bilan énergétique positif. Pour ce faire, Elithis a élaboré une charte environnementale que les sociétés occupantes s'engagent à appliquer. Cette charte synthétise recommandations environnementales et objectifs de consommation. Cerise sur le gâteau incitatif, un totem érigé au pied de la tout informe en permanence sur l'énergie produite et l'économie de gaz à effet de serre réalisée.

Ecologique et compétitif

Face à la frilosité des promoteurs, Elithis Ingénierie finance et commercialise lui-même cette tour ! L'atout économique apparaîtra au niveau des charges énergétiques, qui devraient être limitées à 30 euros au m2/an. Parmi les occupants, logiquement : l'Adème Bourgogne !

Le tertiaire, enjeu énergétique majeur

Le secteur tertiaire représente environ 15% de la consommation d'énergie en France, sa part ayant sensiblement augmenté dans les années 1990. Le développement de bâtiments sobres en énergie ou à énergie positive est donc une voie d'avenir.


La France n'est cependant pas en pointe dans la promotion éco-responsable (ni dans l'automobile "verte", d'ailleurs).

Des projets comme la Tour Elithis ou l'immeuble Alpha d'Ubiparc, à Echirolles (Isère) tentent d'inverser la tendance. La démarche d'Ubiparc est orientée vers un modèle de construction industrialisé, reproductible et adaptable. Elle doit produire des immeubles de bureaux basse consommation (42 kWhEP par m2 par an). Là encore, le comportement écolo-citoyen des occupants permettra d'atteindre les objectifs de sobriété énergétique.




Visuels :

Tour Elithis : Le Moniteur.fr
Alpha : Ubiparc


jeudi 9 avril 2009

Eco-quartiers : vitrines municipales ou réels précurseurs d'un urbanisme durable ?

L'éco-quartier à la française serait trop souvent la vitrine éco-responsable d'une municipalité, plutôt qu'une réelle transformation des pratiques d'aménagement et d'urbanisme. Tel est la thèse de Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, auteurs de "L'urbanisme durable", dans une interview au Moniteur.

ZAC Pujol, éco-quartier, écoquartier à ParisEn considérant 100 projets d'éco-quartiers français, Catherine Charlotte-Valdieu et Philippe Outrequin soulignent le danger de voir ces zones "vertes" s'affirmer comme "réserves à bobos" déconnectées de la réalité urbaine.

4 défauts des "quartiers verts" français :

* Manque d'approche systémique,
* Conception d'ilôts écologiques au sein d'une ville, où est négligé le rapport au reste de la ville,
* Concentration des démarches écoresponsables sur l'habitat neuf, alors que la rénovation urbaine devrait être prise en compte,
* Attention excessive portée à l'esthétique, faiblesse de l'expertise en ingéniérie (une vieille lacune des architectes français).

3 enseignements pour un urbanisme responsable :

* Un écoquartier ne doit pas être unique, mais reproductible.
* La concertation avec les habitants et leur implication est un élément fondamental de réussite d'une zone durable, comme le démontre l'exemple grand-breton. Une démarche participative qui devrait être développée par l'ANRU (Agence nationale de la rénovation urbaine), selon Philippe Outrequin.
* Le partenariat entre les divers acteurs des projets (promoteur, fournisseur d'énergie, collectivité locale...) permet une réelle optimisation des quartiers verts.



"L'écoquartier ne doit pas être une enclave écologique pour bobos", sur lemoniteur.fr.

A lire : "L'urbanisme durable. Concevoir un écoquartier", Le Moniteur Editions.

L'ouvrage permet aux décideurs d'intégrer tous les enjeux du développement durable dans un projet urbain.

Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin rappellent le cadre de référence, national et européen. Ils décrivent diverses démarches d'aménagement et de renouvellement urbain au Canada, en Suède, en Grande-Bretagne (Bedzel), en Espagne, à Rennes et Nantes.


Les auteurs proposent une méthodologie de développement durable aux différentes échelles de territoire, du bâtiment jusqu'à la ville, en passant par le lotissement, le quartier ou le secteur. Ils exposent les bonnes pratiques en matière de gestion du sol, aménagement des espaces publics, gestion de l'eau et des déchets, énergie, déplacements...

"L'urbanisme durable. Concevoir un écoquartier" permet aux professionnels de l'urbanisme d'élaborer de véritables stratégies territoriales et patrimoniales durables.
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* Catherine Charlot-Valdieu est présidente du Réseau européen pour un développement urbain durable (Suden). Philippe Outrequin est le fondateur du cabinet-conseil La Calade

* Illustration : ZAC Pujol, projet d'éco-quartier dans le quartier de La Chapelle, Paris.




mardi 31 mars 2009

Les Américains consomment de plus en plus de produits durables, pour des raisons variant avec leur catégorie sociale

Ecolos-centrés, gestionnaires respectueux ou traditionalistes assurés, un nombre croissant de consommateurs américains dirigent leurs achats vers les produits bio, amicaux avec l'environnement ou issus du commerce équitable. Chacun avec ses valeurs propres. La communication sur le "durable" devra donc s'adapter aux attentes des diverses catégories économiques et sociales.

L'institut américain IRI classe les consommateurs américains en 8 catégories, des plus "verts" au plus hostiles au durable :

* Ecolo-centrés : militants

Engagés dans diverses activités écologiques, les écolo-centrés sont à la pointe du shopping vert. Ils sont hostiles aux tests sur les animaux et bien informés sur les techniques de fabrication des produits. Ils sont prêts à payer plus cher les produits respectueux de l'environnement et de la santé du consommateur.

Les écolo-centrés appartiennent aux strates supérieures de la classe moyenne : 33% d'entre eux gagnent plus de 75 000 euros par an. En 2008, leurs achats bio et durables ont legèrement décru en valeur (moins 6,6%). Raisons : la hausse des prix et le fait qu'ils ont déjà largement intégré les produits et services "verts" à leurs pratiques de consommation.

* Gestionnaires respectueux : pour le bien commun

Idéalistes, ils sont concentrés sur les valeurs du bien commun et cultivés. Leurs achats sont liés à des enjeux environnementaux précis. Hispaniques à 86%, ils acceptent également un surcoût "durable".

38% des régisseurs respectueux gagnent moins de 26 000 euros par an. Ils ont augmenté leurs achats "verts" de 15,5% en un an.

* Traditionalistes assurés : donnant-donnant

Le travail, la famille, la sécurité sont leurs valeurs de référence. Ils entretiennent leur habitation suivant les critères d'un haut niveau de responsabilité environnementale. Ils testent les produits bons pour l'environnement qui génèrent également des économies pour leur budget familial.

Les traditionalistes sont Causasiens à 94% (moyenne nationale : 77%). 52% d'entre eux gagnent entre 26 000 et 75 000 euros par an. Leurs achats durables ont progressé de 8,4% de 2008 à 2009.

* Mères nourricières frugales : objectif survivre

Ce sont des femmes attentives à l'équilibre de leur budget, à revenus modestes. Economisant au maximum, elles recherchent des produits sains et de qualité.

* Individualistes sceptique : négligents

Hommes à hauts revenus, d'un niveau d'éducation élevé, ils ne sont orientés ni vers la communauté ni vers une quête spirituelle. Ils demeurent sceptiques sur les initiatives "vertes" des marques et sociétés.

41% d'entre eux ont un revenu supérieur à 75 000 euros par an.

* "Eco-chic" : compulsifs

Ces jeunes adultes considèrent l'éthique, le durable comme innovateur et tendance. Ce sont des acheteurs impulsifs et consommateurs précoces, attentifs à acquérir les produits chics, innovants et verts avant les autres. Ils adhèrent à la cause environnementale sans vraiment en creuser les implications.

* Eco-ignorants : pas concernés

Jeunes acheteurs à bas revenus, ils ne font pas la liaison entre leur comportement et ses conséquences sur l'environnement.

* Eco-méchants : foncièrement hostiles

Hommes de la classe moyenne résidant dans des villes petites ou moyennes, ils voient le monde sans nuances. Hostiles ou ignorants des enjeux environnementaux, ils ne recherchent pas le moindre produit écologique.

Communiquer "durable" : une approche forcément segmentée


Les écolos-centrés sont logiquement la seule catégorie à considérer la préservation de l'environnement et l'avenir de la planète comme critère d'achat primordial. Un tiers d'entre eux peut appliquer cette approche en raison de revenus largement supérieurs à ceux de l'ensemble de la population. Les gestionnaires respectueux et les traditionalistes confirmés réagissent avant tout en fonction de leurs valeurs familiales et sociales : communauté, famille, travail, stabilité. Leur intérêt pour l'écologique, le "bio" et le "durable" intervient en complément de ces valeurs. Les éco-chics jouent le rôle de sentinelles pour l'ensemble des consommateurs. Ils témoignent que les valeurs durables sont devenues une tendance marquante de la société de consommation. Mais aussi que l'adoption de produits "verts" peut être déconnectée des enjeux de fond. Individualistes sceptiques et éco-méchants adoptent des comportements nés de l'égoïsme nanti ou du conservatisme de base, "anti-écolo" par nature (si j'ose dire). Ecolo-candides et Mères nourricières frugales sont guidés avant tout dans leurs achats par leurs faibles revenus. Leurs pratiques de consommation diffèrent en raison de leurs tranches d'âge et de leur responsabilité sociale respectives : post-ados sans attaches précises et mères plus ou moins célibataires en charge d'enfants.

Les valeurs éthiques, pro-environnement et globalement durables se superposent à un substrat économique et social existant. Un discours "durable" de conversion du type "Sauvons la planète !" ne peut suffire. Là comme ailleurs, une approche segmentée, fondée sur les attentes de chaque cible, devra être adoptée par les associations, entreprises, marques et autres agences de communication.



IRI : Times & Trends : "Sustainability : CGP Marketing in a Green World"

Cet article a été repris par Natura Vox

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Etats-Unis : les ventes de produits "biologiques" et durables progressent malgré la crise

La vente de produits respectueux de l'environnement a généré un chiffre d'affaires de 25 milliards de dollars aux Etats-Unis, contre 21,2 en 2007. La nourriture et les boissons contribuaient pour 94,4% à ce résultat. Un sondage Harris Interactive réalisé en août 2008 a révélé que 79% des consommateurs ne voulaient pas faire de compromis sur la qualité de la nourriture. 70% déclaraient acheter le même montant de produits naturels et bio qu'auparavant.

Les produits issus du commerce équitable ont réalisé des ventes de 37,9 millions de dollars. Le concept se répand rapidement chez les consommateurs américains. 67% d'entre eux associent l'"organic"au café à 67%, au thé à 48% et aux fruits frais à 44%. Ce qui n'est pas un mince exploit au pays de la peu équitable Chiquita Brands Products, ex-United Fruit (chiffre d'affaires de 4,6 milliards de dollars en 2007).


dimanche 22 mars 2009

Biosphere Home Farming : une ferme écolo à domicile

Une ferme écologique qui fonctionne en toute autonomie à votre domicile ? Tel est le projet "Biosphere Home Farming" de Philips.

Un ensemble Biosphere Home Farming met en synergie poissons, légumes et algues. Vous alimentez cette ferme "hors-sol" avec les restes de votre cuisine. En échange, elle produit nourriture, eau filtrée et gaz de cuisine.

Philips : Biosphere Home Farming, site Terre NataleBiosphere home farming" est supposé produire des centaines de calories par jour sous forme de poissons, légumes, herbe, plantes et algues. Il inclut un digesteur de méthane qui produit chaleur et gaz pour alimenter l'éclairage, les algues fournissant l'oxygène nécessaire aux poissons. Les plantes fixent le CO2.

C'est une expérience originale de culture hydroponique, basée sur un substrat neutre (perlite, argile, laine de roche, fibres de coco), l'introduction d'éléments nutritifs et le recyclage de l'eau. Elle exige évidemment un fonctionnement parfait des divers éléments du cycle.

Récompensé par un IF Design Award, le Biosphere Home Farming ne sera pas commercialisé avant 10 ou 15 ans. Ce qui suppose que le management de la maison Philips ne change pas d’ici là. Fort improbable.
Piste pour un futur surpeuplé ou leurre écolo-bobo ?..

jeudi 19 mars 2009

Thierry Follain sur lapageverte.com : mobilité électrique avec Better Place, prêt Eco-PTZ pour l'efficacité énergétique

Better Place : l'automobile comme service durable

En séparant propriété de l'automobile de la location des batteries et de l'abonnement à la recharge en électricité, la société californienne Better Place crée un nouveau modèle du déplacement automobile. Avec Renault-Nissan.

Eco-PTZ : financer la performance énergétique

Avec le Prêt écologique à taux zéro, propriétaires et sociétés civiles immobilières peuvent financer leurs travaux destinés à optimiser l'efficacité et la performance énergétique. Descriptif et mode d'emploi.

Le tout sur lapageverte.com, magazine écocitoyen dont j'ai assuré la rédaction et prends en charge la mise à jour.