vendredi 22 janvier 2010

Les enfants haïtiens adoptés accueillis à Roissy par Carla Bruni et la Croix Rouge : couvertures de survie ou couverture médiatique ?

Tremblement de terre d'Haïti - Carla accueille les enfants haïtiens à l'aéroport de Roissy - La Croix Rouge ramène en France les enfants haïtiens adoptés - Terre Natale, le blog du Développement durable - terrenatale.blogspot.com - Thierry FollainCe pourrait être une allégorie du XIXème siècle : "La Croix-Rouge et la (Première Dame de) France au secours des enfants victimes du séisme d'Haïti". L'arrivée des enfants adoptés haïtiens, vendredi soir, a bien fait l'objet d'une mise en scène jouant sur la confusion des causes et des effets. Dans une bonne intention, sans doute...

Vendredi soir. Sur les écrans des télés françaises, les enfants haïtiens adoptés arrivent à Roissy. Enveloppés dans des couvertures de survie, ils sont portés par des "sauveteurs" de la Croix Rouge. On dirait qu'ils ont été fraîchement extraits des décombres et emmenés en catastrophe (sic) à la suite du séisme ... Messages : la Croix Rouge les a sauvés, "Carla"est là pour les accueillir. Faites des dons pour Haïti (la meilleure partie) !

Cela ne fait pas honneur, en fait, à la Croix Rouge, Médecins du Monde et consorts, si des enfants qu'ils ont sauvés il y a quelques jours, et soignés, ne peuvent sortir de l'avion en marchant, chaudement vêtus. En fait, ils sont là parce que leurs parents adoptifs français étaient arrivés au terme de leur longues démarches administratives bien avant le séisme d'Haïti. L'Etat français, dans sa grande sagesse, a décidé d'accélérer la délivrance des passeports. Si ça se trouve, aucun de ces petits mômes n'a été extrait du moindre immeuble, du moindre bidonville en ruines. Tant mieux pour eux, d'ailleurs.

Séquence suivante : au lieu de retrouver ces parents qui leur promettent une vie bien différente de celle qu'ils auraient vécu à Haïti, séisme ou pas, les enfants sont filmés en train de jouer sur la moquette de l'aéroport de Roissy, avec de souriants membres de la Croix Rouge. Commentaire : c'est une nécessaire étape d'adaptation. C'est surtout une image sans prix pour la vénérable et estimable ONG.

Couvertures de survie contre couverture médiatique ?

Homme de comm', je comprends bien la nécessité de produire de l'image suscitant une réaction compassionnelle. Par contre, instrumentaliser des enfants dont la vie, jusque-là, a été bien difficile, et accessoirement considérer que le citoyen-téléspectateur ne peut être considéré comme un être de raison me gêne aux entournures...

Ce qui ne diminue en rien l'ampleur de la tragédie haïtienne, cela va de soi.



A lire dans la suite de ce "post", l'article d'Emilie Cailleau intitulé "Polémique sur les dons pour Haiti", le 6 février sur L'Express.fr. Avec 11, 5 millions d'euros collectés en France, la Croix Rouge est en fait loin derrière la Fondation de France (24 millions). Explication : avec le sens de la nuance qui leur est coutumier, les grands médias ont lancé une campagne associant aide humanitaire à Haïti et Fondation de France (laquellle effectue sa propre sélection d'ONG qui auront accès à ces fonds).

Séisme de Haïti : Médecins du Monde en action - Médecins du Monde annonce que les dons d'urgence envoyés maintenant vont être répartis entre HaÎti et d'autres lieux d'action humanitaires - L'action de Médecins du Monde à Haïti - Rony Braumann de Médecins du monde s'interroge sur le monopole de la Fondation de France aurpsè des grandes radios et télévisions françaises - Fondation de France, Haïti - Terre Natale, le blog du Développement durable - Thierry Follain : 06 87 29 38 73 Médecins du Monde annonce d'ores et déjà à ses donateurs que la phase d'urgence est dépassée à Haïti, et que les dons en ce sens seront affectés à d'autres théâtres humanitaires mondiaux. Comme en plus cette ONG fait beaucoup pour les délaissés de la société française, "quart-monde", sdf et autres jeunes laissés à la rue, toute ma sympathie lui est acquise !

T.F


mercredi 20 janvier 2010

RTE, filiale de distribution électrique d'EDF, annonce une faible baisse de la consommation d'électricité en France, en 2009


Alors qu'on parle d'économies d'énergie, où en est la consommation d'électricité en France ? Faible baisse globale mais progression hors industrie, augmentation des importations, voilà ce que révèle le bilan électrique français 2009 présenté par RTE, filiale de transport d’électricité d’EDF. Quant à l'éolien, il pointe le bout de son ailette, avec une part de production d'1,5%.


Comme prévu, la crise économique a fait reculer la consommation d'électricité en France, moins 1,6% en 2009. C'est peu, si l'on compare avec les baisses de 6% en Belgique, 5% en Allemagne, 4,6% en Espagne. La consommation sur l'année se monte à 486 Terawattheure* (TWh), contre 495 en 2008. Le secteur industriel a baissé sa consommation de 8,7% par rapport à 2008 (12,6% par rapport à 2007). Mais sa demande est repartie au dernier trimestre. bilan énergétique français 2009, par RTE - consommation d'électricité de la France en 2009 - consommation d'énergie française en 2009 - Terre Natale, le blog du Développement durable - terrenatale.blogspot.com - Edité par Thierry Follain, conseil éditorial, web rédacteur, sites internet : 06 87 29 38 73 - Thierry Follain, rédacteur énergie, rédacteur énergies nouvelles, rédacteur sobriété énegergétique, Thierry Follain, rédacteur BTP économies d'énergie, rédacteur BTP sobriété énergétique, Thierry Follain, rédacteur BTP RT 2005, rédacteur RT 2012, rédacteur BBC - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73Quant aux citoyens, secteur tertiaire et services publics, leur consommation d'électricité a crû de 2% en 2009.

La recharge des appareils nomades contribue aux pics de consommation d'électricité

Le 17 janvier 2009, RTE a constaté un pic record de consommation à 92 400 Mégawattheures* (MWh). On s'en est approché le 12 janvier 2010, avec 91 600 MW. On anticipait 93 000 MW, si les grands froids s'étaient maintenus. Point intéressant : parmi les causes des pics élevés, RTE désigne la multiplication des appareils nomades (téléphones, baladeurs audio et vidéos, portables), dont les batteries sont mises en recharge aux mêmes heures le soir.

Voilà qui est prometteur pour le jour encore lointain où des dizaines, voire des centaines de milliers de voitures électriques verront leurs batteries lithium-ion ou autre mises en charge aux mêmes heures…


Pointes à 100 000 Mégawatts à l'horizon 2015


D'après RTE, les pointes de consommation devraient atteindre 104 000 MW en 2015 et 108 000MW en 2020. Comment alimente-t-on notre pays toujours plus gourmand en énergie ? Avec le nucléaire, bien sûr, en petite forme avec ses tranches de production arrêtées pour maintenance : 380 Térawattheures (TWh), soit soit 380 000 MWh, en 2009 (moins 6,8%).

Plus souple, mais soumis à la faiblesse des précipitations, l'énergie "verte" (ou bleue) qu'est l'hydraulique a reculé quant à elle de 9,2%, à 61, 8 TWh. Résultat, la production à base de combustibles fossiles a crû de 3,1%, à 54,8 TWh.

Tout cela ne suit pas exagérément la voie du Grenelle de l'Environnement.


L'énergie éolienne monte en charge, l'intelligence du réseau aussi


Seule nouvelle qui réconfortera les âmes écologiques et durables, mais pas les citoyens anti-vent : l'éolien affirme sa progression, plus 39,9%, pour atteindre 7,8 TWh. Soit 1,5% de la production d'électricité nationale, ce qui commence à faire sérieux. Cette ressource est certes intermittente.

RTE
joue donc la carte du réseau intelligent avec son nouvel outil de prévision IPES (Insertion de la production éolienne et photovoltaïque dans le système électrique).

Ressource éminemment renouvelable, la production à base de biomasse a progressé, quant à elle, de 7,5% à 4,4 TWh. Une piste pour les producteurs agricoles français. L'Allemagne, par exemple, compte aujourd'hui 4000 unités de méthanisation à la ferme, qui deviennent, pour certaines, une ressource financière constante et autonome pour l'exploitant.


Un marché de l'électricité qui s'internationalise

D'après le bilan électrique français 2009, la France est restée exportatrice d'électricité sur l'année 2009, avec un solde positif de 24,6 TWh exportés. En recul de 47% par rapport à 2008 et de 66% par rapport à 2002, une année record. Notre pays demeure le premier exportateur européen devant l’Allemagne (22 TWh en 2008).

Il perd cependant du terrain par rapport à la Belgique et à l’Allemagne : en 2009, la France a été importatrice nette pendant 57 jours, contre seulement 20 en 2007. Question de marché : RTE a importé de l’énergie moins chère, à l’étranger. Ce qui souligne "l'européanisation" du marché de l'électricité.


Pas très sobre, tout cela…


La tendance globale n'est donc pas à la sobriété énergétique. La France résout le problème en s'en remettant très majoritairement au nucléaire (82,9% d'après ma dernière facture EDF).

A ce propos, le réacteur EPR de Flamanville verrait sa date de mise en service repoussée de 2 ans, d'après Le Figaro. Ce qui mettrait la mise en service à 2014, pour une
commercialisation de l'électricité produite en 2015.


La production massive et centralisée d'électricité n'est pas un long fleuve tranquille.

Thierry Follain


* Watt is this ?


Wattheure (Wh) : unité de mesure d'énergie correspondant à une puissance d'un watt pendant une heure.

Mégawattheure (MWh) : 1 million de wattheures

Térawattheure (TWh) : 1000 milliards de wattheures, ou 1000 Mégawattheures.


EDF, AREVA : conflit sur le retraitement des combustibles irradiés des centrales nucléaires françaises

Les Echos : Conflit entre EDF et Areva sur le retraitement des combustibles nucléaires en France - Areva, filière recyclage - Areva, filière de retraitement des combustibles usés, La Hague - Anne Lauvergeon - Pierre-Henri Proglio, EDF - Energie nucléaire et retraitement - Terre Natale, le blog du Développement durable : http://terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain : conseil éditorial, web rédacteur, sites internet : 06 87 29 38 73Que devient notre filière nucléaire si transparente ? Quelques échos nous en parviennent, à l'occasion d'un conflit entre EDF et AREVA sur le retraitement des combustibles irradiés.

D'après LesEchos.fr, le différent EDF/Areva porte aujourd'hui sur le retraitement des combustibles irradiés, grande spécialité française, exercée à l'usine de la Hague (Cotentin). Elle permet d'extraire des combustibles "usés" (appellation officielle) de l'uranium et du plutonium. Ce "recyclage" représente environ 10% du chiffre d'affaires d'Areva.

20% des combustibles retraités proviennent de producteurs étrangers (Allemagne, Japon, Belgique, Suisse, Royaume-Uni, Pays-Bas), pas mécontents de nous refiler le bébé. Et 80%, donc, du traitement des combustibles irradiés dans les centrales françaises.

On apprend ainsi qu'Areva déplore la baisse du volume à retraiter pour EDF de 1 050 à 850 tonnes annuelles. Chaque année, ce sont donc bien 1 000 tonnes de combustibles "usés" (appellation officielle) qui sont à transporter et retraiter. Sans parler des déchets radioactifs à haute et faible radioactivité, stockés entre autres sur les sites de productions
et à La Hague.

Areva fait par ailleurs des révélations sur les pratiques actuelles d'EDF en tant qu'exploitant de centrales nucléaires. L'électricien national fait désormais appel à un prestataire russe pour une partie de l'enrichissement de l'uranium utilisé dans les centrales. Et à des contractants bulgares pour les services aux centrales. Ce qui pourrait induire une notion moins pointue de la sécurité nucléaire.



Thierry Follain

Photo : Ouest-France


Agression de la comédienne Rayhana : surgissement de l'intégrisme en plein Paris

Journée internationale de la Femme, 8 mars 2010 - Journée de la Femme, Paris, 2010 - Festival au Féminin, Paris 2010 - Rayhana, A mon âge, je me cache encore pour fumer - Terre Natale, http://terrenatale.blogspot.com
L'agression de la comédienne algérienne Rayhana,auteur de "A mon âge, je me cache encore pour fumer", envoie un signal plus qu'alarmant sur les droits des femmes d'origine ou de racines immigrées, en France.

Qu'on puisse simplement envisager de brûler vive une femme en plein Paris est ahurissant. Et traduit d'une façon ou d'une autre l'insertion dans notre société d'un ordre qui n'a rien de "républicain".


Ce signal morbide envoyé par une poignée d'intégristes entre en résonance avec le débat sur une éventuelle loi contre le port de la burquâ en public. Une loi qui constituerait elle aussi un signal, plus qu'un texte applicable.

lundi 11 janvier 2010

dimanche 10 janvier 2010

Burj Khalifa, à Dubaï : plus haute tour du monde et sommet d'un modèle de développement dépassé ?

Plus haute tour habitée du monde, la Burj Khalifa, inaugurée en grande pompe le 4 janvier dernier, est avant tout une opération de promotion immobilière haut de gamme. Elle s'inscrit dans la stratégie de développement d'un tourisme de luxe engagée par l'Emirat de Dubaï, soucieux d'échapper à sa dépendance aux ressources pétrolières. Cet Etat-entreprise prend également, un peu tard, le tournant du développement durable, "nouvelle opportunité d'affaires".

Burj Khalifa, Burj Dubaï, Burj Dubai, tallest skyscrapper in the world - Burj Khalifa, la plus haute tour habitée du monde -  Dubai World - Thierry Follain, rédacteur BTP et économies d'énergie - Rédacteur sobriété énergétique, RT 2005, RT 2012, BBC Effinergie - Thierry Follain,éditeur et rédacteur de Terre Natale, blog du développement durable - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73"Plus que la plus grande tour du monde, Burj Khalifa est un exemple sans précédent de coopération internationale, phare symbolique du progrès, un emblème du Moyen-Orient nouveau, dynamique et prospère !", clame le site du promoteur immobilier Eemaar, possédé à 30% par l'Emirat de Dubaï.

Burj Khalifa est avant tout une opération de promotion immobilière. Avec ses 828 mètres, flêche incluse, elle dépasse l'autre grande tour habitée, la Taipei 101 à Taïwan, de 300 mètres. Un de ces "projets architecturaux démesurés" qui manifestent le potentiel illimité de l'ingénierie et du BTP mondiaux.

Un coûteux rêve immobilier


A la Burj Khalifa vous pouvez occuper un appartement ou un luxueux "sky lobby" jusqu'au 108 ème étage, avec vue imprenable sur le Golfe persique, voire l'Océan indien. Si vous recherchez plus de "marque" et moins de hauteur, votre choix peut se porter sur les "Résidences Armani". Vous pouvez même profiter d'une chute des prix de moitié, ce qui met le mètre carré à moins de 10 000 euros, pas plus cher que les 5ème, 6ème ou 7ème arrondissements parisiens. Une aubaine pour les milliardaires et businessmen du monde entier touchés par la crise. Ils l'ont saisie : la grande majorité des 1 100 résidences de la Burj Dubai sont d'ores et déjà vendues.

Cet édifice, pour l'instant unique au monde, a englouti 330 000 m3 de béton et 31 400 tonnes de barres de fer, pour un coût total d'un milliard d'euros. Il a également failli faire sombrer les finances de l'émirat de Dubaï, touché par l'éclatement d'une bulle immobilière mondiale qui laisse 40 000 logements luxueux en rade.

Burj Dubaï : reflet d'un monde dépassé ?


D'un point de vue "durable", la Burj Khalifa reflète un monde "d'avant". Celui du "toujours plus haut", "toujours plus ambitieux", "toujours plus fort", comme moteur économique et social. Un moteur qui anime toujours les décideurs économiques mondiaux, en particuliers ceux des pays émergent, non freinés dans leurs ambitions par une croissance anémique, des mouvements démocratiques ou l'usure propre au Vieux Monde. Celui qui commence à considérer avec suspicion les résultats de son développement du siècle passé, et doute de son avenir économique. Et qui envisage une gestion intelligente des flux matériels et immatériels, tout aussi créatrice d'emplois et de marge que l'exploitation et la transformation effrénée des ressources naturelles. Tout en effectuant des délocalisations vers les pays à forte croissance.

La Burj Khalifa, quant à elle, est gourmande en énergie, avec ses 36 mégawatts consommés en période de pointe, climatisation en climat désertique subtropical oblige. La plus haute tour habitée du monde semble présenter comme unique caractéristique durable la récupération de l'eau résultant de la condensation sur les parois de l'édifice. L'équivalent de 20 piscines olympiques sera ainsi stocké dans des réservoirs souterrains chaque année. Pas renversant...

Un modèle économique basé sur la création artificielle d'une marque touristique

La Burj Khalifa devait être en fait l'élément-phare d'un nouveau quartier, "Downtown Burj Dubaï", inluant 30 000 appartements et "le plus grand centre commercial du monde" (comme d'habitude). Le tout inscrit dans une stratégie de développement basée sur le tourisme de luxe, greffée sur la transformation de l'émirat en un "hub" financier, aéroportuaire et portuaire mondialisé. Une démarche 100% mondialisée, au profit d'un population native limitée à 2 millions d'habitants et de son émir, Khalifa bin Zayid, également Président de la holding Dubaï World. Un Etat entreprise et centre d'affaires : les libéraux purs et durs en rêvent. Dubaï (et les émirats voisins) l'ont fait.
Burj Khalifa, Burj Dubaï, Burj Dubai, tallest skyscrapper in the world, plus haute tour habitée du monde, Dubai Palm Islands, Dubai World, Thierry Follain, Terre Natale, blog du développement durableComment crée-t-on une marque "Dubaï", alors que ce qu'on a à proposer, c'est un désert en bordure de mer ? Comment attirer les nantis des nantis ? Réponse : les distraire, les occuper, les inviter à consommer 24 heures sur 24, les épater avec des réalisations architecturales révolutionnaires, telles que le le ou et bien oui, la Burj Khalifa. Créer les "Palm Islands", îles artificielles, des hôtels à l'architecture "révolutionnaire", une patinoire olympique, et un complexe "Ski Dubai", avec 5 pistes, dont une de 400 mètres (couverte, bien sûr), le tout dans un environnement entre 25 et 40, voire 50 degrés.

Ce modèle de développement basé sur l'accroissement continuel des richesses a connu un coup d'arrêt avec la crise financière. Celle-ci a laissé l'émirat, ou plutôt "Dubai World", en cessation de paiement en novembre dernier, gel de 17,9 milliards d'euros de dette à l'appui. D'où le secours de l'émirat voisin d'Abou-Dhabi, de son souverain Khalifa bin Zayid et la transformation de "Burj Dubaï" en "Burj Khalifa".

Durable et renouvelables : de nouvelles opportunités de business pour les émirats

En octobre 2008, quatre ans après le lancement de la construction de la Burj Dubaï, le Sultan Ahmed Bin Sulayem, tout à la fois chef d'état et président de la Holding "Dubaï World", a lancé une nouvelle filiale dédiée au développement durable, le "Dubai Natural Ressources World". Dans l'émirat lui-même, cela se traduira par le développement d'espaces verts et la réduction des émissions de CO2.

Leader des Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi a également capté le tournant durable, en organisant le "1er Sommet mondial de l'énergie du futur", du 18 au 21 janvier prochain. Le nouveau positionnement de l'émirat est celui d'un "lieu de convergence des énergies renouvelables". Objectif de Masdar, "la compagnie du futur de l'énergie" : transformer le défi énergétique en opportunités d'affaires.

Ce virage vers le "durable" et le "renouvelable" semble décalé de la commercialisation de "la plus haute tour du monde". Il est pris par des pays-symboles d'un développement basé sur l'exploitation des ressources fossiles et le libéralisme mondialisé. C'est dire si le "durable" est désormais une thématique consensuelle dans les milieux d'affaires les plus endurcis.

A méditer dans votre "sky lobby" au 123 ème étage de la Burj Dubai, avec salle de fitness, piscine intérieure et extérieure, jacuzzi et espace de réception. "Chérie, tu peux régler la clim' à 18 degrés, au lieu de 17 ? Nous devons apporter notre contribution à la lutte contre le réchauffement climatique". "Mais bien sûr, mon gros loup. Au fait, je suis allé faire un tour à la boutique Armani, et devine ce que j'ai trouvé ?! Tu vas a-do-rer ! "

Si vous trouvez cette conclusion un brin sexiste, inversez les rôles : "Chéri"... "Bien sûr, ma grande Louve !"... et ainsi de suite.

samedi 26 décembre 2009

Bilan durable 2009, en France et sur la planète

Année caractérisée par des sommets mondiaux décevants (Sécurité alimentaire, Réchauffement climatique), 2009 a vu l'énergie nucléaire française clignoter, la voiture électrique sanctifiée, les véhicules (plus) propres et la sobriété énergétique des bâtiments encouragés. Pas de progrès marquants encore, dans la mise en oeuvre de solutions "intelligentes" dans la gestion des flux d'énergie. Reste à savoir si la démarche durable est accessible à l'ensemble de la population. Et si elle doit constituer une fin, plutôt qu'un moyen.

Vénus, Boticelli - Sommet climatique de Copenhague, 2009 - Copenhagen Climate Summit - COP 15 2009 - Réchauffement climatique, sommet de Copenhague - Terre Natale, Le Blog du Développement durable - http://terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73FAO, Copenhague 2009 : les sommets sont au plus bas

Mauvaise année pour celles et ceux qui pensent que de grands sommets internationaux consensuels vont régler les problèmes de la planète. Même Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO est déçu des résultats du
Sommet mondial sur la sécurité alimentaire, qu'il a organisé les 16 et 18 novembre ! La Déclaration finale ne précise en effet ni objectifs quantifiés ni échéances précises qui auraient permis de mieux suivre leur concrétisation. En attendant, 1 milliard des 6 milliards 832 millions d’humains souffriraient de la faim. Le discours couramment entendu sur nos ondes est que nous « pourrions » nourrir l’ensemble des habitants de la planète. Admettons... Parallèlement, le thème de la limitation des naissances n’est plus très populaire dans un monde où s’affirment les intégrismes religieux (aux Etats-Unis comme ailleurs), et où Européens et Japonais vieillissants associent décroissance démographique et non-paiement de leurs retraites.

Autre événement international dénué d'objectifs chiffrés : le tant attendu Sommet de Copenhague 2009 sur le réchauffement climatique. 26 pays sur 193 ont laborieusement élaboré l’accord final. Celui-ci reconnaît la nécessité de ne pas dépasser un réchauffement de 2°C, et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% par rapport à leur niveau de 1990, d'ici 2050. Les modalités pratiques seront négociées en 2010...

A part le climat, les grands perdants sont les Nations-Unies, organisatrices du sommet, avec leur inapplicable procédure d’unanimité. Mais aussi l’Union Européenne, snobée une fois de plus par le président américain Barack Obama qui a préféré consacrer son temps à l’autre puissance économique et polluante, la Chine de Wen Jiabao. Les numéros de claquettes perso des chefs d’Etat européens, dont le nôtre, n’ont donc eu que peu d’impact sur l’issue du
Copenhagen Climate Summit 2009.

Après cet « échec », sommes-nous fichus, comme l’affirme la fraction la plus militante et la plus conscientisée? Qui sait… L’attention de plus en plus exclusive portée au réchauffement climatique risque de nous masquer d’autres problèmes impactant notre avenir.


Energie nucléaire : l’avenir est-il radieux ?


En France, la gagnante médiatique de la lutte contre les gaz à effets de serre est l’énergie nucléaire, source principale de notre approvisionnement (88% en 2006). Sur le terrain, l’année 2009 a été moyennement radieuse pour cette énergie théoriquement « Zéro CO2 » . 18 réacteurs sur 58 seront à l’arrêt pour maintenance cet hiver, et RTE, distributeur national, a lancé un avertissement sur de possibles coupures. D’où le recours à l’électricité produite à partir de sources fossiles et à l’importation massive.

Petite forme aussi pour l’EPR français
, qui doit être construit à 3 exemplaires, dont deux en France. Les retards s’accumulent à Flamanville, et EDF ne peut en rejeter la responsabilité sur un partenaire finlandais, comme le fait Areva. L’EPR bas-normand devrait être branché en 2013 sur le réseau. Ce réacteur de 3ème génération a une puissance de 1 550 Mégawatts électriques, contre 1 330 pour les unités précédentes. Il a également été confronté aux objections de 3 autorités de sûreté nucléaire, dont la française, quant à ses process de sécurité...


Qui plus est, la pétromonarchie d’Abou-Dhabi vient de choisir le constructeur coréen Kepco (associé à Westinghouse et Toshiba) pour la construction de 4 centrales de 1 400 MWe. Chiffre d’affaires : 20,4 milliards d’euros. Au détriment des EPR proposés par EDF, GDF-Suez et Areva. Trois mammouths tricolores dont l’association n’est pas sans nuages… La monoculture française des technologies lourdes soutenues par des conglomérats publics-privés et la haute administration trouve là ses limites.


Voiture électrique : une vedette à laquelle on demande beaucoup ?

G
voiture électrique, plan Borloo Voiture verte, Mitsubishi i-miev, Alliance Renault Nissan, Nissan Leaf, Kangoo ZE, Stations Quickdrop,Peugeot iOn, Toyota Prius, voitures hybrides, hybride Lexusrande vedette de l'année 2009, en France : la voiture électrique. Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie a en effet lancé un ambitieux plan "Voiture verte", destiné autant à soutenir une industrie automobile mise à mal par la crise qu'à soulager la planète. Ce plan repose sur l'achat massif de véhicules électriques par les administrations et entreprises publiques, une prime de 5000 euros à l'achat (qui compense un surcoût moyen de 10 à 12 000 euros), la création d'une usine de batteries par Renault à Flins, avec le CEA, soutenue par une aide d'Etat de 125 millions d'euros. Il ne reste plus qu’à déployer un réseau de prises de recharge public et privé. Et à fournir l'électricité nécessaire (voir plus haut).

La voiture électrique ne fera que déplacer une partie de la problématique transports, les véhicules à moteur thermique et hybride devant représenter au minimum 80% du parc en 2020.


Glissement vers une économie de l’intelligence ?


Ce qui apparaît obsolète, c'est le critère de croissance globale de la production et de la consommation. La Chine elle-même commence à réorienter son système productif vers plus d’efficience énergétique. Dans une société de plus en plus basée sur "l'intelligence", au sens anglo-saxon du terme, l'objectif minimal doit être de consommer moins de ressources à confort égal, ou à confort nouveau.

Les réseaux et compteurs électriques intelligents, par exemple, permettront à l’utilisateur final, entreprise ou particulier, de moduler sa consommation en fonction des prix de l’énergie et des sources d’énergie disponibles, en temps réel. Parmi les solutions intelligentes proposées, le Demand response de Cap Gemini. Son objectif est de faire baisser la consommation d’énergie en Europe et d’éviter les pics de consommation. Reste à déployer ces dispositifs intelligents


Développement durable : impulsion citoyenne ou incitation par l’Etat ?


On peut supposer que le citoyen est maintenant au fait des enjeux climatiques. Passer à l’action exige cependant une capacité d’investissement, pour isoler une maison ou acheter une voiture (plus) propre. D’où la politique volontariste d’un gouvernement poussé par la croissance de l’électorat des Verts français, et par les engagements résultant du Grenelle de l’Environnement.

Dans l’immobilier, le dispositif fiscal incitatif Scellier 2011 et surtout l’entrée en vigueur de la norme RT 2012 au 1er janvier 2013 (pour le secteur privé, avant pour le secteur public) favorisent le développement des bâtiments à Basse consommation d’énergie. Véritable puzzle dont on peut choisir les pièces, cette norme pénalise l’énergie électrique en lui attribuant logiquement un médiocre coefficient de conversion de l’énergie primaire en énergie consommable. Elle favorise le photovoltaïque, encore balbutiant. Certains promoteurs font en sorte de conserver l’électricité comme source d’énergie en optimisant les facteurs bioclimatiques et passifs. C’est déjà cela.


Dans le même état d’esprit, le « bonus écologique » a favorisé les voiture rejetant moins de CO2. (comme me l’indiquait le collaborateur d’un équipementier français : « Il est facile de concevoir une voiture qui rejette moins de CO2, mais plus de plomb ou d’oxydes d’azote… »).

Reste à mettre l’industrie automobile française sur les rails de la performance durable. Elle a fortement développé la motorisation diesel, encouragée par la sous-taxation du gazole et une consommation moindre. Maintenant, elle doit s’adapter rapidement aux normes internationales (Euro 5, Euro 6, Tier2Bin5) de plus en plus exigeantes sur les polluants associés au diesel : oxydes d’azote et particules fines.

Lancé sur la voie du « Zéro émission » par Carlos Ghosn, Renault s’appuie sur l'alliance Renault-Nissan pour devenir un acteur majeur de la voiture électrique. Peugeot devrait faire de même avec Mitsubishi.

Le mode de consommation automobile est censé évoluer progressivement, mais on note déjà l’apparition de 4x4 hybrides. Et dans les pays émergents, la possession d’une voiture reste un symbole de progression sociale. Un monde vertueux reposant sur transports publics et bicyclettes semble donc improbable…

Le durable pour tous ?

Rappel au tableau noir : le développement durable est théoriquement fondé sur 3 piliers : environnemental, économique et social. Les sondages régulièrement pratiqués indiquent que le volontarisme « vert » est à son sommet dans les classes socio-économiques « supérieures ». taxe carbone censurée par le Conseil Constitutionnel, rejet de la taxe carbone, quotas d'émission européen, optimisation énergétique, grand emprunt et isolation des logements, enjeux énergétiques et BTP, égalité devant le durable, terrenatale.blogspot.comD’où une possible « fracture durable », entre habitants des centres-villes piétonnisés, au mètre carré coûteux, et ceux des périphéries ou des campagnes.

Le problème a d’ailleurs été posé avec la "taxe carbone", qui va pénaliser ceux qui habitent une maison éloignée de la ville, de leur lieu de travail, et qui se chauffent avec des énergies fossiles. D’où une compensation forfaitaire, qui fait du dispositif une « usine à gaz » (un comble !).
Ou plutôt, "qui faisait", car le Conseil Constitutionnel vient de censurer la "contribution énergie-climat", telle qu'elle est définie dans la Loi de Finances 2010. Motif : elle exempte nombre d'émetteurs-polleurs, au premier rang desquels les grandes industries. Le fondement de cette exemption, l'émission de quotas européens, a été jugé non recevable, ceux-ci étant gratuits jusqu'en 2013.

Fracture dans l’habitat, également. 800 000 logements HLM seront optimisés énergétiquement d’ici 2020. Sur un total de 4,8 millions. Michel Rocard et Alain Juppé avaient souhaité que 2 milliards d’euros issus du grand emprunt soient consacrés à l’optimisation énergétique de l’habitat social. L’arbitrage final est de 500 millions d’euros, et encore sous forme de prêts à taux zéro, destinés à ceux qui possèdent leur logement, donc. La volonté exprimée en septembre par Jean-Louis Borloo de porter le parc social rénové à 1,5 millions de logements a pris du plomb dans l'aile !

La croissance verte détient un atout : elle est tout à la fois indélocalisable et exportable. Les logements à rénover, les réseaux intelligents à développer seront en France. Reste à développer les technologies adéquates, plutôt qu’à les importer, comme nous le faisons pour les éoliennes, les cellules photovoltaïques ou les batteries lithium-ion.

Et le bonheur, dans tout cela ?

« Home », de Yann Arthus-Bertrand, « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot, deux films à grand spectacle, ont mis en scène le réchauffement climatique et le destin fatal de la planète.

Proclamer « on a deux ans (ou autre) pour réagir, après, c’est fichu » risque d’être plus porteur d’angoisse qu’autre chose. La recherche d’un bonheur différent, moins consumériste, ou différemment consumériste, peut être une piste. Sachant que plus les revenus sont modestes, plus les choix sont limités.

Sachant aussi que, contrairement aux militants et convaincus, l'ensemble de la population ne peut fonder son bonheur familial et personnel sur l'emploi d'ampoules basse consommation, le chauffage au bois ou les toilettes sèches, et, par ricochet, la survie de la planète. C'est peut-être dommage (quoique...), mais c'est ainsi. Souligner la dimension "plaisir", "bien-être" du "moins gaspiller"-"moins polluer"-"être plus à l'écoute de soi-même, des autres et de ce qui nous environne" est donc fondamental.

En bref, il n’existe pas une voie unique vers le « durable », et celui-ci est un moyen plus qu'un accomplissement. C’est ce qui en fait l’intérêt et la complexité.


dimanche 20 décembre 2009

Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique : bilan à chaud !

Que reste-t-il du Sommet de Copenhague 2009, porteur de tant d'espoirs chez les militants et populations sensibilisées aux effets du réchauffement climatique? Des prrincipes. Et la confirmation que le dialogue entre Etats-Unis et Chine sera primordial dans les années à venir. Aux dépens de l'Europe, porteuse de bonnes intentions.

Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique - Copanhagen Summit 2009 - Global Warming - Visuel Copyright Thierry Follain - Terre Natale - www.terrenatale.blogspot.com
Une intention : hausse des températures globales limitée à 2 °C.

Dans une vaste perspective, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d'ici à 2050 par rapport aux niveaux pré-industriels, l'objectif affiché de la conférence sur le climat.

Selon un calcul des Nations unies, l'addition des promesses faites à ce jour publiquement par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C, bien au-delà de l'objectif souhaité des 2 °C. Une proposition annexée à l'accord appelle la communauté internationale à conclure un traité contraignant d'ici la fin de l'année prochaine.

Aucun objectif de réduction des émissions de CO2

L'accord de Copenhagen 2009 ne fixe pas d'objectifs chiffrés de réduction d'émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. Pour les pays industrialisés, les objectifs de réduction d'émissions de CO2 d'ici à 2020 ne seront fixés qu'en janvier. L'objectif de l'Union européenne reste de maintenir son objectif de réduire ses émissions de 80 % d'ici 2050. L'UE ne reverra pas à la hausse son objectif de réduction à l'échéance 2020, qui restera de 20 %.


30 milliards de dollars pour les pays les plus menacés

L'engagement collectif des pays industrialisés au Sommet de Copenhague est d'apporter des ressources à l'aide au développement d'un montant total de 30 milliards de dollars. L'Union européenne avait déjà promis de verser 10,6 milliards de dollars sur les années 2010, 2011 et 2012 et le Japon a annoncé à Copenhague 11 milliards de dollars sur les trois ans.

Pas d'Organisation mondiale de l'environnement

L'accord du Copenhagen Summit ne prévoit pas la création d'une Organisation mondiale de l'environnement qui aurait pu vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun. Rattrapage possible lors d'une assemblée européenne pour préparer la conférence sur le climat de Mexico, fin 2010. Le texte précise que les économies émergentes doivent faire le bilan de leurs efforts et en rapporter aux Nations unies tous les deux ans. Des contrôles internationaux sont prévus pour répondre aux exigences occidentales de transparence mais le texte garantit le "respect de la souveraineté nationale".

Protection des forêts : une incitation vague


Le texte de l'accord de Copenhague "reconnaît l'importance de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et la nécessité d'améliorer l'élimination de gaz à effet de serre par les forêts". Il prévoit des mesures "incitatives" pour financer la protection des forêts avec des fonds des pays développés.

Une leçon sur le nouvel ordre mondial

Alliée pour la circonstance au Brésil et au Japon, l'Europe n'a pas fait le poids face au duo Etats-Unis/Chine et aux réticences de la majorité des pays en développement. Une confirmation que l'impulsion politique au niveau mondial se déplace de plus en plus vers un axe Pacifique.Temps fort de la visite de Barack Obama à Copenhague : sa rencontre avec le premier ministre chinois, Wen Jiabao. L'entretien de 55 minutes portait sur les garanties de vérification, le financement de la lutte contre le réchauffement et le niveau des émissions. Le Président américain a également rencontré le Brésilien Lula et le Russe Medvedev, sur les questions de désarmement. Mais aucun dirigeant européen. D'après Le Figaro, Obama "a seulement échangé quelques mots avec les premiers ministres grec et bulgare durant le déjeuner". Voilà qui nous remet à notre place, nous Européens porteurs théoriques du nouvel ordre environnemental.

L'Accord de Copenhague 2009 n'est pas chiffré, donc, mais pouvait-on vraiment l'espérer ? Au moins, les Etats-Unis ont reconnu à la fois l'effet de serre et la nécessité de le combattre, ce qui n'était pas le cas sous la Présidence précédente.

Alors, on est fichus ?!


L'
Accord de Copenhague 2009 pouvait-il, devait-il "sauver le monde" et les générations futures ? Oui, si on résume les troubles de la planète au réchauffement. Pas forcément si on indentifie d'autres sujets d'inquiétude : inégalités persistantes, modèle économique qui favorise la création de classes moyennes minoritaires censées entraîner le reste de la population des pays en développement, démographie non maîtrisée là où la production de ressources est la plus faible, dissémination nucléaire... à chacune et à chacun de compléter sa liste (ce que vous éviterez peut-être en cette période pré-Noël).

Nous aurions de toute façon intérêt à nous pencher dès maintenant sur le compensation des effets du réchauffement. Même si nous arrêtions ce soir de produire des gaz à effet de serre (improbable), la montée de la température n'en serait pas moins d'1,3 °C, d'après l'étude "Avoid : Avoiding dangerous climate change" récemment publiée par le Met Office, le Service météorologique britannique.

lundi 16 novembre 2009

Greenpeace érotise son message dans Forestlove

Greenpeace : new video Forestlove, Come together for forests - Forestlove, le nouveau clip de Greenpeace - Terre natale, le blog du Développement durable - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73La sensualité de la Nature est hardiment célébrée dans le clip "Forestlove" de Greenpeace. Une raison de la protéger qui en vaut bien d'autres.

Reste à savoir si les sympathisants et donateurs de Greenpeace ont une vision aussi olé-olé de la lutte pour un monde durable...

Thierry Follain

PS : Approche plus ludique, en tout cas, que le pragmatique "Getting in on for the good of the planet" évoqué dans le post "My Sex is green".

PPS : "Come together for forests"... les atouts rédactionnels de l'anglais, langage concis aux doubles sens multiples, sont confirmés...



Thierry Follain : Brèves durables : Nucléaire français à l'arrêt, Elus sauveurs d'emploi, Taxe carbone contre BBC, Toyota quitte la F1

EDF : 18 réacteurs nucléaires à l'arrêt sur 59 - Terre natale, le blog du Développement durable
Le nucléaire français n'est plus miraculeux


18 réacteurs sur 59 à l'arrêt cet hiver, dispositifs de sécurité de l'EPR remis en cause par les autorités compétentes anglaises, finlandaises et même françaises... l'électronucléaire français est un peu à la masse en cette fin d'année 2009. Avec, entre autres, une production d'énergie d'origine nucléaire à son plus bas niveau depuis 10 ans. RTE, gestionnaire du réseau, évoque la possibilité de coupures cet hiver... En attendant, il faudra importer du kWh en masse. Les réacteurs à eau légère les plus anciens (Fessenheim, Bugey) ayant été mis en service en 1977/78, les problèmes de maintenance n'ont pas fini de se poser à EDF. Une vraie surprise pour un pays qui vit sur le postulat de l'infaillibilité du nucléaire. Et pour une source d'énergie à laquelle le Président Sarkozy a fixé une mission exportatrice, bénéfique aux soldes du commerce extérieur français. A lire : Les Echos : "La France importatrice d'électricité en octobre pour la première fois en 27 ans".


Station de Porté-Puymorens : les élus renoncent à leurs indemnités

Pour sauver la station de Porté-Puymorens (Pyrénées), il fallait un emprunt de 120 000 €. Pour permettre cet emprunt, les élus de la Communauté de communes de Cerdagne-Pyrénées ont abandonné leurs indemnités. Comme le souligne "La Tribune", "Le sacrifice n'est pas anodin même si ces indemnités, à l'origine, étaient déjà modestes : 500 € par mois, 6 000 € pour l'année ce qui représente déjà une somme dans un budget familial de retraité ou de professeur de lycée." Sur cinq ans, cette concession commune atteindra 30 000 €. Elle contribuera à sauver cent dix-sept emplois dans la vallée du Carol. Comme quoi, il existe bien une France à plusieurs vitesses. Celle qui fonce à nouveau sur les bonus, face à celle qui renonce à des indemnités de service public pour sauver des emplois... Il devrait y avoir un équilibre à trouver.

Taxe carbone et label BBC sont sur un bateau...

La contradiction entre la taxe carbone et le label BBC m'a été exposée récemment par le Directeur technique régional d'un important promoteur immobilier. Fondé sur un système d'attribution de points, le label BBC pénalise en effet le recours à l'énergie électrique, pour cause de conversion médiocre de l'énergie primaire en énergie finale. Le coefficient négatif de coefficient de transformation pour le fioul et le gaz est donc d'1kWh d’énergie finale = 1kWh d’énergie primaire pour le fioul et le gaz, et d'1kWh d’énergie finale = 2,58 kWh pour l'électricité. A l'inverse, la taxe carbone qui entrera en vigueur le 1er janvier 2010 s'appliquera aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, GPL), mais ne frappera pas la consommation d’électricité. Difficile de s'y retrouver.

La F1 n'a plus la cote auprès de Toyota, Honda et BMW

Après Honda et BMW, le constructeur japonais Toyota abandonne les fastes médiatiques de la Formule 1. Cet investissement coûteux (400 millions d'euros en 2008) se justifie moins en période de crise. BMW avait fondé son retrait sur l'incompatibilité entre F1 et développement d'une politique développement durable. De bonnes intentions.

C'est tout pour aujourd'hui, dans le vaste domaine du durable et des nouvelles attitudes qui y sont, y seraient liées !

samedi 10 octobre 2009

Prix Nobel pour Barack Obama : un nouvel avatar de la peopolisation des esprits ?


En désignant Barack Obama comme Prix Nobel de la Paix, le Comité Nobel ne récompense-t-il pas la "peopolisation" du monde, la dictature des bonnes intentions ? Et ne charge-t-il pas le Président américain d'une bien lourde responsabilité ?

Barack Obama, Prix Nobel de la Paix - Obama presidential campaign - Obama HopeBarack Obama, Prix Nobel de la Paix, face à l'opposant au régime chinois Hu Jia ou à l'avocate tchétchène Lidia Ioussoupova ... Ca sonne un peu faux. On peut et veut y lire généralement un "encouragement" à poursuivre une politique orientée vers la Paix.

Ce choix peut aussi illustrer une pente fatale. Celle qui amène les élites occidentales à privilégier de plus en plus l'intention, les bonnes intentions, l'image et le verbe sur l'action concrète. Ce qui est récompensé là semble être un jeune candidat afro-américain qui a mené une campagne pleine d'espoir, plus qu'un Président qui aurait atteint ses objectifs (après à peine 9 mois d'exercice).


Tout bon publicitaire, communiquant ou homme ou femme de médias le sait : ce qui compte, c'est l'image, ce qui a été formaté, mis en scène et est retenu par un grand public qui a autre chose à faire que d'analyser l'actualité du monde 24 heures sur 24 .

Que de graves Nobelistes suivent la voie de l'aide au succès médiatique, politique, à la "peopolisation" bien-pensante serait plus préoccupant.

Sans parler du poids écrasant qui va finir par peser sur le Président Obama, auquel on semble déléguer intégralement le sort du monde. Cela fait beaucoup pour un seul homme.


Obama, Prix Nobel, vu par :

Côte Ouest : Nobel Peace Prize may weigh heavily on Obama : L.A Times

Côte Est : Surprise Nobel for Obama Stirs Praise and Doubts : New-York Times


samedi 3 octobre 2009

Plan Voiture verte : Borloo fait monter en charge la production française de véhicules hybrides et électriques

La Peugeot-Ion, dérivée de la Mitsubishi i-Miev - Terre natale, blog du Développement durable : www.terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, rédacteur, industrie automobile, Thierry Follain, rédacteur du site faurecia.fr, Thierry Follain, rédacteur voiture propre, voiture électrique - Thierry Follain : 06 87 29 38 73Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et de la relance de l'industrie automobile française, Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie a lancé le Plan national pour développer les véhicules propres, le 1er octobre, dont un prêt de 250 millions d'euros accordé à Renault, PSA et Smart. Objectif : 200 000 hybrides et rechargeables en service en 2020. Dans ce contexte, la location de la batterie projetée par Renault-Nissan et Better Place permettrait de surmonter l'obstacle du surcoût des voitures électriques.

«Nous serons le premier pays en Europe à offrir des véhicules électriques au grand public à des prix concurrentiels», a déclaré jeudi Jean-Louis Borloo lors du lancement du Plan voiture verte, jeudi 1er octobre. Le Ministre de l'Ecologie souhaite voir les constructeurs tricolores « prendre une avance considérable sur leurs concurrents ». Pour l'instant, ce serait plutôt un retard conséquent sur les Japonais. D'où un avantage certain pour l'Alliance Renault-Nissan, que PSA compense par sa collaboration avec Mitsubishi.

Objectif : 4 millions de véhicules propres en 2025

L'ambition gouvernementale se traduirait par un parc de 2 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables en 2020, et de 4 millions en 2025. Suivant un process d'entraînement moyennement efficace dans les années 90, La Poste, EDF, Veolia, ainsi que les services de l'État et les collectivités territoriales sont invités à acquérir 100 000 modèles "propres" d'ici 2015. Les acheteurs de voitures électriques bénéficieront du super bonus écologique de 5000 euros (au moins jusqu'en 2012), censé compenser le surcoût généré par une batterie lithium-ion, estimé à 12 000 euros. Les amateurs d'hybrides auront droit à 2000 euros.

Voiture électrique Blue Car, par Bolloré et Pininfarinna - Blog Développement durable Terre Natale - www.terrenatale;blogspot.com

Des bornes de recharge par millions

Un véhicule électrique nécessite logiquement d'être rechargé. Près d'un million de prises sont prévues par le Plan Voiture verte pour 2015. 90 % seront installées au domicile ou sur le lieu de travail, auxquelles s'ajouteront 75 000 bornes « partagées » (voirie, parkings…). Objectif 2020 : 4,4 millions de prises de recharge (dont 400 000 partagées). L'investissement public financera 10%, à hauteur d'1,5 milliards d'euros (dont 900 millions pourraient provenir du Grand Emprunt). 750 millions d'euros seront consacrés au renforcement du réseau de distribution d'électricité (qui en a bien besoin, véhicules électriques ou pas). L'État va demander à ERDF (groupe EDF) de créer une filiale dédiée à ces infrastructures .

Batteries lithium-ion : enfin, une production française

L'un des points faibles des constructeurs automobiles français face à leurs concurrents américains ou japonais, c'est la production de batteries lithium-ion. D'où un investissement étatique de 125 millions d'euros dans le projet de batteries commun à Renault, Nissan et au CEA (Commissariat à l'énergie atomique). Il devrait se concrétiser par la construction d'une unité de production de batteries lithium-ion à Flins,destinée à fournir l'ensemble des constructeurs français. Dont PSA qui traite par ailleurs avec Mitsubishi, GS Yuasa et Zebra. L'usine de Renault Flins bénéficierait par ailleurs d'une enveloppe de 125 millions d'euros, prise sur les 250 millions de prêts bonifiés prévus pour favoriser l'industrialisation des voitures électriques.

Voiture électique Peugeot-Ion, déclinaison de la i-Miev de Mitsubishi - http://www.terrenatale.blogspot.comVers un nouveau rapport à la mobilité ?

Reste à trouver des acheteurs pour les Kangoo, la Mégane et Clio électriques de Renault, la Peugeot-Ion, la Friendly d'Heuliez et la Blue Car de Bolloré. Sachant que la petite Mitsubishi I-MiEV (base de la Peugeot-Ion), fait ses débuts sur le marché japonais au prix 34.000 euros…

Une réponse assez simple se profile : dissocier la propriété du véhicule de celle de la batterie. Carlos-Ghon, Président de Renault, envisage la location de la batterie lithium-ion des véhicules électriques Renault pour un prix d'environ 100 euros par mois. La start-up américano-israélienne Better Place propose, quant à elle, des réseaux de stations de recharge et d'échange de batterie. Ce qui résoudrait en plus le problème de l'autonomie limitée des véhicules électriques. Le tout à un coût avoisinant les 2 euros pour 100 kilomètres. En cours de déploiement en Israël, le réseau Better Place devrait également se développer au Danemark et en Australie (à une tout autre échelle, ceci dit).

Tant que la voiture électrique aura une autonomie limitée, elle demeurera urbaine ou périurbaine et donc concurrente du maillage le plus dense de transports en commun. Son succès dépend par ailleurs du déploiement rapide d'une infrastructure d'alimentation fort lourde.

Thierry Follain

La lente progression des véhicules "propres" : Destinées avant tout à lutter contre le réchauffement climatique, les voitures électriques ne devraient représenter que 3,2% du parc mondial (850 millions de véhicules) en 2025 (estimation du Cabinet Olivier Wyman). Encore faudra-t-il produire l'énergie pour les recharger. Les hybrides devraient représenter 16% du marché automobile mondial à la même époque.

La propulsion électrique est-elle propre ? : La voiture électrique contribue-t-elle à la lutte contre le réchauffement climatique ? Bonne question. Si l'électricité est à base d'énergie fossile, c'est assez improbable. Or, les recharges massives du soir, qui feront appel au parc thermique d'EDF, et aux achats sur le marché européen de l'"opérateur historique" et de ses concurrents privés. La propulsion électrique donne en tout cas un coup de fouet supplémentaire à la production nucléaire nationale. Restera également à déterminer si le nucléaire est bien une énergie 100% "propre", ce qui est un autre débat.

Visuels : pictogramme des bornes de recharge, Blue Car (Bolloré), Peugeot-Ion