samedi 13 mars 2010

M6 : "Medium" : Patricia Arquette et General Motors ouvrent perfidement la voie du 4x4 de ville aux femmes

"Sécurisant" et cocooneux, le 4X4 urbain conquiert une clientèle de plus en plus féminine. Une tendance exploitée par General Motors, à travers une stratégie de placement de produits dans "Medium" et "Ghost Whisperer", séries télé aimées des Américaines. Le marché féminin du 4x4 ou du "crossover" se développe également en France.
Medium, Allison Dubois, Patricia Arquette, Jake Weber, Miguel Sandoval, Ariel DuBois, Sofia Vassilieva, Medium, Season 6, Medium Saison 5, saison 6 - Les femmes et les 4X4 en ville - Femmes et 4X4 urbains - Terre natale - terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, rédacteur, web rédacteur : 06 87 29 38 73Dans un récent épisode de la série "Medium" titré "New Terrain", l'actrice Patricia Arquette loue un 4x4 GMC "Terrain" suite à un accident de voiture. La résolution du mystère en cours passe par la réception de voix humaines via la radio satellite équipant le véhicule. Un paranormal 100% marketing ! Les représentants du constructeur ont en effet collaboré à l'écriture du scénario, le "Terrain" devant jouer un rôle capital dans le dénouement. Medium, Allison Dubois, Patricia Arquette, Jake Weber, Miguel Sandoval, Ariel DuBois, Sofia Vassilieva, Medium, Season 6, Medium, Saison 5, Medium Saison 6 - Les femmes et les 4X4 en ville - Femmes et 4X4 urbains - Terre natale - terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, rédacteur, web rédacteur : 06 87 29 38 73Sans surprise, cette série qui associe scénarios paranormaux et vie quotidienne d'une famille de la "middle class" américaine incluant un mari doux, tolérant, attentionné touche un large public féminin, cible du constructeur.

General Motors : coeur des femmes, coeur de cible

L'épisode "New terrain" s'inscrit dans une nouvelle stratégie de communication de General Motors, qui fait l'impasse sur les campagnes de pub ruineuses ou le sponsoring tout aussi coûteux de grands événements comme les Oscars ou le Super Bowl. Elle vise plus particulièrement les Américaines, à travers le placement de produits dans les séries qu'elles aiment. Les femmes constituent en effet 51% des acquéreurs de voitures neuves et 48% des occasions aux Etats-Unis. Elles influent sur 85% des achats en couple.

Ghost Whisperer, Jennifer Love Lewitt - Terre Natale, terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, rédacteur, web rédacteur : 06 87 29 38 73Même démarche dans la série-culte de CBS "Ghost Whisperer," qui fête son 100ème épisode. Le personnage principal incarné par Jennifer Love Hewitt se marie, a un enfant, a alors besoin d'un plus grand véhicule, et donc… d'un GMC Acadia.

Séries télé + 4X4 : une civilisation est née !

La femme est-elle l'avenir du 4X4 urbain ?


Pas besoin de se brancher sur les séries américaines pour constater l'engouement croissant des femmes pour des "4x4 de ville" toujours plus énormes, toujours plus rutilants. Il suffit de se promener dans les rues de Paris, particulièrement mal adaptées à ce type de véhicule. On y croise de plus en plus de conductrices qui nous dominent du haut de leur siège surélevé, pour se trouver prises dans des embouteillages, accéder difficilement aux parkings, faire du moindre créneau un raffiné supplice et contribuer à la pureté de l'air.


D'après une étude menée en 2003, la conductrice de 4x4 type est urbaine, bien sûr, autonome, âgée de 37 à 46 ans, mère de famille (deux enfants), diplômée (bac + 5) et aisée, cela va de soi : ses revenus annuels oscillent entre 60 000 et 100 000 euros.

Que recherchent ces femmes, à part l'affirmation d'une position sociale aussi élevée que celle de leur 4X4 ? Réponse : le cocooning, la sécurité. Considéré fondamentalement comme un symbole "macho", le tout-terrain urbain est en effet devenu un substitut du domicile. De sa "cabine" surélevée, on domine le monde des voitures d'entrée de gamme peu polluantes, dans une ambiance feutrée, associant confort et isolement magnifique. Et c'est plus sûr pour aller chercher les enfants à l'école. Les rues sont si dangereuses, avec toutes ces voitures…


Comme quoi, le principe de précaution, vertu associée au "durable" peut aboutir à des résultats paradoxaux. Et ce n'est pas fini, les constructeurs de 4X4 urbains développant des modèles hybrides qui pourront revendiquer avec plus ou moins de bonne foi
l'étiquette "verte".

Thierry Follain

4X4 et "crossovers" : 63 000 ventes en France en 2009

L'année 2009 semblait peu propice aux ventes de "4X4", crise économique et financière et absence de prime écologique incluses. Près de 63 000 ont cependant été achetés.

Nissan Qashqai, crossover - 4x4 Nissan Qashquai - Tout-terrain Nissan Qashqai - Les crossover Nissan - Les 4X4 Nissan - Renault Koleos, le crossover français en 2009 - Automobiles vendues en France en 2009 - Marché automobile français en 2009 - Ventes automobiles en France en 2009, par le Comité des Constructeurs français d'automobile (CCFA) - Terre Natale, le blog du développement durable et du bien-être - Publié par Thierry Follain, concepteur-rédacteur et web rédacteur : 06 87 29 38 73Le 1er 4X4, ou plutôt "crossover" (hybride de 4x4 et de berline très prisé des citadins) est le Nissan Qashqai. Il est 27ème sur 100 au classement du CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles). Soit 20 881 unités, ou 0,9% du marché des 100 véhicules les plus vendus aux particuliers.

49ème, le Volkswagen Tiguan (pur 4x4) : 10 498 exemplaires vendus.
66 ème, le Toyota RAV4 (4x4 urbain) : 7127, suivi du Ford Kuga (crossover), avec 6 789 véhicules écoulés.
73ème, l'Audi Q5 (4x4) : 6 055.
83ème, le Koleos, qui marque l'entrée de Renault sur le segment du crossover, avec 4 630 exemplaires.
Places 96 et 98 : le Volvo XC60 (crossover) (3 485) et le Kia Soul (micro 4x4) (3 182).

Total des ventes de ces 8 modèles : 62 843, soit 2, 66% des 2 356 400 véhicules comptabilisés dans le classement des 100 premiers pour 2009.


dimanche 7 février 2010

Massage sensoriel : créez l'été de tous les bien-être

L'été, période idéale pour redonner la parole à notre corps, hors des enjeux de représentation. Pour quitter un instant la trame électronique, virtuelle et productive de la vie moderne. Nous reconnecter avec le toucher, ce sens négligé qui met en jeu notre acquisition du monde, et la peau, le plus vaste, le plus omniprésent de nos organes. Le massage, acte d'échange généreux, cocooneux par nature !


Masser, c'est laisser les mots, les conventions sur la touche pour découvrir, percevoir l'autre, lui apporter une perception apaisée de son corps et de son esprit. Le soleil au bout des doigts. L'échange se déplace sur un autre terrain, sans enjeu autre qu'un bien-être, une harmonie partagés. Pour s'initier au massage sensoriel, acquérir les techniques de base, effleurage, pétrissage, pression, étirement et autre peignage, je vous suggère un ouvrage très simplement écrit et abondamment illustré: "Le nouveau live du massage", de Susan Mumford. La thérapeute anglaise vous expose pas à pas la démarche du massage sensoriel, né en Scandinavie, et qui nous est revenu dans les années 70 via la Californie, en particulier l'Institut Esalen

Masser, toucher, un besoin inné

Suzanne Mumford résume ainsi les attraits de cette bénéfique pratique : "J'ai toujours pensé que la beauté du massage tenait au fait qu'il s'agit d'un geste simple; c'est un contact direct dans lequel rien – ni machine, ni instrument – ne vient s'interposer entre vous-même et votre partenaire. Le massage fascine parce qu'il correspond à un besoin inné, celui de toucher et d'être touché." Un besoin quelque peu malmené, ignoré par la vie urbaine...

Dans l'intimité, le massage prend tout son sens : "Qu'il s'agisse d'un membre la famille, d'un ami ou d'un amant, le massage peut aider à renforcer les liens unissant les personnes ou leur permettre de mieux se connaître".


Une nouvel enjeu de la mise à nu


Le massage californien se pratique à même la peau. Une approche de la nudité hors de ses enjeux traditionnels. Cette pratique à la fois profonde et ludique recourt à une huile de massage. Celle-ci apportera tout ses bénéfices associée à des huiles essentielles, étape suivante de cette progression vers une nouvelle réalité des êtres et des choses.

Huiles biologiques, bénéfiques, fluides

Fluidifiant les gestes, nourrissant la peau, l'huile joue un rôle important dans le massage. Vous favoriserez des huiles végétales "Bio", cultivées sans additifs chimiques et obtenues par première pression à froid de la graine ou du fruit oléagineux.
Les huiles-bases couramment utilisées sont extraites des :
 
amande douce : riche en acides gras essentiels, antioxydante, elle nourrit les peaux délicates,

avocat : cette huile riche, aisément absorbée par la peau, convient aux peaux sèches,


germes de blé : antioxydante, elle est bienfaisante aux peaux sèches, riche en vitamine E, ennemie des vilains radicaux libres


jojoba : cette huile végétale riche (et chère) est nourrissante, réhydratante, assouplissante, plutôt destinée au visage,


noyau de pêche ou d'abricot : huile légère pour le visage, elle aussi revitalisante, nourrissante, assouplissante,


pépin de raisin : huile légère (un peu trop) et peu coûteuse, elle peut constituer la base d'un mélange.
Ces huiles gagnent en effet à être associées.

Deux associations conseillées par le "Livre du massage" : 95% d'huile de pépins de raisin, 5% d'huile d'amande douce ou d'avocat, ou : 90% d'huile d'amande, 10% de noyau de pêche (pour le visage).


Huiles essentielles à votre bien-être


A ces bases neutres, vous pouvez incorporer des huiles essentielles, composants très concentrés tirés des fleurs, des boutons, des feuilles de plantes par distillation (par pression pour les écorces d'agrumes). Là encore, vous serez attentifs à un label ou une marque "Bio", qui vous garantira une provenance, une qualité, une concentration en principes actifs.


Les huiles essentielles
ne sont pas un gadget naturiste, même si les ouvrages qui leur sont consacrés leur accordent souvent trop de vertus associées. Concentrées, stimulantes ou relaxantes, ces essences apportent leurs propriétés bénéfiques au massage. Il est conseillé de les utiliser aux doses indiquées, et de se renseigner précisément à ce sujet. Certaines, comme la bergamote, sont photo-sensibilisantes : à éviter en été. Et un certain nombre sont déconseillées aux femmes enceintes.Parmi les plus utilisées :

Camomille
: anti-inflammatoire, apaisante, propice à la sérénité
,

Genévrier : élimine les toxines, favorise la tonicité nerveuse, sédatif (déconseillée aux femmes enceintes, justement),

Lavande (Lavandula officinalis)
: dotée de propriétés antiseptiques, elle favorise également la régulation du système nerveux et la décontraction musculaire : à ne pas confondre avec le Lavandin (Lavandula hybrida), nettement moins cher, mais aux concentrations et aux propriétés plus limitées,


Jasmin
: apaisante pour le système nerveux, relaxante,


Santal : dotées de propriétés antiseptiques, sédatives et apaisantes,
 
Ylang-ylang : Une essence-star, régulièrement associée par la pub à un effet aphrodisiaque. Sans aller jusque-là, une étude a confirmé les propriétés relaxantes et anti-stress de l'ylang-ylang Attention, il existe plusieurs qualités d'ylang. Vous privilégierez l'essence obtenue par distillation des seules fleurs de Cananga odorata.

C'est bien, Bio, tout cela


Pour soulager votre porte-monnaie et créer vos propres formules, évitez les huiles "toutes prêtes". Recherchez des huiles de massage et essentielles "Bio". L'appellation "naturelle" ne signifie rigoureusement rien, par plus que les auto-labels qui fleurissent (si j'ose dire).


Les labels suivants guideront donc votre sélection d'huiles et essences, en plus des connaissances acquises et aussi, et surtout, de vos affinités avec les textures et les senteurs :

 
AB (Agriculture biologique) : respect des écosystèmes naturels (certifié par Ecocert)

BDIH
: label des entreprises allemandes de cosmétique et diététique


 
Cosmebio (Cosmétique Bio) : 95% de" bio" sur le total des ingrédients végétaux, 10% mini de "bio" sur le total (certifié par Ecocert)

Ecocert : label autonome de cet organisme agréé de contrôle et de certification
Nature & Progrès : le plus exigeant des labels français "Bio".




 

Massage : la table s'impose

Huile, serviette, huile essentielle décontractante ou stimulante, drap pour couvrir les parties du corps sur lesquelles vous n'intervenez pas (en cas de brise bienfaisante)… vous êtes prêt(e). C'est mieux s'il règne une douce température dans la pièce, avec lumière plutôt tamisée, musique ou fond sonore adapté. Autrement dit, de longues plages apaisantes (il existe un large choix de musiques de massage), ou des bruits de la Nature, si vous êtes amateur. Critère de base : favoriser la concentration du massant et la décontraction du ou de la massé(e).

Où masser ? Sur un matelas, un tapis de gym déroulé par terre ? Envisageable, si l'être masseur est en parfaite condition physique, ainsi que son dos, ses genoux. La palette de gestes, la précision des effleurages ou pressions est cependant limitée.

L'idéal, c'est bien sûr la table de massage pliable, qui sait se faire oublier une fois rangée.. Elle permet au sujet d'être à bonne hauteur, de bénéficier d'un confort douillet. Et au masseur d'être 100% libre de ses mouvements, de faire évoluer son parcours autour de la personne massée, d'appliquer sans problème étirement, effleurement, pressions, de s'engager sans entrave dans cette danse lente, très lente, qui fait tout le charme de l'opération.

On trouve des tables à partir de 100 euros. Le "must" c'est la table en mousse à mémoire de forme, vers 300 euros. Pas si ruineux…


Vous avez maintenant votre passeport vers l'univers sensoriel qui est en vous, et que vous négligez peut-être de stimuler. Et vers un échange différent avec les autres.


Vous associerez ainsi été et bien-être, du bout des doigts !


Le nouveau livre du massage, par Susan Mumford - Tredaniel

mercredi 3 février 2010

Etats-Unis : Barack Obama veut favoriser la construction de 7 centrales nucléaires

Le Président Barack Obama annonce la relance du programme d'énergie nucléaire aux Etats-Unis - Barack Obama lance la construction de 7 à 10 centrales nucléaires aux USA - Relance de l'énergie nucléaire par Barack Obama aux Etats-Unis - Le Congrès américain vote une garantie d'emprunt de 25,8 milliards d'euros pour la construction de centrales nucléaires - Energie nucléaire aux Etats-Unis - Energie nucléaire en Amérique - Barack Obama et le nucléaire - Nuclear power in the USA - Terre Natale, le blog du Développement durable, par Thierry Follain, web rédacteur, 06 87 29 38 73
Le projet de budget 2011 de l'Administration Obama comprend une garantie de prêts à hauteur de 25,8 milliards d'euros pour favoriser la construction de nouvelles centrales nucléaires. L'objectif est de vaincre les réticences des investisseurs privés à relancer une énergie nucléaire mal vue du grand public depuis l'accident de Three Miles Island en 1979, et qui pose des problèmes industriels et économiques importants.

Près de 26 milliards d'euros, c'est le montant de la garantie gouvernementale pour la construction de nouvelles centrales nucléaires proposée par l'Administration Obama dans son budget 2011. Cet effort complète une garantie de 25,7 milliards votée en 2005. Si le Congrès vote cette disposition, jusqu'à 7 centrales pourraient être ainsi mises en chantier. Aucun réacteur nucléaire n'a été construit aux Etats-Unis depuis 10 ans.


Nouvelles centrales nucléaire en échange d'une Loi Climat Energie

Cette proposition marque
un revirement de l'Administration Obama jusque-là opposée au développement de l'énergie nucléaire. Cette évolution pourrait être destinée à obtenir l'accord des Républicains sur une future Loi globale sur le Climat et l'Energie.

USA : le nucléaire, une énergie comme les autres, jugée sur sa rentabilité

On pourrait s'étonner de ce soutien public au secteur privé de l'énergie, au pays de la libre -entreprise. C'est que nous ne sommes pas dans le contexte français où le potentiel de production nucléaire a été développé par une entente entre administration, grands corps de l'Etat, secteur public (EDF, CEA) et secteur privé soutenu par la commande publique.

Aux Etats-Unis, les investisseurs sont dubitatifs quant à la rentabilité du nucléaire. Une estimation situe le prix du
kilowatt-heure nucléaire à 6 centimes d'euros, contre 4,30 pour l'énergie d'origine fossile. Il est vrai que le pays est producteur de pétrole, et que ses importations ont en partie pour objectif de ne pas trop entamer ses réserves stratégiques.

Les producteurs d'énergie américains sont également confrontés au
manque de ressources humaines formées pour ce type d'industrie et BTP, et à l'incontournable stockage des déchets radioactifs.

Stockage des combustibles et déchets irradiés : pas de solution définitive


La même administration Obama a en effet mis un terme au projet de
site de stockage de Yucca Moutain, un volcan éteint situé au coeur d'une zone déjà pas mal radioactive, celle des tests nucléaires militaires du Nevada.

Etats-Unis - Site de stockage de déchets nucléaires de Yucca Mountain, - Stockage de déchets, Yucca Mountain, Nevada - Terre Natale, le blog du Développement durable - Thierry FollainApprouvé par le Congrès en 1987, ce projet a coûté 6,4 milliards d'euros en tunnels et chambres souterrains, sans jamais recevoir le moindre container radioactif.

Cette victoire des "environmentalists" américains pose les mêmes problèmes qu'en France : une fois un projet d'enfouissement profond des déchets radioactifs repoussé, les dits matériaux irradiés ne disparaissent pas pour autant de la surface de la planète.

En conséquence, la centaine de réacteur made in USA stocke ses déchets à haute activité radioctive dans des
"piscines" d'ores et déjà surchargées, ou des silos externes, verticaux ou horizontaux, composés d'un container en acier enrobé de ciment. Ce "dry cask storage" renferme le matériau irradié, entouré de gaz inerte. Sa pérennité est pour le moins problématique.

En prenant cette option de soutien à une relance du nucléaire civil,
Barack Obama n'a pas pour autant la certitude d'obtenir l'accord des Républicains sur sa Loi Climat-Energie. Ce qui nous renvoie à la difficile application des engagements théoriques pris lors du Sommet de Copenhague.

vendredi 22 janvier 2010

Les enfants haïtiens adoptés accueillis à Roissy par Carla Bruni et la Croix Rouge : couvertures de survie ou couverture médiatique ?

Tremblement de terre d'Haïti - Carla accueille les enfants haïtiens à l'aéroport de Roissy - La Croix Rouge ramène en France les enfants haïtiens adoptés - Terre Natale, le blog du Développement durable - terrenatale.blogspot.com - Thierry FollainCe pourrait être une allégorie du XIXème siècle : "La Croix-Rouge et la (Première Dame de) France au secours des enfants victimes du séisme d'Haïti". L'arrivée des enfants adoptés haïtiens, vendredi soir, a bien fait l'objet d'une mise en scène jouant sur la confusion des causes et des effets. Dans une bonne intention, sans doute...

Vendredi soir. Sur les écrans des télés françaises, les enfants haïtiens adoptés arrivent à Roissy. Enveloppés dans des couvertures de survie, ils sont portés par des "sauveteurs" de la Croix Rouge. On dirait qu'ils ont été fraîchement extraits des décombres et emmenés en catastrophe (sic) à la suite du séisme ... Messages : la Croix Rouge les a sauvés, "Carla"est là pour les accueillir. Faites des dons pour Haïti (la meilleure partie) !

Cela ne fait pas honneur, en fait, à la Croix Rouge, Médecins du Monde et consorts, si des enfants qu'ils ont sauvés il y a quelques jours, et soignés, ne peuvent sortir de l'avion en marchant, chaudement vêtus. En fait, ils sont là parce que leurs parents adoptifs français étaient arrivés au terme de leur longues démarches administratives bien avant le séisme d'Haïti. L'Etat français, dans sa grande sagesse, a décidé d'accélérer la délivrance des passeports. Si ça se trouve, aucun de ces petits mômes n'a été extrait du moindre immeuble, du moindre bidonville en ruines. Tant mieux pour eux, d'ailleurs.

Séquence suivante : au lieu de retrouver ces parents qui leur promettent une vie bien différente de celle qu'ils auraient vécu à Haïti, séisme ou pas, les enfants sont filmés en train de jouer sur la moquette de l'aéroport de Roissy, avec de souriants membres de la Croix Rouge. Commentaire : c'est une nécessaire étape d'adaptation. C'est surtout une image sans prix pour la vénérable et estimable ONG.

Couvertures de survie contre couverture médiatique ?

Homme de comm', je comprends bien la nécessité de produire de l'image suscitant une réaction compassionnelle. Par contre, instrumentaliser des enfants dont la vie, jusque-là, a été bien difficile, et accessoirement considérer que le citoyen-téléspectateur ne peut être considéré comme un être de raison me gêne aux entournures...

Ce qui ne diminue en rien l'ampleur de la tragédie haïtienne, cela va de soi.



A lire dans la suite de ce "post", l'article d'Emilie Cailleau intitulé "Polémique sur les dons pour Haiti", le 6 février sur L'Express.fr. Avec 11, 5 millions d'euros collectés en France, la Croix Rouge est en fait loin derrière la Fondation de France (24 millions). Explication : avec le sens de la nuance qui leur est coutumier, les grands médias ont lancé une campagne associant aide humanitaire à Haïti et Fondation de France (laquellle effectue sa propre sélection d'ONG qui auront accès à ces fonds).

Séisme de Haïti : Médecins du Monde en action - Médecins du Monde annonce que les dons d'urgence envoyés maintenant vont être répartis entre HaÎti et d'autres lieux d'action humanitaires - L'action de Médecins du Monde à Haïti - Rony Braumann de Médecins du monde s'interroge sur le monopole de la Fondation de France aurpsè des grandes radios et télévisions françaises - Fondation de France, Haïti - Terre Natale, le blog du Développement durable - Thierry Follain : 06 87 29 38 73 Médecins du Monde annonce d'ores et déjà à ses donateurs que la phase d'urgence est dépassée à Haïti, et que les dons en ce sens seront affectés à d'autres théâtres humanitaires mondiaux. Comme en plus cette ONG fait beaucoup pour les délaissés de la société française, "quart-monde", sdf et autres jeunes laissés à la rue, toute ma sympathie lui est acquise !

T.F


mercredi 20 janvier 2010

RTE, filiale de distribution électrique d'EDF, annonce une faible baisse de la consommation d'électricité en France, en 2009


Alors qu'on parle d'économies d'énergie, où en est la consommation d'électricité en France ? Faible baisse globale mais progression hors industrie, augmentation des importations, voilà ce que révèle le bilan électrique français 2009 présenté par RTE, filiale de transport d’électricité d’EDF. Quant à l'éolien, il pointe le bout de son ailette, avec une part de production d'1,5%.


Comme prévu, la crise économique a fait reculer la consommation d'électricité en France, moins 1,6% en 2009. C'est peu, si l'on compare avec les baisses de 6% en Belgique, 5% en Allemagne, 4,6% en Espagne. La consommation sur l'année se monte à 486 Terawattheure* (TWh), contre 495 en 2008. Le secteur industriel a baissé sa consommation de 8,7% par rapport à 2008 (12,6% par rapport à 2007). Mais sa demande est repartie au dernier trimestre. bilan énergétique français 2009, par RTE - consommation d'électricité de la France en 2009 - consommation d'énergie française en 2009 - Terre Natale, le blog du Développement durable - terrenatale.blogspot.com - Edité par Thierry Follain, conseil éditorial, web rédacteur, sites internet : 06 87 29 38 73 - Thierry Follain, rédacteur énergie, rédacteur énergies nouvelles, rédacteur sobriété énegergétique, Thierry Follain, rédacteur BTP économies d'énergie, rédacteur BTP sobriété énergétique, Thierry Follain, rédacteur BTP RT 2005, rédacteur RT 2012, rédacteur BBC - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73Quant aux citoyens, secteur tertiaire et services publics, leur consommation d'électricité a crû de 2% en 2009.

La recharge des appareils nomades contribue aux pics de consommation d'électricité

Le 17 janvier 2009, RTE a constaté un pic record de consommation à 92 400 Mégawattheures* (MWh). On s'en est approché le 12 janvier 2010, avec 91 600 MW. On anticipait 93 000 MW, si les grands froids s'étaient maintenus. Point intéressant : parmi les causes des pics élevés, RTE désigne la multiplication des appareils nomades (téléphones, baladeurs audio et vidéos, portables), dont les batteries sont mises en recharge aux mêmes heures le soir.

Voilà qui est prometteur pour le jour encore lointain où des dizaines, voire des centaines de milliers de voitures électriques verront leurs batteries lithium-ion ou autre mises en charge aux mêmes heures…


Pointes à 100 000 Mégawatts à l'horizon 2015


D'après RTE, les pointes de consommation devraient atteindre 104 000 MW en 2015 et 108 000MW en 2020. Comment alimente-t-on notre pays toujours plus gourmand en énergie ? Avec le nucléaire, bien sûr, en petite forme avec ses tranches de production arrêtées pour maintenance : 380 Térawattheures (TWh), soit soit 380 000 MWh, en 2009 (moins 6,8%).

Plus souple, mais soumis à la faiblesse des précipitations, l'énergie "verte" (ou bleue) qu'est l'hydraulique a reculé quant à elle de 9,2%, à 61, 8 TWh. Résultat, la production à base de combustibles fossiles a crû de 3,1%, à 54,8 TWh.

Tout cela ne suit pas exagérément la voie du Grenelle de l'Environnement.


L'énergie éolienne monte en charge, l'intelligence du réseau aussi


Seule nouvelle qui réconfortera les âmes écologiques et durables, mais pas les citoyens anti-vent : l'éolien affirme sa progression, plus 39,9%, pour atteindre 7,8 TWh. Soit 1,5% de la production d'électricité nationale, ce qui commence à faire sérieux. Cette ressource est certes intermittente.

RTE
joue donc la carte du réseau intelligent avec son nouvel outil de prévision IPES (Insertion de la production éolienne et photovoltaïque dans le système électrique).

Ressource éminemment renouvelable, la production à base de biomasse a progressé, quant à elle, de 7,5% à 4,4 TWh. Une piste pour les producteurs agricoles français. L'Allemagne, par exemple, compte aujourd'hui 4000 unités de méthanisation à la ferme, qui deviennent, pour certaines, une ressource financière constante et autonome pour l'exploitant.


Un marché de l'électricité qui s'internationalise

D'après le bilan électrique français 2009, la France est restée exportatrice d'électricité sur l'année 2009, avec un solde positif de 24,6 TWh exportés. En recul de 47% par rapport à 2008 et de 66% par rapport à 2002, une année record. Notre pays demeure le premier exportateur européen devant l’Allemagne (22 TWh en 2008).

Il perd cependant du terrain par rapport à la Belgique et à l’Allemagne : en 2009, la France a été importatrice nette pendant 57 jours, contre seulement 20 en 2007. Question de marché : RTE a importé de l’énergie moins chère, à l’étranger. Ce qui souligne "l'européanisation" du marché de l'électricité.


Pas très sobre, tout cela…


La tendance globale n'est donc pas à la sobriété énergétique. La France résout le problème en s'en remettant très majoritairement au nucléaire (82,9% d'après ma dernière facture EDF).

A ce propos, le réacteur EPR de Flamanville verrait sa date de mise en service repoussée de 2 ans, d'après Le Figaro. Ce qui mettrait la mise en service à 2014, pour une
commercialisation de l'électricité produite en 2015.


La production massive et centralisée d'électricité n'est pas un long fleuve tranquille.

Thierry Follain


* Watt is this ?


Wattheure (Wh) : unité de mesure d'énergie correspondant à une puissance d'un watt pendant une heure.

Mégawattheure (MWh) : 1 million de wattheures

Térawattheure (TWh) : 1000 milliards de wattheures, ou 1000 Mégawattheures.


EDF, AREVA : conflit sur le retraitement des combustibles irradiés des centrales nucléaires françaises

Les Echos : Conflit entre EDF et Areva sur le retraitement des combustibles nucléaires en France - Areva, filière recyclage - Areva, filière de retraitement des combustibles usés, La Hague - Anne Lauvergeon - Pierre-Henri Proglio, EDF - Energie nucléaire et retraitement - Terre Natale, le blog du Développement durable : http://terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain : conseil éditorial, web rédacteur, sites internet : 06 87 29 38 73Que devient notre filière nucléaire si transparente ? Quelques échos nous en parviennent, à l'occasion d'un conflit entre EDF et AREVA sur le retraitement des combustibles irradiés.

D'après LesEchos.fr, le différent EDF/Areva porte aujourd'hui sur le retraitement des combustibles irradiés, grande spécialité française, exercée à l'usine de la Hague (Cotentin). Elle permet d'extraire des combustibles "usés" (appellation officielle) de l'uranium et du plutonium. Ce "recyclage" représente environ 10% du chiffre d'affaires d'Areva.

20% des combustibles retraités proviennent de producteurs étrangers (Allemagne, Japon, Belgique, Suisse, Royaume-Uni, Pays-Bas), pas mécontents de nous refiler le bébé. Et 80%, donc, du traitement des combustibles irradiés dans les centrales françaises.

On apprend ainsi qu'Areva déplore la baisse du volume à retraiter pour EDF de 1 050 à 850 tonnes annuelles. Chaque année, ce sont donc bien 1 000 tonnes de combustibles "usés" (appellation officielle) qui sont à transporter et retraiter. Sans parler des déchets radioactifs à haute et faible radioactivité, stockés entre autres sur les sites de productions
et à La Hague.

Areva fait par ailleurs des révélations sur les pratiques actuelles d'EDF en tant qu'exploitant de centrales nucléaires. L'électricien national fait désormais appel à un prestataire russe pour une partie de l'enrichissement de l'uranium utilisé dans les centrales. Et à des contractants bulgares pour les services aux centrales. Ce qui pourrait induire une notion moins pointue de la sécurité nucléaire.



Thierry Follain

Photo : Ouest-France


Agression de la comédienne Rayhana : surgissement de l'intégrisme en plein Paris

Journée internationale de la Femme, 8 mars 2010 - Journée de la Femme, Paris, 2010 - Festival au Féminin, Paris 2010 - Rayhana, A mon âge, je me cache encore pour fumer - Terre Natale, http://terrenatale.blogspot.com
L'agression de la comédienne algérienne Rayhana,auteur de "A mon âge, je me cache encore pour fumer", envoie un signal plus qu'alarmant sur les droits des femmes d'origine ou de racines immigrées, en France.

Qu'on puisse simplement envisager de brûler vive une femme en plein Paris est ahurissant. Et traduit d'une façon ou d'une autre l'insertion dans notre société d'un ordre qui n'a rien de "républicain".


Ce signal morbide envoyé par une poignée d'intégristes entre en résonance avec le débat sur une éventuelle loi contre le port de la burquâ en public. Une loi qui constituerait elle aussi un signal, plus qu'un texte applicable.

lundi 11 janvier 2010

dimanche 10 janvier 2010

Burj Khalifa, à Dubaï : plus haute tour du monde et sommet d'un modèle de développement dépassé ?

Plus haute tour habitée du monde, la Burj Khalifa, inaugurée en grande pompe le 4 janvier dernier, est avant tout une opération de promotion immobilière haut de gamme. Elle s'inscrit dans la stratégie de développement d'un tourisme de luxe engagée par l'Emirat de Dubaï, soucieux d'échapper à sa dépendance aux ressources pétrolières. Cet Etat-entreprise prend également, un peu tard, le tournant du développement durable, "nouvelle opportunité d'affaires".

Burj Khalifa, Burj Dubaï, Burj Dubai, tallest skyscrapper in the world - Burj Khalifa, la plus haute tour habitée du monde -  Dubai World - Thierry Follain, rédacteur BTP et économies d'énergie - Rédacteur sobriété énergétique, RT 2005, RT 2012, BBC Effinergie - Thierry Follain,éditeur et rédacteur de Terre Natale, blog du développement durable - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73"Plus que la plus grande tour du monde, Burj Khalifa est un exemple sans précédent de coopération internationale, phare symbolique du progrès, un emblème du Moyen-Orient nouveau, dynamique et prospère !", clame le site du promoteur immobilier Eemaar, possédé à 30% par l'Emirat de Dubaï.

Burj Khalifa est avant tout une opération de promotion immobilière. Avec ses 828 mètres, flêche incluse, elle dépasse l'autre grande tour habitée, la Taipei 101 à Taïwan, de 300 mètres. Un de ces "projets architecturaux démesurés" qui manifestent le potentiel illimité de l'ingénierie et du BTP mondiaux.

Un coûteux rêve immobilier


A la Burj Khalifa vous pouvez occuper un appartement ou un luxueux "sky lobby" jusqu'au 108 ème étage, avec vue imprenable sur le Golfe persique, voire l'Océan indien. Si vous recherchez plus de "marque" et moins de hauteur, votre choix peut se porter sur les "Résidences Armani". Vous pouvez même profiter d'une chute des prix de moitié, ce qui met le mètre carré à moins de 10 000 euros, pas plus cher que les 5ème, 6ème ou 7ème arrondissements parisiens. Une aubaine pour les milliardaires et businessmen du monde entier touchés par la crise. Ils l'ont saisie : la grande majorité des 1 100 résidences de la Burj Dubai sont d'ores et déjà vendues.

Cet édifice, pour l'instant unique au monde, a englouti 330 000 m3 de béton et 31 400 tonnes de barres de fer, pour un coût total d'un milliard d'euros. Il a également failli faire sombrer les finances de l'émirat de Dubaï, touché par l'éclatement d'une bulle immobilière mondiale qui laisse 40 000 logements luxueux en rade.

Burj Dubaï : reflet d'un monde dépassé ?


D'un point de vue "durable", la Burj Khalifa reflète un monde "d'avant". Celui du "toujours plus haut", "toujours plus ambitieux", "toujours plus fort", comme moteur économique et social. Un moteur qui anime toujours les décideurs économiques mondiaux, en particuliers ceux des pays émergent, non freinés dans leurs ambitions par une croissance anémique, des mouvements démocratiques ou l'usure propre au Vieux Monde. Celui qui commence à considérer avec suspicion les résultats de son développement du siècle passé, et doute de son avenir économique. Et qui envisage une gestion intelligente des flux matériels et immatériels, tout aussi créatrice d'emplois et de marge que l'exploitation et la transformation effrénée des ressources naturelles. Tout en effectuant des délocalisations vers les pays à forte croissance.

La Burj Khalifa, quant à elle, est gourmande en énergie, avec ses 36 mégawatts consommés en période de pointe, climatisation en climat désertique subtropical oblige. La plus haute tour habitée du monde semble présenter comme unique caractéristique durable la récupération de l'eau résultant de la condensation sur les parois de l'édifice. L'équivalent de 20 piscines olympiques sera ainsi stocké dans des réservoirs souterrains chaque année. Pas renversant...

Un modèle économique basé sur la création artificielle d'une marque touristique

La Burj Khalifa devait être en fait l'élément-phare d'un nouveau quartier, "Downtown Burj Dubaï", inluant 30 000 appartements et "le plus grand centre commercial du monde" (comme d'habitude). Le tout inscrit dans une stratégie de développement basée sur le tourisme de luxe, greffée sur la transformation de l'émirat en un "hub" financier, aéroportuaire et portuaire mondialisé. Une démarche 100% mondialisée, au profit d'un population native limitée à 2 millions d'habitants et de son émir, Khalifa bin Zayid, également Président de la holding Dubaï World. Un Etat entreprise et centre d'affaires : les libéraux purs et durs en rêvent. Dubaï (et les émirats voisins) l'ont fait.
Burj Khalifa, Burj Dubaï, Burj Dubai, tallest skyscrapper in the world, plus haute tour habitée du monde, Dubai Palm Islands, Dubai World, Thierry Follain, Terre Natale, blog du développement durableComment crée-t-on une marque "Dubaï", alors que ce qu'on a à proposer, c'est un désert en bordure de mer ? Comment attirer les nantis des nantis ? Réponse : les distraire, les occuper, les inviter à consommer 24 heures sur 24, les épater avec des réalisations architecturales révolutionnaires, telles que le le ou et bien oui, la Burj Khalifa. Créer les "Palm Islands", îles artificielles, des hôtels à l'architecture "révolutionnaire", une patinoire olympique, et un complexe "Ski Dubai", avec 5 pistes, dont une de 400 mètres (couverte, bien sûr), le tout dans un environnement entre 25 et 40, voire 50 degrés.

Ce modèle de développement basé sur l'accroissement continuel des richesses a connu un coup d'arrêt avec la crise financière. Celle-ci a laissé l'émirat, ou plutôt "Dubai World", en cessation de paiement en novembre dernier, gel de 17,9 milliards d'euros de dette à l'appui. D'où le secours de l'émirat voisin d'Abou-Dhabi, de son souverain Khalifa bin Zayid et la transformation de "Burj Dubaï" en "Burj Khalifa".

Durable et renouvelables : de nouvelles opportunités de business pour les émirats

En octobre 2008, quatre ans après le lancement de la construction de la Burj Dubaï, le Sultan Ahmed Bin Sulayem, tout à la fois chef d'état et président de la Holding "Dubaï World", a lancé une nouvelle filiale dédiée au développement durable, le "Dubai Natural Ressources World". Dans l'émirat lui-même, cela se traduira par le développement d'espaces verts et la réduction des émissions de CO2.

Leader des Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi a également capté le tournant durable, en organisant le "1er Sommet mondial de l'énergie du futur", du 18 au 21 janvier prochain. Le nouveau positionnement de l'émirat est celui d'un "lieu de convergence des énergies renouvelables". Objectif de Masdar, "la compagnie du futur de l'énergie" : transformer le défi énergétique en opportunités d'affaires.

Ce virage vers le "durable" et le "renouvelable" semble décalé de la commercialisation de "la plus haute tour du monde". Il est pris par des pays-symboles d'un développement basé sur l'exploitation des ressources fossiles et le libéralisme mondialisé. C'est dire si le "durable" est désormais une thématique consensuelle dans les milieux d'affaires les plus endurcis.

A méditer dans votre "sky lobby" au 123 ème étage de la Burj Dubai, avec salle de fitness, piscine intérieure et extérieure, jacuzzi et espace de réception. "Chérie, tu peux régler la clim' à 18 degrés, au lieu de 17 ? Nous devons apporter notre contribution à la lutte contre le réchauffement climatique". "Mais bien sûr, mon gros loup. Au fait, je suis allé faire un tour à la boutique Armani, et devine ce que j'ai trouvé ?! Tu vas a-do-rer ! "

Si vous trouvez cette conclusion un brin sexiste, inversez les rôles : "Chéri"... "Bien sûr, ma grande Louve !"... et ainsi de suite.

samedi 26 décembre 2009

Bilan durable 2009, en France et sur la planète

Année caractérisée par des sommets mondiaux décevants (Sécurité alimentaire, Réchauffement climatique), 2009 a vu l'énergie nucléaire française clignoter, la voiture électrique sanctifiée, les véhicules (plus) propres et la sobriété énergétique des bâtiments encouragés. Pas de progrès marquants encore, dans la mise en oeuvre de solutions "intelligentes" dans la gestion des flux d'énergie. Reste à savoir si la démarche durable est accessible à l'ensemble de la population. Et si elle doit constituer une fin, plutôt qu'un moyen.

Vénus, Boticelli - Sommet climatique de Copenhague, 2009 - Copenhagen Climate Summit - COP 15 2009 - Réchauffement climatique, sommet de Copenhague - Terre Natale, Le Blog du Développement durable - http://terrenatale.blogspot.com - Thierry Follain, rédacteur : 06 87 29 38 73FAO, Copenhague 2009 : les sommets sont au plus bas

Mauvaise année pour celles et ceux qui pensent que de grands sommets internationaux consensuels vont régler les problèmes de la planète. Même Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO est déçu des résultats du
Sommet mondial sur la sécurité alimentaire, qu'il a organisé les 16 et 18 novembre ! La Déclaration finale ne précise en effet ni objectifs quantifiés ni échéances précises qui auraient permis de mieux suivre leur concrétisation. En attendant, 1 milliard des 6 milliards 832 millions d’humains souffriraient de la faim. Le discours couramment entendu sur nos ondes est que nous « pourrions » nourrir l’ensemble des habitants de la planète. Admettons... Parallèlement, le thème de la limitation des naissances n’est plus très populaire dans un monde où s’affirment les intégrismes religieux (aux Etats-Unis comme ailleurs), et où Européens et Japonais vieillissants associent décroissance démographique et non-paiement de leurs retraites.

Autre événement international dénué d'objectifs chiffrés : le tant attendu Sommet de Copenhague 2009 sur le réchauffement climatique. 26 pays sur 193 ont laborieusement élaboré l’accord final. Celui-ci reconnaît la nécessité de ne pas dépasser un réchauffement de 2°C, et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% par rapport à leur niveau de 1990, d'ici 2050. Les modalités pratiques seront négociées en 2010...

A part le climat, les grands perdants sont les Nations-Unies, organisatrices du sommet, avec leur inapplicable procédure d’unanimité. Mais aussi l’Union Européenne, snobée une fois de plus par le président américain Barack Obama qui a préféré consacrer son temps à l’autre puissance économique et polluante, la Chine de Wen Jiabao. Les numéros de claquettes perso des chefs d’Etat européens, dont le nôtre, n’ont donc eu que peu d’impact sur l’issue du
Copenhagen Climate Summit 2009.

Après cet « échec », sommes-nous fichus, comme l’affirme la fraction la plus militante et la plus conscientisée? Qui sait… L’attention de plus en plus exclusive portée au réchauffement climatique risque de nous masquer d’autres problèmes impactant notre avenir.


Energie nucléaire : l’avenir est-il radieux ?


En France, la gagnante médiatique de la lutte contre les gaz à effets de serre est l’énergie nucléaire, source principale de notre approvisionnement (88% en 2006). Sur le terrain, l’année 2009 a été moyennement radieuse pour cette énergie théoriquement « Zéro CO2 » . 18 réacteurs sur 58 seront à l’arrêt pour maintenance cet hiver, et RTE, distributeur national, a lancé un avertissement sur de possibles coupures. D’où le recours à l’électricité produite à partir de sources fossiles et à l’importation massive.

Petite forme aussi pour l’EPR français
, qui doit être construit à 3 exemplaires, dont deux en France. Les retards s’accumulent à Flamanville, et EDF ne peut en rejeter la responsabilité sur un partenaire finlandais, comme le fait Areva. L’EPR bas-normand devrait être branché en 2013 sur le réseau. Ce réacteur de 3ème génération a une puissance de 1 550 Mégawatts électriques, contre 1 330 pour les unités précédentes. Il a également été confronté aux objections de 3 autorités de sûreté nucléaire, dont la française, quant à ses process de sécurité...


Qui plus est, la pétromonarchie d’Abou-Dhabi vient de choisir le constructeur coréen Kepco (associé à Westinghouse et Toshiba) pour la construction de 4 centrales de 1 400 MWe. Chiffre d’affaires : 20,4 milliards d’euros. Au détriment des EPR proposés par EDF, GDF-Suez et Areva. Trois mammouths tricolores dont l’association n’est pas sans nuages… La monoculture française des technologies lourdes soutenues par des conglomérats publics-privés et la haute administration trouve là ses limites.


Voiture électrique : une vedette à laquelle on demande beaucoup ?

G
voiture électrique, plan Borloo Voiture verte, Mitsubishi i-miev, Alliance Renault Nissan, Nissan Leaf, Kangoo ZE, Stations Quickdrop,Peugeot iOn, Toyota Prius, voitures hybrides, hybride Lexusrande vedette de l'année 2009, en France : la voiture électrique. Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie a en effet lancé un ambitieux plan "Voiture verte", destiné autant à soutenir une industrie automobile mise à mal par la crise qu'à soulager la planète. Ce plan repose sur l'achat massif de véhicules électriques par les administrations et entreprises publiques, une prime de 5000 euros à l'achat (qui compense un surcoût moyen de 10 à 12 000 euros), la création d'une usine de batteries par Renault à Flins, avec le CEA, soutenue par une aide d'Etat de 125 millions d'euros. Il ne reste plus qu’à déployer un réseau de prises de recharge public et privé. Et à fournir l'électricité nécessaire (voir plus haut).

La voiture électrique ne fera que déplacer une partie de la problématique transports, les véhicules à moteur thermique et hybride devant représenter au minimum 80% du parc en 2020.


Glissement vers une économie de l’intelligence ?


Ce qui apparaît obsolète, c'est le critère de croissance globale de la production et de la consommation. La Chine elle-même commence à réorienter son système productif vers plus d’efficience énergétique. Dans une société de plus en plus basée sur "l'intelligence", au sens anglo-saxon du terme, l'objectif minimal doit être de consommer moins de ressources à confort égal, ou à confort nouveau.

Les réseaux et compteurs électriques intelligents, par exemple, permettront à l’utilisateur final, entreprise ou particulier, de moduler sa consommation en fonction des prix de l’énergie et des sources d’énergie disponibles, en temps réel. Parmi les solutions intelligentes proposées, le Demand response de Cap Gemini. Son objectif est de faire baisser la consommation d’énergie en Europe et d’éviter les pics de consommation. Reste à déployer ces dispositifs intelligents


Développement durable : impulsion citoyenne ou incitation par l’Etat ?


On peut supposer que le citoyen est maintenant au fait des enjeux climatiques. Passer à l’action exige cependant une capacité d’investissement, pour isoler une maison ou acheter une voiture (plus) propre. D’où la politique volontariste d’un gouvernement poussé par la croissance de l’électorat des Verts français, et par les engagements résultant du Grenelle de l’Environnement.

Dans l’immobilier, le dispositif fiscal incitatif Scellier 2011 et surtout l’entrée en vigueur de la norme RT 2012 au 1er janvier 2013 (pour le secteur privé, avant pour le secteur public) favorisent le développement des bâtiments à Basse consommation d’énergie. Véritable puzzle dont on peut choisir les pièces, cette norme pénalise l’énergie électrique en lui attribuant logiquement un médiocre coefficient de conversion de l’énergie primaire en énergie consommable. Elle favorise le photovoltaïque, encore balbutiant. Certains promoteurs font en sorte de conserver l’électricité comme source d’énergie en optimisant les facteurs bioclimatiques et passifs. C’est déjà cela.


Dans le même état d’esprit, le « bonus écologique » a favorisé les voiture rejetant moins de CO2. (comme me l’indiquait le collaborateur d’un équipementier français : « Il est facile de concevoir une voiture qui rejette moins de CO2, mais plus de plomb ou d’oxydes d’azote… »).

Reste à mettre l’industrie automobile française sur les rails de la performance durable. Elle a fortement développé la motorisation diesel, encouragée par la sous-taxation du gazole et une consommation moindre. Maintenant, elle doit s’adapter rapidement aux normes internationales (Euro 5, Euro 6, Tier2Bin5) de plus en plus exigeantes sur les polluants associés au diesel : oxydes d’azote et particules fines.

Lancé sur la voie du « Zéro émission » par Carlos Ghosn, Renault s’appuie sur l'alliance Renault-Nissan pour devenir un acteur majeur de la voiture électrique. Peugeot devrait faire de même avec Mitsubishi.

Le mode de consommation automobile est censé évoluer progressivement, mais on note déjà l’apparition de 4x4 hybrides. Et dans les pays émergents, la possession d’une voiture reste un symbole de progression sociale. Un monde vertueux reposant sur transports publics et bicyclettes semble donc improbable…

Le durable pour tous ?

Rappel au tableau noir : le développement durable est théoriquement fondé sur 3 piliers : environnemental, économique et social. Les sondages régulièrement pratiqués indiquent que le volontarisme « vert » est à son sommet dans les classes socio-économiques « supérieures ». taxe carbone censurée par le Conseil Constitutionnel, rejet de la taxe carbone, quotas d'émission européen, optimisation énergétique, grand emprunt et isolation des logements, enjeux énergétiques et BTP, égalité devant le durable, terrenatale.blogspot.comD’où une possible « fracture durable », entre habitants des centres-villes piétonnisés, au mètre carré coûteux, et ceux des périphéries ou des campagnes.

Le problème a d’ailleurs été posé avec la "taxe carbone", qui va pénaliser ceux qui habitent une maison éloignée de la ville, de leur lieu de travail, et qui se chauffent avec des énergies fossiles. D’où une compensation forfaitaire, qui fait du dispositif une « usine à gaz » (un comble !).
Ou plutôt, "qui faisait", car le Conseil Constitutionnel vient de censurer la "contribution énergie-climat", telle qu'elle est définie dans la Loi de Finances 2010. Motif : elle exempte nombre d'émetteurs-polleurs, au premier rang desquels les grandes industries. Le fondement de cette exemption, l'émission de quotas européens, a été jugé non recevable, ceux-ci étant gratuits jusqu'en 2013.

Fracture dans l’habitat, également. 800 000 logements HLM seront optimisés énergétiquement d’ici 2020. Sur un total de 4,8 millions. Michel Rocard et Alain Juppé avaient souhaité que 2 milliards d’euros issus du grand emprunt soient consacrés à l’optimisation énergétique de l’habitat social. L’arbitrage final est de 500 millions d’euros, et encore sous forme de prêts à taux zéro, destinés à ceux qui possèdent leur logement, donc. La volonté exprimée en septembre par Jean-Louis Borloo de porter le parc social rénové à 1,5 millions de logements a pris du plomb dans l'aile !

La croissance verte détient un atout : elle est tout à la fois indélocalisable et exportable. Les logements à rénover, les réseaux intelligents à développer seront en France. Reste à développer les technologies adéquates, plutôt qu’à les importer, comme nous le faisons pour les éoliennes, les cellules photovoltaïques ou les batteries lithium-ion.

Et le bonheur, dans tout cela ?

« Home », de Yann Arthus-Bertrand, « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot, deux films à grand spectacle, ont mis en scène le réchauffement climatique et le destin fatal de la planète.

Proclamer « on a deux ans (ou autre) pour réagir, après, c’est fichu » risque d’être plus porteur d’angoisse qu’autre chose. La recherche d’un bonheur différent, moins consumériste, ou différemment consumériste, peut être une piste. Sachant que plus les revenus sont modestes, plus les choix sont limités.

Sachant aussi que, contrairement aux militants et convaincus, l'ensemble de la population ne peut fonder son bonheur familial et personnel sur l'emploi d'ampoules basse consommation, le chauffage au bois ou les toilettes sèches, et, par ricochet, la survie de la planète. C'est peut-être dommage (quoique...), mais c'est ainsi. Souligner la dimension "plaisir", "bien-être" du "moins gaspiller"-"moins polluer"-"être plus à l'écoute de soi-même, des autres et de ce qui nous environne" est donc fondamental.

En bref, il n’existe pas une voie unique vers le « durable », et celui-ci est un moyen plus qu'un accomplissement. C’est ce qui en fait l’intérêt et la complexité.