jeudi 29 mai 2008

SNCF, La Poste : de bons rapports

Conseil éditorial et concepteur-rédacteur, l'auteur de ce blog a rédigé, entre autres : le Rapport Développement durable de la SNCF et celui du Groupe La Poste. Il a également assuré la rédaction en chef et la rédaction initiale du site edf.com, sur le thème de "la performance responsable".

Thierry Follain, Marchand d'Idées, intervient pour toute entreprise engagée dans une démarche de communication durable. En Presse, print et web.

Contactez-moi au 06 87 29 38 73.

A bientôt.



dimanche 18 mai 2008

PREDIT 4 : cap sur les transports propres

Lors du Carrefour final du programme de recherche PREDIT 3, le 5 mai dernier, Valérie Pécresse a lancé le PREDIT 4. Celui-ci donne la priorité aux technologies propres, à la qualité des systèmes de transport et à l'utilisation des technologies de l'information en ce domaine.

La Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a rappelé l'impératif d'intégrer au nouveau Programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres les objectifs du Grenelle de l'Environnement, dont la progression de 20% de l'efficacité énergétique d'ici 2020 et la priorité aux moyens de transports non-routiers.


6 axes de recherche et d'innovation sont retenus pour le PREDIT 4 : énergie et environnement, qualité des systèmes de transport, mobilité dans les régions urbaines, transport de marchandises, compétitivité de l'industrie des transports et politique des transports.

Doté d'un budget de 400 millions d'euros, en hausse de 33%, le PREDIT 2008-2012 soutiendra des programmes pour le développement de nouvelles technologies propres (véhicules hybrides, électriques), des recherches sur les comportements, l'évaluation environnementale, l'utilisation des technologies de l'information et l'économie des transports. Autres objectifs : la fiabilité et la productivité du fret ferroviaire et du transport fluvial.

De son côté, Dominique Bussereau, Secrétaire d'Etat aux transports, a souligné la nécessité de repenser l'organisation de notre système de transport en faisant appel aux sciences sociales et humaines.

Lancé en 1990, le PREDIT est un programme national de recherche d’expérimentation et d’innovation dans les transports terrestres, initié et conduit par les ministères chargés de la recherche, des ransports, de l’environnement et de l’industrie, l’ADEME et Oseo.

Reposant sur une coopération entre secteurs public et privé, ce programme de R&D vise à favoriser l'émergence de systèmes de transport économiquement et socialement plus efficaces, plus sûrs, plus économes en énergie, et finalement plus respectueux de l'homme et de l’environnement.

Illustration : DR

mardi 13 mai 2008

Millennials : la nouvelle danse du Luxe

Ces 6 derniers mois, 65% d'entre elles ont acheté au moins 6 paires de chaussures, 59% : 2 paires de lunettes de soleil, 52% : 7 pochettes ou sacs à main.

Leur investissement maximal dans une coupe de cheveux s'est monté à 213 dollars (138 euros), dans des soins de la peau ou dans un parfum : 226 dollars (146 euros). Et 251 dollars (162 euros) dans de la lingerie (là, je comprends mieux...).


Elles déclarent "travailler dur", et donc "se récompenser en claquant du fric", aimer porter des vêtements, des bijoux, des montres de créateur. Paraître "élégantes" leur permet de se sentir bien, et elles adorent regarder les publicités de biens de luxe.


Elles portent du Calvin Klein, du Ralph Lauren, du DKNY. Mais elles rêvent de Gucci, Rolex, Tiffany & Co.

Et 54% d'entre elles brûlent de posséder... un yacht.


Ce sont les "Millennials", jeunes Américaines aisées nées après 1980, qui appartiennent la deuxième grande vague démographique américaine, après celles de leurs parents, les "baby boomers".

Les "Millennials" dépassent en tout les appétits de luxe de leurs mères, en compagnie desquelles elles pratiquent de coûteux shoppings. Leurs génitrices tendent peu à peu à s'habiller comme elles, ce qui évoque le "Comptoir des cotonniers" français (en plus ostensiblement luxueux). Les créateurs de mode comme Tory Burch, les magasins de luxe new-yorkais comme Bergdorf Goodman ou Scoop NYC évoluent pour accueillir dans les meilleures conditions ces couples mère-fille avides de consommer, consommer et consommer.


Les "Millennials" apprécient donc les marques, le luxe, la haute technologie, et surtout "claquer leur argent" (ou celui de leurs parents) sans complexe.


Elles ont leurs équivalentes dans les monarchies pétrolières, dans les "pays émergents", au Quatar, en Russie et bien sûr en Chine.


Sur le pont supérieur terrien, le champagne et les dollars coulent à flots, tandis que délocalisés et affamés s'entassent dans les soutes. Ce n'est pas sans évoquer la salle de bal du Titanic, quelques heures avant que celui-ci ne heurte l'iceberg fatal.

Un danger qui n'a fait que s'accroître avec le réchauffement climatique !..




Source : Time Magazine, Edition spéciale "Style & Design", "Spring 2008".

Illustration : bravotv.com

dimanche 11 mai 2008

Carbone : de l'eau dans le gaz pour les pays en développement

En 2007, le marché mondial du carbone a doublé en valeur, pour atteindre 47 milliards d'euros. Les marchés européen et japonais ont porté cette tendance. Par contre, le marché MDP qui finance les projets de réduction des gaz à effet de serre dans les pays en développement, a quant à lui reculé. Ce qui alarme la Banque mondiale. A tort ou à raison.

Coté comme toute "matière première", le carbone ennemi de l'ozone a fait l'objet d'échanges florissants en 2007. Le marché européen a doublé, passant à 32,28 milliards d'euros. Même croissance sur le marché japonais qui a atteint 8,65 milliards.

Cette croissance en valeur ne reflète pas fidèlement les efforts des compagnies européennes pour atteindre les objectifs de diminution des émissions d'ici 2012. Le marché croît en effet en fonction du volume d'échanges de quotas (UEA) mais aussi par rapport à la valeur nominale de ceux-ci. En bref, l'effort de non-émission de gaz à effet de serre européen n'a pas doublé en 2007.


Carbone : le ciel se couvre pour les pays en développement

Un bémol dans ce contexte porteur : la baisse du marché lié au Mécanisme de Développement Propre (MDP) instauré dans le cadre du Protocole de Kyoto. Celui-ci est passé de 551 à 537 millions de tonnes. C'est gênant, car ce marché finance le transfert de technologies propres des pays développés vers les pays émergents ou en développement. Principal bénéficiaire : la chine, avec 62% des investissements effcetués, mais aussi 67 autres pays.

En bref, des opérateurs privés des pays "prospères" financent des projets anti-émission de gaz à effet de serre. Ils acquièrent proportionnellement des crédits d'émission de CO2. Ils utilisent ceux-ci pour remplir leurs propres obligations... ou pour effectuer des placements, voire des spéculations sur le marché du carbone.

Pourquoi ce ralentissement des MDP ? Dans "Les tendances du marché carbone en 2007", la Banque mondiale pointe l'embouteillage administratif du Conseil exécutif du MDP, qui dépend de la Convention climat des Nations-Unies et retarde l'exécution de milliers de projets. Elle pointe également du doigt l'Union Européenne qui a récemment gelé les nouvelles demandes de projets MDP. Motif : s'asssurer que les entreprises Etats membres respectent leurs obligations de réduction des émissions de dioxyde de carbone au sein de l'Union. Plutôt que d'exporter les dites obligations vers des pays lointains.

Peut-on complètement critiquer l'Union Européenne à ce sujet ?..

Thierry Follain

Repères


L'Union Européenne a mis en place dès 2005 un système d'échange de quotas de dioxyde de carbone. Les entreprises échangent le droit d'émettre ce gaz générateur d'effet de serre contre des "crédits". Il y a échange entre les société qui émettent plus de carbone que prévu et donc achètent des crédits, et les société vertueuses, qui en vendent. Se crée ainsi un marché, un système d'échange de quotas (EUA) qui incite les acteurs privés à réduire leurs émissions de CO2 d'ici 2012. Comme toute matière première cotée en Bourse, le carbone fait l'objet de placements spéculant sur les contrats de futurs EUA. Ils sont pour l'instant entraînés dans une spirale ascendante : les prix des EUA européens ont grimpé de 14% depuis le début de l'année.


Cet article a été repris sur NaturaVox


Sources : Le Figaro, Le Monde, Canal Argent, La Tribune.
Photo : carbonfund.org


vendredi 2 mai 2008

Etats-Unis : coup de pompe pour l'éthanol-grain ?

En décembre 2007, le Congrès américain réaffirmait sa volonté de voir la production nationale d'éthanol faire un bond significatif. En mai 2008, changement radical de ton, face à la montée des prix alimentaires et une opposition croissante aux subventions aux "agriculteurs millionnaires". "Durable", vous avez dit "durable" ?

Dès 1978, le Congrès votait une réduction d'impôts pour les producteurs d'éthanol. C'est en fait un thème récurrent des campagnes électorales américaines, dont les primaires commencent dans l'Iowa... 1er état producteur de ce carburant. En 2007, la Loi sur l'énergie ordonnait une multiplication par 5 de la proportion d'éthanol ou autre biocarburant devant être incorporés aux carburants automobiles.

En 2005, les Etats-Unis ont consommé 140 milliards de galons d'essence.
(530 milliards de litres).
La consommation américaine d'énergie devrait croître de 18% d'ici 2030.

Une donne énergétique nouvelle alimentée par les subventions

Les législateurs américains voient pourtant leur enthousiasme diminuer en ce début d'année. Un renversement sensible dû à l'inflation des prix du maïs. Mais aussi aux répercussions sur le prix des autres denrées agricoles, les producteurs américains modifiant la répartition de leurs cultures au profit de cette céréale rémunératrice. La croissance moyenne du revenu agricole est d'ailleurs estimée à 6,3%, cette année.

2007 : 25% de la récolte de maïs américaine
a été transformée en éthanol.

2008 : l'éthanol représentera 6% du volume d'essence
aux Etats-Unis.

Sont donc contestées au Capitole les multiples subventions aux agriculteurs, dont un "farm bill" quinquennal de 300 milliards de dollars. Ou la subvention annuelle de 5,2 milliards distribuée chaque année aux producteurs agricoles, sans condition de ressources ni de production. Ou le crédit d'impôt destiné aux raffineurs qui incorporent de l'éthanol dans l'essence, à hauteur de 45 cents par gallon (3, 78 litres). Au même moment, l'Europe remet profondément en question son propre système d'aides agricoles. Sourions (jaune).

1/4 de la production américaine d'éthanol est assuré
par la multinationale
ADM (Archer Daniels Midland)


Panier de la ménagère contre agrocarburant

Après avoir dénoncé "les subventions agricoles aux fermiers multimillionnaires", Georges Bush a réaffirmé le vendredi 5 mai son soutien à l'éthanol (et aux forages pétroliers dans la réserve naturelle de l'Alaska). Les Républicains sont certes opposés par principe à ces subventions, ce qu'a assez courageusement rappelé leur candidat McCain. Mais le soutien des élus de la Corn Belt est essentiel en cette année de Présidentielles.

Elections et montée des prix concernent au premier chef les consommateurs américains moyens, certes plus nombreux que les riches "fermiers". L'inflation sur les aliments au détail est en effet estimée entre 4 et 5 % cette année. S'y ajoute celle de l'essence, la crise des subprimes et la chute prévisible des prix de l'immobilier qui vont poser problèmes aux emprunteurs-hypothéqueurs.

Le combat pour le niveau de vie américain passerait donc, indirectement, par une réduction du plan éthanol et des subventions associées. Le Congrès s'achemine plutôt vers une augmentation des subventions aux "foods stamps" (aide alimentaire aux plus démunis) et une réduction très symbolique des subventions agricoles.

Des politiques durablement inquiétantes

Et le développement durable, dans tout cela, celui qui doit "répondre aux besoins du présent tout ern préservant les besoins des générations futures". Dans le cas de l'éthanol-grain, la durabilité des décisions ne saute pas aux yeux. Législateurs, experts et conseillers de tous poils n'auraient donc pas imaginé que détourner une partie de la production de céréales des principaux pays producteurs vers un usage automobile aurait des conséquences sur les prix alimentaires mondiaux ? Que la réponse soit oui ou non, c'est inquiétant.

On n'en a pas certes pas fini avec l'éthanol. Le Brésil augmentera sa production de canne à sucre-éthanol de 15 à 20% cette année. Il produira 4,2 milliards de litres d'agrocarburant, dont 2,5 milliards seront exportés vers les Etats-Unis (et taxés à leur entrée sur le sol américain). Le Canada devrait adopter un projet de loi portant à 5% d'ici 2010 le pourcentage d'éthanol-maïs dans les carburants. 5% de la vaste surface cultivable canadienne devrait y être consacrée, à terme. Le Ghana, en pleine crise alimentaire critique, envisagerait de consacrer 30 000 hectares de canne à sucre à la production d'éthanol exporté vers la Suède. Comprend qui peut.

Comment l'équilibre alimentaire mondial sera-t-il assuré lorsque des dizaines ou des centaines de millions de ménages chinois, indiens et autres rouleront avec leur voiture individuelle et consommeront des céréales et des animaux nourris aux céréales ? La planète et ses habitants peuvent-ils supporter la diffusion continuelle, exponentielle du modèle de consommation occidental ?

Une perplexité durable peut seule répondre à cette question.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après autorisation de l'auteur.

Sources : New York Times, Wall Street Journal, Business Week, Washington Post, Los Angeles Times.

Photo : DR - Illustration : Stahler ("Il y a des tas de voitures dans le monde qui rêveraient de se nourrir d'éthanol, alors, finis ton maïs").


Cet article a été repris sur Natura Vox


lundi 28 avril 2008

L'High tech indien aux prises avec l'inflation salariale

14,4% : telle est l'augmentation des salaires prévue en Inde pour 2008 par la société de conseil en management HayGroup. Motif : la surchauffe de l'économie locale et la recherche de plus en plus difficile de personnel qualifié, en particulier dans le secteur florissant de la high tech.

Motif de cette inflation des salaires : dans les secteur en forte demande de salariés qualifiés, comme l'industrie des services, un turnover de 20% n'est pas rare. Il faut dire que changer d'entreprise peut se traduire par une augmentation de 40 à 50 pour cent.

De ce fait, l'augmentation moyenne pour les cadres moyens a été de 16 pour cent en 2007, les cadres supérieurs et managers ayant vu leur salaire de base croître de 14%. 2008 sera la 5ème année consécutive de croissance des salaires à 2 chiffres en Inde. A comparer avec les 5 années consécutives d'inflation salariale en Chine en 2007. Seul le Sri Lanka bat l'Inde, et ce, en raison d'une forte inflation.

Le miracle high tech indien se heurte en effet à l'inefficience du système de formation. La Nasscom (Association des sociétés logicielles et de service) estime que seulement 25% des jeunes ingénieurs et 15% des diplômés des universités sont réellement "employables". Une lacune qui ne concerne pas les institutions prestigieuses comme l'IITs (Indian Institute of Technologies) et le NITs (National Institute of technologies).

Voilà qui pourrait mettre en péril, à terme, l'avantage concurrentiel des entreprises indiennes créatrices de logiciels et fournisseurs de services informatiques délocalisables.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après autorisation de l'auteur.

Source : The Economic Times
Photo : Zone High Tech de Bangalore - DR

Cat Cafe : bonheur félin à louer

Vous ne pouvez ou ne voulez avoir un chat chez vous ? Louez-le donc ! Dans 3 cafés de Tokyo, c'est possible !

Au Cat Cafe Calico, pas moins de 17 chats, du Bleu Russe au Persan, s'ébattent et sont disponibles pour être caressés, chouchoutés, ronronner, bref, apporter le meilleur du chat à une clientèle urbaine stressée. Celle-ci évite ainsi les inconvénients du nourrissage de l'animal, les réveils dynamiques à 5 heures du matin, les problèmes liés aux vacances et autres miaulements à la saison des "amours".

Il en coûte 5 euros pour une heure ou 12 euros pour 3 heures. L'accès à la pièce aux chats est conditionné par un soigneux lavage des mains. Trop inclinés à tester le caractère des félins, les enfants de moins de 10 ans ne sont pas acceptés. Ultime précaution : les chats aimant les caresses mais pas être pris dans les bras arborent un foulard distinctif.

Les 17 chats du Cat Cafe Calico sont objectivement des veinards dans une ville où les réglements de copropriété bannissent souvent les félins. Et dans un pays où 240 000 chats et 160 000 chiens abandonnés sont gazés chaque année.


Sources : Japan Times


dimanche 27 avril 2008

Aide au développement : au bonheur des dames

Les femmes représentent plus de la moitié de la population et du potentiel humain mondiaux. En de nombreux pays, elles sont pourtant marginalisées, d'où le gaspillage de leur contribution économique et sociale. Cette défaillance est analysée dans un rapport de l'OCDE : "Genre sexuel et Développement durable" qui explore les rôles sociaux respectifs des hommes et des femmes, leur historique et leurs conséquences sur le développement. Ainsi, en matière de lutte contre la pauvreté, la discrimination envers les femmes se révèle préjudiciable à l'ensemble des pays concernés. D'où une nouvelle orientation : cibler de plus en plus sur elles les aides au développement.


Les femmes forment plus de 70% de la partie pauvre de la population mondiale, du fait de leur accès inégal aux opportunités économiques dans les pays développés et en voix de développement. Dans les pays "en développement", elles remplissent de multiples tâches "bénévoles". Filles et femmes peuvent ainsi passer jusqu'à 5 heures par jour à ramener eau et bois de chauffage, et 4 heures à préparer les repas. Leurs aptitudes dans ces tâches est réduite par leur accès limité à l'éducation, aux soins médicaux et autres services, voire à la nourriture. De ce fait, dans de nombreux pays, leur espérance de vie est inférieure à celle des hommes, ce qui contredit la tendance biologique.

Une inégalité économique et sociale ancrée dans les "traditions"

Les femmes qui travaillent hors de leur foyer ne s'en sortent pas beaucoup mieux. En Asie du Sud-Est, elles représentent 90% de la force de travail dans la riziculture. En Afrique, elles constituent les 2/3 des travailleurs de l'horticulture. En résumé, elles sont affectées aux travaux répétitifs à bas salaire, tels que la confection, la production et le conditionnement de produits alimentaires et de biens pour la maison. Elles bénéficient rarement des droits du travail les plus élémentaires.

Les fameuses "traditions", coutumes et normes sociales convergent avec un bel ensemble vers une inégalité au détriment des femmes en termes de disposition et de contrôle du capital et des ressources, d'héritage, de propriété de liberté et de prise de décision (incluant leur propre santé en matière de procréation).


Les femmes, meilleur investissement social

Et pourtant, souligne le rapport, le retour sur investissement est plus important lorsque celui-ci est affecté aux femmes plutôt qu'aux hommes. Le produit National Brut est nettement plus bas dans les pays où les femmes reçoivent une éducation moindre que les hommes. Des études en Afrique révèlent que l'accès des filles à l'éducation primaire augmente le niveau des récoltes de 20%. Dans le même ordre d'idée, un accès égal au capital pour les femmes augmente la production agricole de 15%.

D'après une étude de la Banque mondiale en 2001, les femmes consacrent une plus large part de leur revenu à la nourriture, les soins et l'éducation. Subventionner les femmes plutôt que les hommes est donc bénéfique à la famille !

Une aide au développement plus "sexuée"

En 2006, la Banque concluait qu'investir dans l'éducation, la santé et l'accès à la qualification et à l'emploi des femmes et des filles aurait un effet multiplicateur sur la productivité, l'efficience et le caractère durable de la croissance économique dans les pays émergents.

De ce fait, l'assistance au développement fournie par l'OCDE adopte de plus en plus une approche "sexuée". Ses "gender projects" ont connu une croissance moyenne de 28% ces dernières années (avec une variation de 1 à 82% suivant les pays concernés). Plus de 40% de l'aide à l'éducation de base et à la santé est orientée vers les femmes;

Les institutions mondiales ont donc réagi à cette inégalité préjudiciable aux femmes et à ses effets négatifs sur le niveau de vie des populations. Ce raisonnement peut malheureusement être inversé : chaque fois que la situation économique ou politique se dégrade, les femmes et les enfants sont les premiers à en payer le prix, en termes d'éducation, de santé et de droits.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après consentement de l'auteur.

Les constructeurs automobiles chinois sur la piste verte

SAIC Motor, Chery Automobile, Geely : ces noms sont ceux des grands constructeur automobiles chinois. Et ils ne se limitent pas à la production de véhicules d'entrée de gamme. Ils visent ni plus ni moins une place déterminante sur le marché de la "voiture verte" : hybride, électrique ou à carburant alternatif. Le tout à partir des découvertes de la Recherche et Développement nationale.

Premier constructeur chinois, SAIC Motor a lancé son programme "Green experience trip", sur le thème "Green SAIC, innovative future". Preuve à l'appui : deux berlines à pile à combustible (hydrogène) et une hybride Shangaï Brand, développée avec Volskwagen Shangaï. Cette dernière propose une propulsion 100% électrique à basse vitesse, conduite assistée par moteur électrique, récupération de l'énergie de freinage, le tout avec une économie en carburant de 25% en usage urbain et une vitesse théorique de 210 km/h. SAIC projette la production de 10 000 véhicules hybrides en 2010.

Son concurrent Gelly a, quant à lui, développé un véhicule électrique qui devrait être lancé en 2009.

L'objectif global est de faire des producteurs chinois les leaders dans la conception et la production de véhicules verts et de batteries lithium-ion. La Chine vise ainsi la domination du marché automobile dans la prochaine décade. En s'appuyant sur la demande exponentielle du marché local, dont la clientèle achète le plus souvent son premier véhicule. Et sur le programme de R&D "National 863", lancé en mars 1986, qui porte sur 20 domaines de recherche high-tech, dont l'automobile.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après consentement de l'auteur.



dimanche 20 avril 2008

Ampoules basse consommation : vraiment "écolos" ?..

Au 1er rang des "Vérités révélées" écolos, les ampoules basse consommation sont cependant sur la sellette. Leur rendement énergétique est moindre qu'annoncé, elles seraient la source d'une pollution électromagnétique, et elles posent un problème de recyclage. Pas complètement lumineux, finalement.



Une économie en énergie moindre que proclamée


Les lampes fluocompactes produisent moins de chaleur que les ampoules à incandescence et consomment beaucoup moins d'énergie, c'est incontestable. Mais dans quelle proportion ?

D'après le tableau disponible sur le site de l'Ademe, ces lampes basse consommation (LBC) consomment 4, 44 à 5 fois moins d'énergie, à valeur d'usage égale. Dans une déclaration au Monde, Hervé Lefebvre de l'ADEME indique une moyenne de 4,6.

S'il est évident, le bénéfice énergétique est cependant inférieur à celui annoncé par les fabricants. Entre en ligne de compte la qualité des éléments électroniques du "ballast", autrement dit, le culot de la lampe BC. Le lecteur averti décèlera dès lors un léger problème de recyclage.

Autre critère : l'éclairement exprimé en lumens : 1200 lumen pour une "classique" de 100 watts, contre 1 040 à 1 060 pour une "fluocompacte" équivalente de 20 watts. A prendre en compte également, la perception du dit éclairage, qui évoque le peu exaltant néon (normal, c'est la même procédé d'excitation électrique d'un gaz confiné). En fait, l'indice de rendu des couleurs d'une "basse consommation" est inférieur à celui d'une "incandescente" (qui comporte un filament porté à incandescence).

Autres bémols : il faut un certain temps, jusqu'à 2 minutes, avant que l'ampoule "fluocompacte" ne donne tout son "éclat". De plus, sa durée de vie, théoriquement 6 à 15 fois plus longue, diminue avec des allumages répétés (minuterie) ou si elle est utilisée avec un variateur.

Une nuisance électromagnétique probable

En septembre 2007, les fluocompactes ont été contestées par une étude du Criirem (Centre de recherche et d'information sur les rayonnements électromagnétiques). Celle-ci révèle la présence d'un champ électromagnétoque de 4 à 180 Volt/mètre pour des puissances "basse consommation" de 11 à 20 watts. A un mètre, on retrouve la neutralité en ce domaine. Des pics de 100 à 300 V/m ont même été observés à l'allumage. Face à ces champs "susceptibles de gravement perturber les biens et les personnes", le Criirem déconseille ces ampoules comme lampes de chevet ou de bureau.

Levée de bouclier, bien sûr, de l'ELC (Fédération européenne des industries de la lampe) et de l'AFE (Association française de l'éclairage). Le Criirem reste de marbre : il estime que les contre-études négligent les rayonnements dans la gamme des 1 à 10 MéhaHertz, les plus nocifs en l'espèce. Il dénonce par ailleurs l'obsolescence des réglementations européennes en la matière. Tout cela embarrasse l'ADEME, qui, sur les pas du Président Sarkozy au Grenelle de l'Environnement, milite pour les fluocompactes, dans la perspective d'une interdiction à la vente des fluorescentes en 2010. L'Agence compte d'ailleurs un représentant, Hervé Lefèbvre, déjà cité, au conseil d'administration de... l'AFE. Bref, l'ADEME joue les casques bleues, réclamant une "norme commune à toutes les parties" : AFE, Syndicat de l'éclairage, Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail).

A noter : Une PME monégasque s'est ruée dans la brèche en annonçant fin janvier 2008 la création d'un filtre anti-radiation divisant par 40 le niveau de radiation des ampoules fluocompactes. Ce qui confirme l'existence des susdites radiations.

Un casse-tête en recyclage

"Electronique embarquée", poudre fluorescente, ça évoque un recyclage délicat. D'autant plus que s'y ajoute un gaz à base de vapeur de mercure, substance toxique progressivement éradiquées de nos bonne vieilles piles. Votre vendeur doit donc reprendre les fluocompactes en fin de vie et les transmettre à Récylum, éco-organisme spécialisé dans le recyclage des produits d'éclairage. Vous payez d'ailleurs 0,25 euros par ampoule pour cela. Le distributeur doit adhérer à la charte "Collecteur de lampes" de Récylum.

Les ampoules fluocompactes nécessitent donc des études approfondies, un circuit de recyclage strict et spécifique et devraient être affectées à un éclairage régulier et permanent. De quoi apporter un léger bémol à leur généralisation.

Thierry Follain

Cet article peut être reproduit après autorisation de l'auteur.

A consulter :

- Les ratés des ampoules basse consommation (Le monde - 5 avril 08)
- La pollution électromagnétique des lampes basse consommation sous observation (Novethic - 1er février 08)
- Ampoules basse consommation trop rayonnantes - GEO
- Lampe fluorescente - Wikipédia
- Eclairage : trouver le bon produit - ADEME


mercredi 16 avril 2008

Reversible : comment réussir en prenant des bâches

"Un matériau durable pour un usage éphémère !". Tel fut le constat de Jean-Marc et Marie-Angèle Imberton sur les bâches publicitaires promises aux décharges ou incinérateurs. D'où une idée : recycler ces bâches en produisant du Beau contemporain, à travers une démarche éthique et citoyenne. "reversible" était né !

reversible (r) présentait un des stands les plus sympathiques et les plus riches du Salon Planète durable 2008. Interview de Jean-Marc Imberton, co-fondateur quadragénaire :

Terre natale : Quels sont les principes qui guident la démarche de reversible ?

Jean-Marc Imberton : Nous avons construit une démarche autour du cycle de vie des bâches publicitaires, faites d'une fibre polyester enrobée de PVC. Elle ont une durée très éphémère, alors qu'elles sont particulièrement résistantes. Nous les collectons donc pour leur donner une seconde vie ou les recycler. Nous nous appuyons sur les caractéristiques des matériaux : colorés, résistants, faciles à travailler, pour leur donner un nouvel usage, centré sur l'univers du sac, de l'objet décoratif, du luminaire et des poufs.

TNat : Votre démarche éthique concerne également la fabrication...

JMI : Absolument. Dans la première phase, nous faisons appel à du personnel en réadaptation de l'hôpital psychiatrique du Vinatier. Nous sous-traitons la confection auprès de maroquiniers de la Région lyonnaise, de vrais porteurs de savoir-faire, extrêmement menacé par la concurrence chinoise. D'ailleurs, de nos trois sous-traitants de départ, il n'en reste plus qu'un.

TNat : Comment gérez-vous le recyclage final des produits collectés ou vendus ?

JMI : Nous utilisons 20 à 25% des bâches que nous collectons auprès des imprimeurs ou des afficheurs. Le surplus est dirigé vers un circuit de recyclage géré par notre partenaire Texyloop. Les fibres polyester sont séparées du PVC. Ce dernier est récupéré sous forme de granules qui seront transformés en fil électrique, semelles de chaussures ou membranes d'étanchéité. Nous impliquons également le consommateur dans la démarche... Il y aurait en effet une contradiction à jeter un sac recyclé un an ou deux plus tard, ce qui le ferait repartir en décharge ou en incinérateur. Nous donnons donc à chaque acheteur une enveloppe en bâche usagée dans laquelle il peut nous renvoyer le sac en fin d'usage.

TNat : Quelle gamme proposez-vous ?

JMI : Nous proposons des sacs, sacs ronds, produits par procédé de découpe, des luminaires, des poufs et sièges. Nos designers sélectionnent des motifs imprimés existants, qui les inspirent. Chaque sac, chaque création est donc unique.

TNat : Quelques chiffres sur reversible ?

JMI : Depuis notre création en janvier 2006, nous avons récupéré environ 25 tonnes de bâches, dont 80% recyclés. Nous sommes 5 salariés, auxquels s'ajoutent les personnes en réinsertion. reversible a réalisé un chiffre d'affaires de 130 000 euros en 2007.

TNat : reversible s'affiche "made in Vaulx-en-Velin"... Pourquoi ?

JMI : En fait, c'est là où est né le projet. Pour lancer reversible, nous avons fait une exposition à la librairie Artazard, à Paris. Les jeunes designers que nous avons rencontré là nous répétaient " Vous venez de Vaulx-en-Velin , Incroyable ! c'est les voitures qui brûlent, c'est la "cité", là-bas !". Nous avons alors décidé de renforcer le paradoxe et de nous afficher résolument "made in Vaulx-en-Velin". La Chambre de Commerce locale était tout aussi étonnée : c'était la première fois qu'une entreprise se réclamait de Vaulx-en-Velin ! Depuis, l'image de la ville s'est notablement améliorée.

Thierry Follain


1% pour la planète : une donation durable

reversible est adhérent d'1% pour la planète. Ce club regroupe 840 qui versent volontairement 1% de leur chiffre d'affaires annuel à des associations qui défendent l'environnement. Dont 40 en France. Un fort engagement malheureusement peu médiatisé. reversible a choisi de soutenir Moutain Riders, qui a pour objectif le développement durable en montagne.



dimanche 13 avril 2008

Planète durable : retour de salon

Visite au Salon Planète durable, samedi 12 avril. Cohabitation paisible entre grands du service public ou para-public, producteurs automobiles, grande distribution et mode éthique, cosmétiques Bio (ou non), piscines naturelles, ONG, associations et autres acteurs du développement durable. Sélection 100% (enfin, 50%) arbitraire.

Le Salon Planète durable TM est à taille humaine (ce qui tombe bien). Physiquement, on peut vite en faire le tour. S'y associent vastes espaces, stands moyens et humbles cabines.

Le Public est là

Les services publics plus ou moins privatisés, privatisables, sont là en force. La SNCF se taille la part du lion, et même de l'éléphant, sous la bannière de l'écomobilité. La Poste propose, entre autres, ses produits financiers "verts". Comme j'ai rédigé les Rapports Développement durables de ces deux entreprises, je me sens en terre connue. Gaz de France propose ses multiples solutions d'économie d'énergie, et son guide des gestes éco-citoyens. Je teste mon empreinte écologique : je n'utilise pas d'ampoules basse énergie (lumière glauque), mais je me déplace en transports en commun, je couvre mes casseroles, etc. Je fais donc gagner 2 400 m2 d'empreinte écologique à la planète ! Je poursuis ma visite, ragaillardi.

Naturelle (et chère), ma piscine

Venue de Suisse, Bioteich propose, preuve à l'appui, des bassins de baignade naturels. La régénération de l'eau est assurée par plantes et bactéries. Comme dans un un lac non pollué, quoi. Avec système de canalisations et de pompes associé, tout de même. Vêtue et maquillée pour une scène de débauche mesurée dans un péplum, l'hôtesse me chantonne son argumentaire comme si j'étais un débile léger. Heureusement, une biologiste est là pour rentrer dans le vif du sujet. Procédé séduisant, mais ticket d'entrée à 50 000 euros !

Lavande de Haute-Provence : un air d'authenticité durable


Le stand de L'Occitane accueille l'AOC "Lavande de Haute-Provence". Ici, on rencontre directement des producteurs, ce qui donne une autre tonalité aux échanges. Pour maintenir la culture de la lavande, face aux importations à vil prix, les agriculteurs se sont regroupés en une AOC (Appellation d'origine contrôlée), qui assure la qualité de l'huile essentielle et valorise le produit. Stand populaire : on peut humer les essences, toucher les fleurs de lavande en sac. Cette AOC regroupe producteurs Bio et non Bio.

Monsieur Poulet bat des ailes

Déjà chroniqué sur ce blog, Monsieur Poulet ne déçoit pas sur le salon ! Alors qu'un DJ mixe en direct, se déroule un concours de création de motifs pour t-shirts, opposant deux créatifs munis de palette graphiques. Ca bouge, c'est participatif, c'est décalé, c'est du Poulet ! Premier Prix pour l'ambiance. A côté, le modeste dance floor énergétique manque un peu d'âme.

alternativechannel.tv : le YouTube alternatif


Présent en France et au Canada, Alternative Channel.tv offre un espace de publication vidéo aux "organismes à but non lucratif , citoyens et citoyennes engagé(e)s pour un monde plus respectueux de son environnement, de ses peuples et de leurs cultures." Le site compte sur une publicité éthique pour assurer son financement. Alternative Channel organise un Forum Réseaux sociaux et médias responsables, le 30 avril, à Barcelone. Avec la militante et Prix Nobel de la Paix Rigoberta Menchu

Et aussi...

Egalement présents : 123envoiture.com, site du co-voiturage, Weleda, vénérable champion de la cosmétique Bio et durable (certifiée BIDH), ATR (Agir pour un tourisme responsable).

J'accorde une attention particulière au stand du PEFC, association internationale regroupant les exploitants, associée à la certification "Forêt gérée durablement et certifiée". Cet organisme a choisi le service minimum : une hôtesse qui n'est en mesure de répondre à aucune question. Dommage. J'aurais bien aimé m'entretenir de l'exploitation "durable" de la haute futaie en Forêt de Fontainebleau. A propos de bois, sur le stand habitat durable, on trouve le Bullerjan, Rolls des poêles à bois, ou plus exactement, à air chaud. Cylindrique, design, performant et canadien. Prix d'entrée, seul : environ 2 000 euros. Eligible à un crédit d'impôt -50%.

Mon séjour se termine sur le stand de Reversible, sympathique PME qui a choisi de transformer les bâches publicitaires en sacs, poufs, revêtements de fauteuils, etc.

Je sors de ce salon sans le mal de crâne habituel en de tels lieux. Un bon point pour lui !

Thierry Follain