jeudi 4 octobre 2007

WBCSD : gérer l'eau au-delà des limites de l'entreprise

Ressource vitale très inégalement répartie, l'eau est un enjeu majeur du développement soutenable et des objectifs du Millénaire. Le WBCSD (World Business Coucil for Sustainable Development) s'est prononcé cet été pour une gestion de l'eau par les entreprises prenant en compte les besoins des communautés humaines environnantes. Il propose également le "Global Water Tool", outil d'estimation des besoins et des risques associés à l'eau. Cet article a été repris sur le site Newzy.fr

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l'Eau, le WBCSD a organisé la Session "Le business et l'eau : agir au delà des limites de l'entreprise", en août dernier à Stockholm. Elle a réuni les dirigeants de grands groupes (Unilever, Siemens, Nestlé, ITT...), et un institut spécialisé (Stockholm International Water Institute).

Le séminaire "Lier investisseurs, acteurs du secteur des affaires et parties prenantes du secteur de l'eau" a mis en exergue un principe : "pour gérer l'eau globalement, il faut disposer de bilans locaux sur la ressource en eau". Et surtout une volonté, celle d'engager une approche collaborative de l'utilisation de l'eau avec les communautés environnant les sites de l'entreprise, les diverses parties prenantes, pour aboutir à une utilisation sécurisée et durable de cette ressource vitale.


Le WBCSD identifie trois niveaux d'engagement dans la gestion de l'eau

Au centre, "inside the fenceline" : exploitation et production. "Beyond the fenceline" (au-delà des limites de l'entreprise) : un second niveau : chaînes d'approvisionnement et communautés locales, et un cercle plus large, "beyond the horizon" : le marché global de la consommation dans les pays développés et en développement plus. Ces trois zones sont impactées par deux variables : les besoins techniques de l'entreprise et ses aires de risque.


Motivation additive : les risques liés à la ressource aquatique sont de plus en plus pris en considération dans les "ratings" financiers. Risque exemplaire : Coca-Cola a dû faire face à une interdiction de vente dans l'état du Kerala, en Inde, après que les analyses d'une ONG aient révélé la présence de pesticides dans ses boissons.

Global Water Tool : un outil gratuit pour la gestion des ressources en eau

Dans un esprit pragmatique, le
WBCSD a lancé lors de la même session le Global Water Tool, outil de cartographie des utilisations de l'eau par l'entreprise et les risques associés à la disposition de cette ressource. Il est mis gratuitement à la disposition des sociétés.

C'est une forte illustration de démarche volontaire intervenant en complément des interventions politiques et réglementaires, sous la pression conjuguée de la société civile et des opérateurs financiers.

"Business running ahead on water"


En bref :

Le WBCSD réunit les dirigeants de 200 entreprises implantées dans 35 pays, appartenant à 20 secteurs industriels majeurs. Son objectif : "catalyser le changement" en faveur du développement durable, au niveau des grands décideurs économiques.


wbcsd.com : un site de référence

Le site du WBCSD est une mine de données sur les démarches de Développement durable mises en oeuvre par d'importants acteurs du secteur industriel. A retenir en particulier, les 24 pages d'"Etudes de cas" (DuPont, Novartis, BP, Cargill, etc). Et les newsletters thématiques.


Cet article a été repris sur Newzy.fr


Photo : "Borona girl fetching water" - Sautimoja.org

Diagramme : Copyright CH2MHILL




mercredi 26 septembre 2007

Grenelle de l'environnement, en bref

Comment lutter contre le réchauffement climatique ? Comment préserver la biodiversité ? Comment prévenir les conséquences de la pollution sur la santé ? Telles sont les questions auxquelles doit répondre le Grenelle de l'Environnement. En 3 mois et demi.


Elaboration des propositions d'action, consultation des publics, élaboration et présentation d'un plan d'action et des programmes, soit 15 à 20 mesures vertes, telle est la démarche du Grenelle de l'Environnement.

La phase 1, celle des 6 groupes de travail vient de s'achever. Chacun d'entre eux a tenu quatre séénces pleinières. Thèmes abordés : Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l'énergie, préserver la biodiversité et les ressources naturelles, Instaurer un environnement respectueux de la santé, Adopter des modes de production et de construction durables,Construire une démocratie écologique, Promouvoir des modes de développemetn écologiques favorables à la compétitivité et à l'emploi. Deux ateliers intergroupes : OGM, Déchets.

D'ores et déjà, l'integroupe OGM a retenu l'attention, avec l'éventualité d'un moratoire sur les des cultures transgéniques.D'où la menace de la FNSEA de se retirer des débats.

Résultat des courses, enfin, des débats, demain, jeudi 27 septembre, sur le site Grenelle Environnement .

S'ouvrira début octobre, pour 15 jours, la phase de débat public, qui recourra largement à la consultation sur le web.

15 jours plus tard, cette grande consultation qui aura réuni les acteurs économiques, sociétaux et le grand public débouchera sur 15 à 20 mesures "vertes" qui seront appliquées dans les cinq ans.

Si la volonté de s'attaquer concrètement aux problématiques de développement soutenable est louable, la rapidité de la démarche pose tout de même question. Ceci dit, le simple fait de réunir scientifiques, producteurs, syndicats, ONG, etc autour de la même table, dans un perspective constructive, constitue en soi un sérieux progrès !

jeudi 20 septembre 2007

Nitrates bretons : Barnier court contre la montre

La Commision Européenne devait traduire la France devant la Cour européenne de justice en juin dernier. Motif : l'excès de nitrates dans les eaux "potables" bretonnes. Mais Michel Barnier, Ministre de l'agriculture a obtenu un nouveau sursis... 32 ans après la promulgation de la Directive européenne sur la qualité des eaux superficielles !

"A Michel Barnier, les porcs bretons, leurs éleveurs et le Trésor Public français reconnaissants". Cette stèle imaginaire pourrait récompenser l'activité résolue du Ministre de l'Agriculture à Bruxelles, cet été. Il a en effet réussi à empêcher la saisine de la Cour de Justice européenne pour non-respect des prescriptions d'une Directive de 1975 (sic) dans la concentration en nitrates dans certains points de captage bretons.

Cette rarissime magnanimité de la Commission est due à l'entrée en application d'un plan d'action français en mars dernier, visant à ce qu'aucun captage n'excède 50 mg/l de nitrates fin 2009. 9 points demeurent actuellement hors normes en Côtes d'Armor, Finistère et Ille-et-Vilaine. Dès le 1er janvier 2008, les apports d'azote devraient être réduits de 30% dans leurs bassins versants. Quatre d'entre eux devraient être fermés dans les 2 ans à venir.

La Commission assure qu'elle contrôlera l'application de ces mesures.

Comme l'a déclaré notre ministre, au bout de 32 ans, la France a encore besoin "d'un peu de temps" pour produire une eau réellement potable dans l'Ouest de la Bretagne...

Sur "Terre natale" :

Nitrates Bretons : la Commission passe à l'abordage !

Remous avec la Commission

mercredi 19 septembre 2007

Plans climat : collectivités locales contre effet de serre

Les collectivités territoriales sont responsables d'environ 12% des émissions de gaz à effet de serre en France. Aussi, le "Plan climat national" décidé en 2004 prévoit la réalisation de plans climat territoriaux impliquant l'ensemble des collectivités, des régions aux communes. Un premier bilan, portant sur l'action de 21 collectivités pionnières, vient d'être publié par la Mission interministérielle de l'Effet de Serre.

La lutte contre l'effet de serre, contre l'émission des gaz qui le provoquent, concerne tout un chacun, dont nos régions, départements, communautés de communes préférés. D'ores et déjà, les contrats de projet Etats-région doivent viser à une "neutralité carbone". Pour le reste, chaque collectivité doit élaborer son propre plan-climat à l'échelle de son territoire. Celui-ci vise à endiguer les effets immédiats et à venir du réchauffement climatique et à mettre en place des stratégies d'adaptation face aux effets de l'évolution climatique.

Mais quelles sont ces sources de gaz à effet de serre à contrôler ? Les transports "contribuent" à hauteur de 29%, contre 25% pour le bâtiment, 3% pour les déchets... En tous ces domaines, les collectivités peuvent et doivent agir.

Les plans portent (ou plutôt porteront) sur la maîtrise des consommations de la collectivité, la production et la distribution locale de l'énergie, l'urbanisme et l'aménagement, les transports, la production des déchets, la gestion des forêts et espaces verts, voire la biodiversité.

La Mission interministérielle de l'Effet de Serre a édité : "Plans climat territoriaux : des territoires en action", bilan de l'action de 21 collectivités locales pionnières en la matière.

Beaucoup reste donc à faire pour les collectivités et leurs sous-traitants publics ou privés... Le Grand Lyon et Nantes ont choisi d'intégrer leur plan climat dans leur Agenda 21.

A lire, télécharger : Ministère de l'Ecologie/Lettre de l'ingénierie :
"Les plans territoriaux au cœur du défi climatique"

Photo : Sam Javanpouh

dimanche 16 septembre 2007

Mauvais buzz pour les abeilles (bis)

En Amérique et en Europe, les colonies d'abeilles fondent à vue d'oeil. Virus, pesticides et acariens parasites concourent à ce désastre qui menace la polinisation des plantes et arbres fruitiers. Cette disparition massive pourrait être l'indice d'une dégradation biologique globale.

Moins 30 à 50 % : à la sortie de l'hiver, les colonies d'abeilles américaines ont confirmé leur irrémédiable déclin, ce "colony collapse disaster" (désastreux effondrement des colonies) popularisé par scientifiques et médias. La France semble avoir provisoirement stabilisé les dégâts, avec des pertes de 8 à 10%.

C'est un fait : depuis des années, les abeilles sont décimées. Des causes multiples sont pointées par les chercheurs : pesticides (Gaucho, Régent, par exemple), acarien parasite (Varroa Destructor). Nouvel accusé : un virus, l'Israeli Acute Paralysis Virus, récemment introduit aux Etats-Unis.

Sur Futura Science.com, Bernard Vaissière, chercheur à l'INRA spécialisé dans la polinisation, souligne les risques encourus par l'agriculture, suite à cette disparition. Les 3/4 des cultures sont en effet fécondées par les insectes polinisateurs, pour lesquels les abeilles constituent un marqueur biologique majeur. 35% de la production agricole mondiale pourrait être impactés.

Ce n'est donc pas une simple question de fleurs et de petites abeilles. Loin de là.

Sur "Terre natale" :

"Mauvais buzz pour les abeilles"

Sur le web :

Le Monde : est-ce un virus qui décime les abeilles ?

Bernard Vaissière : "Les abeilles peuvent disparaître"

New York Times : "A virus among honeybees"


mardi 11 septembre 2007

"The Body Shop" perd Anita Roddick

Fondatrice de "The Body Shop", Anita Roddick a posé les bases du commerce éthique avec une bonne vingtaine d'années d'avance. Militante acharnée, manager de choc, elle demeure une figure inimitable du développement durable pragmatique et engagé, à l'anglo-saxonne.

Née en 1942, Anita Roddick ouvre son premier "Body Shop" à Brighton, en 1976. Elle a deux enfants, a déjà géré un hôtel avec son mari, Gordon, parti faire du solo en trekking en Amérique du sud. La couleur verte emblématique de l'enseigne est la seule à pouvoir recouvrir les moisissures sur les murs du local. Sa petite boutique de produits de beauté naturel ressemble à une entreprise baba de plus, vouée à une méritante extinction. Mais Anita Roddick est autant businesswoman que militante. Elle se nourrit de ses nombreux voyages à travers le monde, en particulier chez les peuples premiers. Elle a observé, étudié les rituels de beauté corporelle des femmes et s'en est inspirée.

Phrase-clé : "Businesess have the power to do good."

"The Body Shop" se développe sur une vague "verte" naissante, par un principe de franchisage. L'intérêt de l'expérience repose sur son absence de concessions aux tendances dominantes : recours aux produits naturels, refus de l'expérimentation animale, utilisation des surfaces commerciales pour diffuser des messages militants, que ce soit pour soutenir la lutte des Ogoni au Nigéria contre compagnies pétrolières et pouvoir central, ou l'offensive de Greenpeace contre Exxon-Mobil.

En 1989, "The Body Shop" se lance dans la relation commerciale directe avec des communautés indigènes en Amazonie, en Inde, au nicaragua... 35 de ces coopérations de "Community Trade" sont actuellement opérationnelles (moins que je ne le pensais, à vrai dire).

Aujourd'hui, "The Body Shop" est tombé dans l'escarcelle de l'Oréal (grincements de dents chez les protecteurs des lapins et autres animaux de laboratoire). Le groupe représente plus de 2000 magasins dans 77 pays. De nombreux concurrents sont bien sûr montés depuis au créneau du produit de bauté "éthique", mais sans l'aura "activiste", il est vrai moins présente aujourd'hui.

Décédée ce lundi, Anita Roddick avait abandonné toute responsabilité dans "The Body Shop". Elle participait encore à la recherche créative. Anoblie, devenue "Dame Roddick", elle n'en multipliait pas moins les activités militantes, comme le prouve son site.

Anita Roddick a brillamment prouvé la pertinence d'une démarche éthique dans un contexte de marché où le citoyen (ou du moins la citoyenne) fait ses choix en fonction de facteurs diversifiés, parmi lesquels les droits de l'Homme, le respect de l'environnement et l'estime de soi, à rebours de tendances dominantes.

Tribute to Anita Roddick… sur le site de "The Body Shop.


vendredi 31 août 2007

Monsieur Poulet : la mode éthique gonfle ses plumes

Avec "Monsieur Poulet", la mode éthique s'aventure dans le domaine du branché-décalé, tendance "Bal de l'Elysée-Montmartre" ou "Gala des ringards".

Monsieur Poulet, c'est une marque de t-shirts éthiques, adoptant la posture et l'univers rédactionnel de milieux jeunes, parisiens, branchés, tendance cool et contestataire. Référence possible, mais pas certaine, au film "Cocorico, Monsieur Poulet", pionnier du film de ficiton ethnographique, réalisé par Jean Rouch, Damouné Zika et Lam Ibrahim Dia en 1974.


Très décalé, l'univers de "Monsieur Poulet n'est pas accessible au commun des mortels, à la différence de ses t-shirts, créés sous la houlette de Caroline Lorfeuvre. Les visuels mettent en scène des modèles issus de la clientèle-cible, dans un contexte quotidien.

Le site de "Monsieur Poulet" fonctionne sur une démarche interactive avec les clients.

Il propose à ceux-ci d'envoyer leurs propres projets graphiques, les soumettant au vote des internautes inscrits, le processus pouvant aller jusqu'à l'impression sur une série de t-shirts ou hauts. Un blog traite de l'actualité culturelle en phase avec la tribu "Poulet".



Question éthique, les vêtements du volatile branché sont produits à partir de coton issu du commerce équitable avec des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, transformé au Maroc, sous labellisation Max Havelaar.

"Monsieur Poulet" illustre l'incorporation d'un démarche de commerce éthique, de développement durable à un mode de vie et de consommation ciblé. Message : on peut contribuer à sauver la planète sans en faire une discipline ou une contrainte.

Thierry Follain


jeudi 30 août 2007

Ethical Fahion Show : la mode éthique s'expose

Evénement annuel de la mode éthique, l'Ethical Fashion Show rassemble chaque année des créateurs de mode de tous pays, à Paris. L'édition 2007 se tiendra du 11 au 14 octobre.

La mode éthique, respectueuse de l'environnement et de l'être humain, la mode éthique étend chaque année son influence. Les créateurs et producteurs de mode sélectionnés par l'Ethical Fashion Show doivent prendre en compte les normes de l'OIT (Organisation internationale du travail), favoriser le recyclage, travailler des matières naturelles, utiliser des ingrédients et des méthodes respectueux de l'environnement, avoir la volonté de parvenir à un juste rapport créativité/qualité/prix. Une démarche qui associe créativité et développement durable, apportant à celui-ci une nécessaire séduction.


Du 11 au 14 octobre, des créateurs de France, Mali, Cambodge, USA, Norvège, Australie, Norvège, voire Azerbaïjan, se retouveront au Tapis rouge, 67, rue du Faubourg Saint-Martin. Trois défilés sont prévus. Au terme du salon, le Prix EFS 2007 sera décerné au label le plus "éthique". Lauréat 2006 : la marque française Numanu, Label of Love.

Le site de l'Ethical Fashion Show…


Photo : Laure Maud, pour "Green is beautiful"

vendredi 24 août 2007

OMS : coopération mondiale contre pandémie


"Les maladies infectieuses se répandent géographiquement à une vitesse plus grande qu'en toute autre période historique" : tel est le constat effectué par le Docteur Magaret Chan, Directeur Général de l'Organisation Mondiale de la Santé, lors de la présentation du rapport annuel de l'organisation. Seule la coopération internationale permettra d'éviter un désastre majeur.

Dans notre monde toujours plus inconnecté, de nouvelles maladies apparaissent à un rythme sans précédent. Elles ont la capacité de franchir les frontières et de se propager rapidement.

Depuis 40 ans, on a identifié au moins 39 agents pathogènes nouveaux, parmi lesquels le HIV, les virus des fièvres hémorragiques Ebola et Marburg, et le SRAS.

Par ailleurs, des menaces séculaires comme la grippe pandémique, le paludisme ou la tuberculose constituent une menace contemporaine, suite aux mutations, aux résistances croissantes aux antibiotiques et à l'insuffisance des systèmes de santé.


L'OMS estime qu'il existe une forte possibilité d'émergence d'un fléau majeur comme le sida, le SRAS ou la fièvre Ebola, avec la perspective de millions de décès. Ses experts pensent que la prochaine pandémie sera probablement d'origine aviaire et pourrait affecter près d'un millird et demi d'humains.


Combattre les menaces nouvelles ou émergentes impliquerait entre autres une coopération renforcée au niveau mondial pour la surveillance, l'alerte et l'action en cas d'épidémie, la volonté mondiale de renforcer les capacités des infrastructures médico-sanitaires de tous pays, ainsi que l'accroissement des ressources affectées à la formation, à la surveillance, aux laboratoires, aux réseaux d'intervention et aux campagnes de prévention.

Cette volonté de coopération de l'OMS se manifeste actuellement en Ouganda, contre une épidémie de fièvre de Marburg, à travers un partenariat qui associe le Center for Disease Control and Prevention (USA), Médecins Sans Frontières, l'Uganda Virus Research Institute, l'African Field Epidemiology Network et des ONG locales.

Source : Reuters

Photos : OMS - AP


jeudi 23 août 2007

Abidjan toujours victime du Probo Koala

Un an après le scandale des déchets pétroliers toxiques déposés en pleine zone urbaine, les habitants d'Abidjan se heurtent toujours aux manoeuvres de l'Etat et à la mauvaise foi de Trafigura, affréteur du "Probo Koala", cargo qui a transporté, voire généré les déchets.


Officiellement, les 581 tonnes de "slops", mélange de résidus pétroliers et de soude caustique ont causé la mort de 16 personnes et en ont intoxiqué des dizaines de milliers. Cela n'a pas empêché l'Etat ivoirien d'abandonner toute poursuite contre la société suisse Trafigura, en échange d'une indemnité de 100 milliards de francs CFA, soit 152 millions d'euros.


Sur cette somme, qui devait être aussi affectée à la dépollution, 30 millions seulement iront aux victimes. On peut se demander à quoi servira le reste, puisque la société française Trédi, qui avait engagé les travaux de dépollution en septembre 2006, a dû interrompre ses interventions, fautes d'autorisations administratives.

D'après "Le Patriote", un journal d'Abidjan, certaines familles de victimes qui avaient eu le tort de faire des révélations à la presse ont été l'objet de pressions, tant du corps médical du CHU de Treichville que des autorités.

Il resterait 2 500 à 3 000 tonnes de substances contaminées à traiter, le ruissellement des eaux de pluie ayant aggravé la situation. La société Biogénie, les cabinets Environ et Burgeap ont été consultés cette semaine par le Gouvernement ivoirien.

En attendant, les avocats de Transfigura contestent le lien de causalité entre le déversement des déchets et les préjudices subis par la population des 14 communes touchées. Ils attribuent ceux-ci à une pollution déjà présente, et contestent, assez illogiquement, le fait que les millions versés puissent être interprétés comme une reconnaissance de responsabilité. Responsabilité qu'ils rejettent sur la société ivoirienne Tommy, qui a effectué les déversements.

De fait, l'implication de responsables locaux est patente dans le désastre. Parmi eux, Marcel Gossio, directeur du Port autonome d'Abidjan, proche du pouvoir, et les directeurs des douanes et du district d'Abidjan. Tous trois suspendus, ils ont été réintégrés par décret du Président Gbagbo en décembre 2006.

Pour les victimes, dont certaines meurent encore, et pour leurs familles, l'espoir réside désormais dans les poursuites engagées devant les tribunaux britanniques et hollandais.

La tendance actuelle à extrader, à défaut des coupables, les procédures, semble être une lueur d'espoir pour les populations africaines, trop souvent livrées aux appétits conjugués de leurs élites et d'entreprises internationales à faible taux de scrupules.

Sources : AFP - L'Usine Nouvelle - Le Patriote.


D'un clic : sur son site, Trafigura s'exempte de toute responsabilité…


mardi 21 août 2007

Congrès US : billets verts pour politique verte

Alors que les législations sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre peinent à être votées, les membres du Congrès américain envisagent le vote de 2 milliards de dollars de crédits pour appuyer des initiatives concrètes en ce domaine.

2 milliards de dollars, c'est le budget projeté par les représentants américains pour financer les initiatives fédérales de recherche sur la réduction des gaz à effet de serre et la dépendance envers les ressources pétrolières. Les barrières entre Républicains et Démocrates tombent à cette occasion, les élus voyant là une occasion d'associer initiatives écologiques et projets électoralement porteurs.

Chargée de financer des programmes d'aide internationaux l'"US Export-Import Bank"devrait augmenter d'un milliard ses investissements dans des projets "verts". Le programme d'efficience énergétique et d'énergies renouvelables verrait ses fonds passer d'1,2 à 1,9 milliards de dollars. 44 millions iraient à l'énergie géothermique. Les états disposeriant de 6 millions pour aider les projets à portée environnementale.

L'attribution de certains crédits d'intérêt local est soumise à critique, comme le financement, à hauteur de 150 000 dollars, d'une maison à énergie solaire pour la Chambre de Commerce de Troy (Michigan), conçue par les étudiants de la Lawrence Technological University. Ce n'est pas en France qu'une telle jonction entre utile et agréable interviendrait...

Quoi qu'il en soit, Représentants et Sénateurs devront accorder leurs violons sur ces sujets. un affrontement est à prévoir avec la Maison Blanche, lors de la rentrée parlementaire, celle-ci déplorant, comme il se doit, le niveau élevé des dépenses programmées. En attendant, le vote de lois sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source se fait attendre...


Source : LA Times.

jeudi 2 août 2007

Nanosolar : la révolution solaire

Créée en 2002, la compagnie californienne Nanosolar révolutionne le marché de l'énergie photovoltaïque en mettant en oeuvre une procédé novateur d'impression en couche mince, permettant d'épouser toute forme architecturale. Cette innovation nanotechnologique retient toute l'attention des investisseurs et du Département de l'énergie américain, qui a alloué 20 millions de dollars à la compagnie.

"Poser un panneau solaire sur chaque immeuble", telle est la devise (déposée) de Nanosolar. Créée en 2002 par Martin Roscheisen et Brian Sager, financée par les fondateurs de Google, la société californienne sert un objectif : proposer une énergie propre, abordable et abondante.

Pour ce faire, elle vise une baisse de 9/10ème des prix de vente par le recours conjugué à la technologie Cuivre, Indium, Gallium Sélénium (CIGS) et à l'impression de la surface photovoltaïque en couche mince sur film plastique, sur rotatives. Nanosolar abandonne ainsi la technologie à base de sicilium, victime d'une forte pénurie de matière première, et crée un support photovoltaïque souple, apte à épouser toute forme architecturale.

Actuellement, la compagnie californienne projette de recouvrir les toits de grands immeubles de bureaux ou centres commerciaux. Après 4 ans de recherches et de mise au point du procédé de frabrication, elle entame la fabrication dans son usine de San Jose.

Comme beaucoup d'autres sociétés engagées dans les énergies renouvelables, Nanosolar est suivie avec intérêt par les investisseurs privés, qui lui ont permis de lever 100 millions de dollars de fonds. Elle a par ailleurs été retenue par le Secrétariat à l'énergie américain, qui lui a alloué, en juin dernier, 20 des 168 millions de dollars investis par le Gouvernement dans le solaire d'ici 2009. Lesquels doivent être complétés par des fonds privés, pour atteindre un total de 357 millions.

Nanosolar vise également le marché européen. Associée à l'allemand Conergy, elle a ouvert une unité de production près de Berlin. Des concurrents comme le japonais Honda sont également présents sur le créneau du CIGS.

Le monde de l'énergie solaire semble bien entamer une nouvelle révolution...